Analyse de la situation économique au Maroc en 2011 par Najib Akesbi

                                  Entretien : «Nous restons sur un profil                                      de croissance très inquiétant»

Le Maroc réalise un taux de croissance en deçà de celui des pays émergents, en deçà de la moyenne mondiale et en deçà de ce qui peut être considéré comme une ambition légitime du pays.
D’autres indicateurs mettent clairement en relief la situation difficile de notre économie, notamment le déficit commercial, le taux de chômage et le déficit budgétaire.
Pour qu’un programme économique réussisse, il doit d’abord être concerté.
La première mutation à réussir est d’arriver à autonomiser progressivement l’économie marocaine des aléas du secteur agricole.
Najib Akesbi, économiste, professeur à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, pense que si la volonté politique existe, les solutions pratiques existent aussi. -Finances News Hebdo : Le Royaume a accueilli récemment un grand responsable du FMI qui estime que le Maroc a bien tiré son épingle du jeu suite à la crise mondiale que nous venons de traverser. Il a également souligné que la croissance se fait à deux vitesses : plus lente pour les pays développés et très rapide pour les pays émergents. Pour ces derniers, on identifie deux catégories également ; celle des pays en surchauffe et celle des pays qui reviennent vers une moyenne normale. Où peut-on situer aujourd’hui le Maroc ?
-Najib Akesbi : Je viens de recevoir la note de conjoncture de la DEPF, du ministère des Finances. Cette note fait le point sur l’année 2010. Qu’est ce qu’on y trouve ? Justement, une réponse à votre question. On y constate que le Maroc affiche sur les trois dernières années un taux de croissance plutôt décroissant… En 2008, on a enregistré un taux de 5,6%, puis 4,9% en 2009 et en 2010 ce taux était encore tombé à 4%. Pour situer le Maroc, on peut apprécier le taux de croissance enregistré en 2010 au regard des grandes tendances mondiales. Toujours selon cette note, la moyenne mondiale est de 5%, tandis que la moyenne des pays émergents et en développement est de 7,3%. Ces chiffres sont une réponse claire à ceux qui prétendent que le Maroc a «tiré son épingle du jeu». Le Maroc réalise un taux de croissance qui n’est pas seulement en deçà de celui des pays émergents, mais qui est même en deçà de la moyenne mondiale.
Le deuxième élément à retenir est qu’un chiffre en soi ne signifie rien. Il faut le mettre dans son contexte. Je viens de situer le Maroc par rapport au reste du monde. On peut aussi apprécier sa performance par rapport à ce qui peut être considéré comme une ambition légitime du pays. Vous savez que l’année dernière on avait réalisé, dans le cadre de la Fondation Abderrahim Bouabid, un rapport sur la stratégie de développement économique du Maroc. On avait considéré que si l’on veut que le Maroc, en l’espace d’une génération, arrive au niveau de revenu par tête de pays émergents comme la Malaisie ou la Turquie, il lui faut au moins réaliser pendant 15 à 20 ans, 7 à 8 points de croissance en moyenne annuelle. Si cet objectif est raisonnable, force est de constater que, avec 4 points de croissance en 2010, on est à peine à la moitié de ce qu’on devrait faire pour l’atteindre. On est très loin du compte et à ce rythme là il nous faudrait plus de 40 ans pour atteindre le niveau de vie actuel d’un pays comme la Turquie !

-F. N. H. : Le taux de croissance, à lui seul, traduit-il la réalité de la situation économique au Maroc ?
-N. A. : J’ai pris le premier indicateur généralement utilisé, mais il y en a d’autres. Si je prends le commerce extérieur, puisqu’on parle d’un pays intégré à la mondialisation, qui a signé des accords de libre-échange avec plus d’une cinquantaine de pays, le résultat est tout simplement catastrophique. Chaque année, nous battons des records de déficit commercial. Nous sommes à près de 150 milliards de DH de déficit, avec un taux de couverture des importations par les exportations de moins de 50%.
Si l’on regarde du côté des finances publiques, le gouvernement est chaque jour en train d’écrire la chronique d’une crise annoncée. Ainsi, depuis plusieurs années, le gouvernement s’acharne sur les recettes pour les diminuer et non les augmenter ! Il fait tout ce qu’il faut pour les réduire, notamment en multipliant les baisses d’impôts et les privilèges fiscaux au profit des riches (baisse des taux de l’IS et de l’IR…). De l’autre côté, on continue à dépenser sans compter… surtout avec une structure des dépenses de plus en plus rigide, incompressible. La crise est en fait déjà là quand on apprend que le gouvernement en est déjà à chercher à vendre ce
qui reste du patrimoine public pour seulement boucler ses fins de mois !
Tous ces indicateurs montrent, qu’il s’agisse de la croissance ou des équilibres internes et externes, que nous restons sur un profil de croissance très inquiétant.

