Maroc: Réforme de la constitution et croissance économique

31.05.2011 | Ghada  L |   eplume.wordpress.com

 

A l’aube de la réforme de la Constitution marocaine annoncée par la Roi Mohammed VI, certaines questions nécessitent d’être posées.

Est-ce que la réforme de la Constitution peut constituer un tremplin au développement économique de la nation ? Quel lien existe-t-il entre réformes politiques et croissance économique ? Quels sont les principaux problèmes qui ralentissent le progrès économique au Maroc ? Comment arriver à surpasser ces problèmes de façon à se hisser au devant de la scène économique mondiale ?

Pour arriver à mieux appréhender la situation économique future du pays, il faut commencer par analyser celle du passé afin de comprendre les problèmes de l’actuelle. Dans le cas du Maroc, au niveau économique notamment, le passé et le présent se conjugue au même temps.

Plusieurs problèmes représentent des freins à la croissance économique du Maroc. Il faut savoir que ces nœuds sont toujours aussi fermement noués qu’il y a 50 ans. Cette situation risque d’être projetée vers le futur si le modèle économique actuel n’est pas profondément repensé. Et pour cause, quand on voit tous les nœuds qui freinent la croissance économique de notre pays, on sent que la partie n’est pas gagnée :

  • L’économie dans la composante distribution : tout de qui concerne la redistribution des richesses du pays.
  • Le savoir : la connaissance, l’éducation, la recherche et développement…
  • La santé des citoyens
  • La gouvernance : respect des procédures et pratiques des lois et règlementations
  • L’inclusion des catégories des gens exclus de la société : femmes, les jeunes, les handicapés, les personnes issues du monde rural, les personnes âgées

Si ces nœuds ne sont pas défaits, le Maroc ne peut avancer. Aujourd’hui, l’économie de notre pays fait du sur place et risque de disparaitre du décor.

Que faire concrètement pour se mettre enfin sur de bons rails ?

Au-delà des textes, les lois et règlementations doivent être appliquées et applicables pour tous. L’équitabilité et la consistance des lois étant l’essence même de la crédibilité des institutions gouvernementales.

Le changement de la Constitution, à lui seul, ne peut constituer un quelconque progrès positif et durable s’il n’est pas accompagné d’un contre pouvoir réel et d’une volonté délibérée des acteurs principaux et responsables des institutions. L’essentiel étant de se donner la capacité de contrôler ses institutions.

Actuellement, l’Observatoire National pour le Développement Humain (ONDH) et l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) sont des instances dont la mission (entre autres) est d’évaluer l’impact des politiques sur les citoyens. Mais ces organismes ne sont aptes qu’à mesurer les effets et conséquences de ces politiques mais n’ont aucunement le pouvoir de les changer et de les améliorer.

De nouveaux organismes et institutions d’évaluation et de contrôle dotées d’un vrai pouvoir d’influence doivent être mis en place pour assurer l’avancement du plan de croissance.

Les règles du jeu doivent être claires et appliquées de manière systématique et équitable.

Tout ceci ne doit pas exclure la responsabilité de l’acteur principal : le citoyen. En effet, si ce dernier ne change pas de comportement et ne se responsabilise pas à l’importance du respect des lois par tous, ni les nouvelles instances de contrôle ni aucune réforme ne peut arriver à donner ses fruits. L’idéal serait qu’une prise de conscience générale s’établisse vis-à-vis du changement des lois mais surtout de l’importance du respect de ces lois par tout un chacun.

A tout cela doit s’ajouter un plan équitable de redistribution des richesses. Une notion très importante doit également être notée, c’est « la protection de la propriété intellectuelle ». En d’autres termes, c’est l’ensemble des droits exclusifs accordés sur les créations intellectuelles (brevet d’invention, copyright, droit d’auteur…) A l’exemple des USA (1ere puissance économique mondiale), cette mention constitue un chapitre de la constitution américaine.

La gouvernance doit se donner comme objectif de faire de l’application des lois un objectif national et d’éduquer le citoyen au respect des réglementations. Après tout c’est bien le Mekhzen qui a conditionné le marocain à se contenter de rien. Maintenant il n’a plus qu’à trouver le moyen de conjurer le mauvais sort.


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