-F. N. H. : Et ce malgré des campagnes agricoles plutôt bonnes ces dernières années…
-N. A. : En effet ! Ce gouvernement ne peut même pas user du prétexte habituel de la sécheresse, à l’instar des gouvernements qui l’ont précédé. Pour modestes qu’ils soient, ces taux de croissance sont obtenus avec des campagnes agricoles qui ont été plutôt bonnes au cours des trois ou quatre dernières années. Qu’en serait-il si, ne serait-ce qu’en raison des changements climatiques, les prochaines années accouchent de campagnes agricoles moins favorables ?

-F. N. H. : Pour revenir au rapport de la Fondation Abderrahim Bouabid, deux boulets au développement économique ont été identifiés, à savoir l’économie politique et l’ignorance économique. Peut-on imputer la situation actuelle à ces deux facteurs, ou bien y a-t-il d’autres éléments qui entrent en jeu ?
-N. A. : Il y a beaucoup d’entraves qu’on pouvait citer, mais les auteurs avaient choisi délibérément de mettre en évidence ces deux problèmes qui sont, au fond, des problèmes de gouvernance. Il s’agissait de montrer en somme que le système politique, donc de gouvernance globale, est devenu un vrai obstacle au développement économique du Maroc.
Et aujourd’hui, le temps a prouvé la pertinence de ce choix vu le débat actuel en cours, notamment sur la réforme de la Constitution. Pour ma part, j’ai toujours dit que la première réforme économique n’est pas économique mais politique. Quand on est dans un système où un gouvernement ne peut pas être le concepteur et maître d’œuvre du programme (économique, social…) dont il est censé être l’auteur, on ne remplit pas les conditions minimales pour se donner des chances de réussir ce qui est engagé.
Même si l’on ne voit la question que du point de vue de l’efficacité, si vous voulez qu’un programme économique réussisse, il faut d’abord qu’il soit concerté, et c’est la moindre chose pour que ceux qui auront à l’exécuter se sentent concernés et motivés pour le mener à bien. Or, quand on concocte un programme avec un bureau d’études international, dans l’opacité la plus totale, pour n’en annoncer l’existence que le jour où le «contrat-programme» le concernant est signé devant le Roi et les caméras, on peut difficilement espérer mobiliser les énergies nécessaires pour lui permettre d’atteindre ses objectifs. D’une manière ou d’une autre, on le voue à l’échec. Et malheureusement, c’est ce qui est en train de se produire…
Depuis que nous avons abandonné le plan de développement unique et global dans ce pays, et qu’on lui a substitué les «plans sectoriels», on est dans une situation où il est très difficile de savoir si ces plans sont cohérents entre eux ou même s’il y a une adéquation entre les objectifs et les moyens de chaque plan. C’est un fait que personne ne voulait reconnaître jusqu’au jour où le Roi lui-même l’a reconnu dans son discours de juillet dernier.

-F. N. H. : Vous avez évoqué plusieurs indicateurs, qu’en est-il de l’emploi ?
-N. A. : C’est une question importante; et là encore c’est un récent travail d’une institution officielle, en l’occurrence le HCP, qui peut utilement nous éclairer. Le HCP nous explique que le régime de croissance et les choix des secteurs sur lesquels repose l’économie marocaine ne créent pas suffisamment d’emplois pour faire face aux vagues annuelles massives des nouveaux demandeurs d’emploi. Au-delà des différents scénarios pouvant porter sur tel ou tel paramètre (démographique notamment), il s’avère que l’économie devrait créer, en gros, deux fois plus d’emplois qu’elle n’en crée actuellement, et ce pour simplement stabiliser le niveau actuel du chômage. Par ailleurs, au-delà de la quantité d’emplois créés, il y a la qualité de ces emplois qu’il faut regarder de près. Si l’on observe les emplois créés par les secteurs dits moteurs de l’économie marocaine, à savoir l’agriculture, le BTP et le fourre-tout des services, on s’aperçoit qu’il s’agit surtout d’emplois précaires et de faible qualification. Pendant ce temps, l’industrie détruit de l’emploi au lieu d’en créer…
Par ailleurs, les faits et les chiffres avancés par le HCP décrédibilisent, à mon avis, les statistiques que ce même organisme affiche en matière de taux de chômage. Car si chaque année l’économie crée à peine 100.000 emplois (moyenne des quatre dernières années) là où elle aurait dû en créer au moins le double, il faudrait alors m’expliquer où sont partis les 100.000 autres qui n’ont pu trouver où s’employer. Même si on ne retient que la moitié de ce chiffre (considérant que l’autre moitié s’est «débrouillée» dans l’économie informelle ou l’émigration…), il reste évident que le taux de chômage ne peut qu’augmenter et non diminuer comme on veut nous le faire croire.
Il reste que, au-delà de toute querelle de chiffres, la réalité marquante est que le «modèle de croissance» marocain s’avère incapable de trouver des solutions fiables et durables à la problématique de l’emploi. Or, qui dit emploi dit revenus, pouvoir d’achat, stabilité sociale…

-F. N. H. : Il est vrai que nous sommes actuellement en plein débat sur la réforme de la Constitution, mais en attendant l’aboutissement de cette nouvelle mutation du système actuel au Maroc, comment peut-on renouer avec la croissance ? Quels sont les étalons sur lesquels l’économie marocaine pourrait miser ?
-N. A. : Concrètement, la première mutation à réussir est d’arriver à autonomiser progressivement l’économie marocaine des aléas du secteur agricole. Tant qu’on restera dans un schéma où ce sont la pluie et le beau temps qui font le taux de croissance, on n’est pas sorti de l’auberge ! Certes, une réelle autonomie ne signifie pas pour autant que l’agriculture sera abandonnée; bien au contraire, elle devra accroître l’offre de production avec une population active plus faible, grâce à un accroissement sensible de la productivité. Mais il faut surtout que les autres secteurs, l’industrie en particulier, se développent réellement.
Il faut également développer les services de pointe, créateurs de valeur ajoutée et d’emplois. Je pense que certains secteurs choisis dans le cadre du «Plan National de l’Emergence Industrielle», notamment les nouvelles technologies pour lesquelles on peut réaliser des gains de productivité et de compétitivité, gagnent à être développées également.
Pour avoir un modèle de croissance qui soit à la fois un modèle générant de l’emploi stable et des revenus, il faut miser sur la valeur ajoutée locale. Pour être concret, je dirais que quand Renault s’installe au Maroc, c’est bien, mais il faut regarder de près ce que Renault propose de faire effectivement au Maroc. Si le groupe importe tout de l’extérieur et n’utilise du Maroc que sa position géographique et une main-d’œuvre faiblement qualifiée, la valeur ajoutée dans le pays est alors réduite à sa plus simple expression, et dans ce cas de figure (malheureusement déjà très fréquent) on n’aura pas beaucoup avancé…

-F. N. H. : Face à cette accentuation du déficit budgétaire, quel serait l’impact sur les investissements publics et, par extension, sur les chantiers inachevés ?
-N. A. : Soyons clairs : il va bien falloir un jour repenser ce qui a été fait ces dernières années, et faire quasiment l’inverse de ce que les gouvernements précédents ont fait. A commencer par une réelle et profonde réforme fiscale, qui reste incontournable.
Jusqu’à ce jour, on s’est appliqué à multiplier non les réformes, mais ce que j’appelle les contre-réformes fiscales, c’est-à-dire le contraire de ce qui devait être fait pour avoir un système fiscal plus efficace et plus équitable. Quand on baisse les taux supérieurs de l’impôt sur le revenu, ce dont ne profitent que les riches, au moment où l’on accentue l’imposition indirecte qui, elle, frappe aveuglément les consommateurs les plus modestes, et quand on baisse les taux de l’IS et distribue généreusement des faveurs fiscales aux grandes sociétés alors que les petits entrepreneurs et les professionnels modestes endurent l’arbitraire du système forfaitaire, voilà quelques exemples qui illustrent ce que j’appelle la contre-réforme fiscale ! Un système née d’une telle politique n’est ni efficace (puisqu’il rapporte de moins en moins de ressources), ni équitable (puisqu’il pèse de tout son poids sur les contribuables les plus modestes et épargne ceux dont les capacités contributives sont importantes).

-F. N. H. : Qu’en est-il des dépenses publiques ?
-N. A. : Deux problèmes au moins doivent être traités d’urgence. Le premier porte sur la Caisse de compensation. Ce système devient absurde et ruineux à la fois. On est dans une vraie impasse puisque, d’une part, étant dépendant de l’extérieur pour nos approvisionnements, on subit fatalement les hausses des cours mondiaux sans être en mesure d’y remédier d’une quelconque manière. D’autre part, tant qu’il restera dans ce pays trop de pauvres incapables de payer les produits en question (pain, sucre, gaz butane…) à leur prix mondial, l’Etat devra continuer à intervenir d’une manière ou d’une autre pour les soutenir. Certes, il y avait une alternative à travers une réforme qui cible la population bénéficiaire et lui octroie une aide directe au revenu en compensation de la suppression du système actuel. Les modalités d’une telle réforme pouvaient être affinées, notamment pour faire en sorte que la classe moyenne ne fasse pas les frais d’une telle évolution, mais cette fois on avait pensé que la réforme était vraiment à portée de main… Malheureusement, ce gouvernement a lui aussi fini par reculer, et après bien des tergiversations, il a déclaré «forfait» ! Et maintenant on est sûr que c’est parti pour plusieurs années encore, au moins après les prochaines élections et l’installation du prochain gouvernement… Le problème est que, aujourd’hui, le coût de la non-réforme est devenu réellement exorbitant.
Le deuxième point renvoie au train de vie de l’Etat. On en parle en long et en large depuis tellement longtemps, mais rien n’a été fait pour réduire ce train de vie. On se gargarise de discours sans jamais réussir à avancer concrètement et efficacement. Pour illustrer mon propos, je donne l’exemple des véhicules de fonction dans les administrations publiques. On se souvient que, au début des années 2000, on nous avait expliqué qu’on allait supprimer les véhicules de fonction pour réduire les dépenses inhérentes à l’achat des véhicules et de leur maintenance et entretien. En contrepartie, on avait accordé des primes de transport (plutôt conséquentes pour les hauts cadres et dignitaires du régime) pour indemniser les personnes concernées dans leurs déplacements. Le fait est que les gens ont touché leurs «primes» et pour certains ont continué à «se débrouiller» pour se déplacer aux frais de l’Etat, y compris en disposant de voitures de fonction officielles ou déguisées… L’Etat a ainsi perdu sur les deux tableaux : il paye les primes et continue à supporter des frais de transport ! Et les dépenses de l’Etat n’en sont que plus lourdes. A un autre niveau, on pourrait en dire autant de l’opération de triste mémoire appelée «Départ volontaire à la retraite» : une opération financièrement très coûteuse pour les finances publiques qui n’a fait qu’aggraver les problèmes de ressources humaines dans les administrations publiques qu’elle prétendait régler. C’est ce genre de «réformes» qu’on peut qualifier de très contreproductives.
Je pense que si la volonté politique existe, les solutions pratiques existent aussi. Il faut prendre le taureau par les cornes et identifier (et Dieu sait que ce n’est pas bien difficile…) les foyers de gaspillage et de détournement de toutes sortes de deniers publics, et fermer les vannes car l’Etat ne peut plus mener le train de vie actuel !

Dossier réalisé par S.Es-Siari & I. Bouhrara

27.05.2011 | Najib Akesbi |  Finances News Hebdo

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17 réponses à Analyse de la situation économique au Maroc en 2011 par Najib Akesbi

  1. chaimaa slm dit :

    Bonjour,
    Merci beaucoup Monsieur Najib Akesbi pour cette analyse de la situation actuelle ( qui nous laisse sans paroles), j’ai assisté à pas mal de vos conférences et c’est toujours un palisir.

    Doctorante en Sciences Economique( Université M5 agdal rabat)

  2. A. Jabri dit :

    Si Akesbi, merci de cette excellente analyse. Il faut surtout la publier a grande echelle pour que le grand public marocain soit bel et bien informe de la situation actuelle.
    Je retiens surtout « la première réforme économique n’est pas économique mais politique ».

  3. Larabi Frej dit :

    Cher Mr Akesbi,
    Je ne connais pas malheureusement Mr le Ministre de Finances pour le juger…mais faisant analyse A vos propos je vous certifie sans aucune contestation dans un poste d Ministeriel car tout simplement vous avez une connaissance approfondie de l’economie du Maroc , vous avez une force d’allocution riche en donnees et en profondeur, vous avez une perception d’analyse fondee et argumentee, et surtout vous lire est un plaisir dont l’importance augmente de plus en plus en esperant que la fin est en vain…
    Cher Mr Akesbi je vous ai connu uniquement par Nom entre 1993-1997 quand j’avais l’I.A.V comme client lors de mon passage a Rabat au sein d’une des plus grande Agence de voyages dans le temps( en l’occurence Afric-voyages qui s’est eteint vers la fin de 1999 si mes souvenirs sont bons )et voila apres 14 annees je vous retrouve par pur hazard en lisant votre debat ou recit remarquablement bien ficellE…Je vous souhaite tres bon courage dans votre prochaine parution et j’espere avoir le previlege de vous relire .

  4. hakim dit :

    Monsieur akesbi,
    un déficit budgétaire n’est pas toujours négatif en soi, s’il sert à financer des investissements dans des infrastructures de qualité, ou pour financer la recherche et la formation il peut être porteur dans l’avenir, sans oublier le multiplicateur budgétaire s’il est bien utilisé…Les IDE peuvent être attirés par la qualité des infrastructures, la qualification de la main d’oeuvre, le marché du pays d’accueil. Mais si les dépenses publiques servent des actions improductives,et non à financer ces éléments attractifs, là c’est certain que l’avenir ne sera pas prometteur…
    je suis d’accord avec vous pour en finir avec la gabegie induite par les comportements de certains hauts fonctionnaires, pour réduire les dépenses fiscales (niches dont profitent les nantis, les baisses d’impôts accordés à ceux qui ont les capacités contributives les plus élevées…). Le rôle de la politique économique ou la politique tout court n’est plus à démontrer. Les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde (je veux dire tous les citoyens) et les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques…

  5. Anonyme dit :

    Tout simplement magnifique comme analyse. Pourquoi les gens competents sont marginalises, alors que des imbeciles sont places aux postes les plus sensibles?

  6. Omar HEDDOUCHI dit :

    M6 lui même,et selon une tradition bien Alaouite, s’entoure d’incompétents. l’incurie du gouvernent ainsi que l’establishment voulu par notre monarchie s’inscrit dans un projet globale qui tend a marginalisé les esprits contestataires et bienveillants.Poser les vrais questions,dans notre beau paye, remet en cause la légitimité d’un régime que se dit dans le vrai,de droit divin…au fait,que sommes nous devant la volonté divine..et encore,il est gentil notre souverain.Il nous consulte pour l’élaboration de la constitution qui va grer notre quotidien,car l’ancienne n’était pas assez bonne;Merci Sir…

  7. med dit :

    Je voudrai seulement apporter quelques précisions. Les meilleurs stratégistes n’ont jamais été de très bons stratège. On peut écrire théoriquement ce qu’on veut, mais le passage à la pratique est très laborieux. Dans ce cadre, Clausewitz annonçait dans ses théories sur la planification, la notion de brouillard. Je laisse le soin à mes amis de faire des recherches pour nous expliciter ce que c’est. Plus proche de nous, L’ex ministre des finance, Oualalou, était un bon orateur universitaire. Lorsqu’il est passé sur le terrain, vous voyez ce que je veux dire!!
    Ce que je propose par contre, c’est que les théoriciens et les praticiens travaillent main dans la main pour trouver la formule adéquate. Si la validité d’une une théorie n’est pas vérifié, elle est inutile. Si une expérience est fait sans être pensée, c’est un tâtonnement et une aventure, avec ses risques et périls.
    A suivre!

  8. Mohamed Salim BENNANI dit :

    M.AKESBI propose des réformes simples et concrétes, et ne prétend en aucun cas faire des miracles. M.Med, brouillard il y’en a tellement dans notre gouvernement, dans notre systéme socio-économique et au sein de nos Administrations Publiques.
    Cet édifiant, comment vous prétendez que ce que dit M.AKESBI n’est que théorie alors que vous vous basez, vous même, dans votre raisonnement sur une THEORIE: Clausewitz ne s’est pas vu imposé à plus de 40% sur son revenu mensuel en tant que salarié et n’a pas subi la TVA de plein fouet en tant que consommateur alors que des riches rentiers se sucrent avec des exonérations de tous genres.
    Brouillard y’en a dans nos pensées et notre virilité « à SiMohamed »!
    Un Homme honnete, d’un tel génie doit être encouragé par nos voix dans les urnes. Il doit appliqur ce qu’il a conçu de bon, s’il y arrive pas on le déstitue et on le sanctionne. C’est comme ça qu’on change les choses. Il n’y’a pas 36mille maniéres!

  9. med dit :

    A si bennani, et ton nom en dit long, et je m’en fou à si korrit, On n’est pas là pour s’échanger des insultes par un jeu de mots. Alors soyons civilisés a ssi…. Nous sommes sur un toile, qui permet à tous de décliner ses impressions, et pas dans ton bureau.
    Causewitz n’est pas seulement un théoricien, c’est aussi un praticien. C’est un stratège et un stratégiste. Les US ne jurent que par lui et dans tous les domaines. Révise tes leçons (wiki). Le brouillard, qu’il évoque, et c’est vérifié sur le terrain, n’est pas le brouillard dont tu parles. Il faudrait prendre un peu de hauteur, mon vieux.
    Par ailleurs et pour revenir à notre sujet, je reconnais à Mr Aksbi ses idées avancées pour changer la situation. Je dis seulement que ça reste des idées. Tant qu’elles ne sont pas passées dans le test de la pratique, pour vérifier leur validité, ça reste des idées; et tout le monde peut proposer des idées, même le plus débile d’entre nous. Mais elles ne peuvent faire avancer le monde que si elles sont vérifiées, sinon à la poubelle. Ma proposition repose donc sur ce raisonnement. Puisque Mr Aksbi est un théoricien reconnu, qu’il nous montre la validité de ces hypothèses. Qu’il prenne en charge le portefeuille de l’économie nationale et on verra. Ce n’est pas une insulte en soit. S’il réussi, nous le lui reconnaîtrons, et s’il échoue nous l’oublierons.
    In fine, il faudrait reconnaitre qu’une unanimité n’est pas possible. Il y aura toujours quelqu’un qui dira non, qui hésitera face à des idées avancées. Qu’on le veuille ou non. C’est la relativité générale. L’absolu est une limite qu’on atteindra jamais, humains imparfait que nous sommes, mais on se contentera du réalisable. On devrait donc apprendre à accepter les idées des autres, les décortiquer, les critiquer, quelle qu’elles soient. Essayer d’en tirer si ce n’est qu’une petite conclusion. C’est par ces petits sentiers que commence l’autoroute de la démocratie, mon vieux. Mr Aksbi ou un autre n’a pas le monopole de la vérité, personne d’ailleurs. Alors apprenons à être démocratique d’abord. Et tous mes respects à Mr Aksbi.
    A+

  10. X dit :

    SiMohamed désolé si mon nom vous énerve un peu mais ce n’est qu’un héritage et je ne suis pas un employé de bureau pour information. En tous cas il vaut mieux faire passer un message avec un jeu de mot subtil qu’avec des mots vulgaires comme les tiens.
    En tant que citoyen je veux ajouter que nous n’avons pas le temps à perdre dans le choix entre théoriciens ou praticiens. Notre pays compte plus de 40 millions de citoyens dont plus de 70% sont illetrés. Entre populistes, affairistes et j’en passe, vous n’en trouverez pas plus d’une vingtaine d’intellectuels avec un diagnostic profond, structuré et chiffré. Le débat de praticiens et théoriciens doit être placé dans un contexte d’un pays développé là ou nous avons largement le choix de profils . Aujourd’hui on a besoin de stratéges pour revoir l’un des piliers de l’Economie : la Fiscalité.
    Bref Causewitz n’a pas tort ni vous non plus, mais plutot moi d’avoir adressé la parole à un maléduqué!

  11. TAHA dit :

    Mr Akesbi est incontestablement un homme très compétent dans son domaine. le témoignage de ses pairs le confirme. C’est aussi un homme très pessimiste. Depuis le temps que je lis certains de ses diagnostics et de ses prévisions , cette attitude ne s’est nullement démentie hélas. Il semble être aussi être un REFUZNIK intraitable (c’est son droit que je respecte).
    Ses analyses nous éclairent bcp sur notre PNB (Pessimisme National Brut), elles renforcent aussi notre ANB (Angoisse Nationale Brute) pour mieux confirmer notre DNB (Désepoir National Brut) J’espère que cet ensemble d’indicateurs n’aboutira pas à un ESA (Ecroulement Structurel Apocalyptique) générateur de VGP (Violence Généralisée Provoquée) qui connait une évolution positive hautement appréciée dans certains milieux Islamistes. Ceci dit, il me semble s’éloigner le rêve que j’ai toujours caressé qui est de vivre dans un pays au BNB (Bonheur National Brut) en croissance. C’est peut-être pour mes petits enfants.

  12. Ping : les excuses du spectateur | eplume

  13. saad dit :

    Nous avons toujours vécu dans un environnement qui s’apparente à une bombe à retardement et notre perception de la corruption, la pauvreté ambiante et la misère, s’est dangereusement banalisé …. un peu comme des habitants résidant dans un quartier dangereux et qui apprennent à vivre avec, faute de mieux, mais qui ne ressentent plus à quel point ils s’enfoncent.
    Au lieu d’attaquer les problèmes de front, nous avons souvent opter pour la solution, facile, de la mise en quarantaine pour relooker l’aspect général, et ce à tous les niveaux: infrastrutures, finances, analphabétisme, système de santé, etc …. Donc, mon point de vue, c’est que la situation du Maroc bien qu’assez préoccupante est quand même à relativiser: si l’on se compare aux pays d’Afrique, nous sommes loin d’être le maillon faible, par contre, on a au moins deux générations à rattraper si l’on se compare à l’Europe …. à condition de commencer tout de suite …

  14. moussaoui dit :

    Bravo Mr AKESBI
    Pour cette belle clarté et pertinence qui caractérise vos conférences et discours. Une analyse sans complaisance qui rompe avec le ronronnement creux et peux crédible de nous politiques et même d’une grande partie de notre élite universitaire qui a perdu sa capacité de penser librement. Vous rendez service au pays et tous ces gens qui croient en la valeur de la franchise et de la sincérité et de la grandeur qui ne se contente pas des petitesses habituelles qui s’accommodent du peu.
    Merci et puis pourquoi ne pas faire traduire vous conférences de manière systématique et les mettre à la disposition du plus grand nombre…. qui ne peuvent pas accéder pour des raisons connues .
    Bravo encore une fois.

  15. Larabi Frej dit :

    …Es ce que le chat et la souris sont partout ? je comprends bien quand je suis de passage sur « hespress » et je vois le niveau et linguistique et structural atteignant un niveau critique …SANS rentrer dans les details , celui qui est interessE peut eventuellement « surfer » et lire…ce qui m’a poussE A reprendre ma plume, c’est que je suis restE siderE quand j’ai lu deux commentaires de 2 personnes physiques que je presume d’un niveau intellectuel decant et remarquE leurs echange d’insultes diplomatique !!! c’est quoi le but ? restant dans le calibre souhaitE ,…Merci.
    Une petite remarque A signaler je ne partage pas le fait qu’on ait 70% d’analphabete …c’est exagerE un peu, sinon je qualifierai de niveau derisoire et je pourrai eventuellement projeter le chiffre 70% qui probablement s’elevera A plus si la reforme de l’education qui se voit en chute parabolique flagrante…ne prends pas les mesures necessaire afin de remonter la barre au niveau appropriE…je ne me considere pas comme un intelectuel , loin de la , pas du tout de phylosophe mais en mon temps il y avait le « BLED » que nous devions connaitre par coeur …merci encore de me lire…
    Je ne pensais guere debattre ce sujet et je suis desolE de l’avoir mis sur le plateau sauf qu’ il est imperativement crucial de le soulever quelque part sinon Moliere reprendrait surface un jour et debattrait par lui mEmE ce sujet crucial…

  16. bouda dit :

    Plein ciel reponds aux exigences des entreprises réservations d’hôtels dans tout le Royaume, ainsi que partout dans le monde voyages de loisirs individuelles & groupes

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