Réponse de Ali Bouabid à l’article d’ A.R Benchsemsi du 28.06.2011

29.06.2011 |  Ali Bouabid |  eplume.wordpress.com

Ceci est la réponse de Ali Bouabid à l’article intitulé "La monarchie marocaine cherche à imposer une Constitution absolutiste" écrit par Ahmed Reda Benchemsi et paru dans le journal Le Monde.

j’ai peine à comprendre pourquoi M Benchemsi se sent obligé d’asséner des contre-vérités dans cet article pour étayer son argumentaire, qui laisse penser que le projet de constitution soumis à référendum est en recul par rapport à la constitution actuelle !

Les ratés du processus constituant, ou de ce qui en a tenu lieu, combinés à quelques incohérences dans le projet de constitution ( entre par exemple l’article 47 et l’article 88 suffisent à justifier une critique fondée et sans a priori. Pour lui l’élection du premier ministre en chef du gouvernement ne serait que "sémantique", tous les pouvoirs demeurant entre les mains du roi ! alors que l’article 88 stipule que le gouvernement n’est investi que par le parlement et non plus par le Roi, et surtout l’article 91 qui n’a rien de symbolique, puisque qu’il permet au gouvernement de nommer directement et sans passer par le conseil des ministres, les secrétaires généraux des ministères, les directeurs des administrations civiles ainsi que ceux de la majorité des établissement publics ! Ce n’est certes pas tout, mais c’est tout de même un progrès ! Je rappelle qu’en France tous ces hauts fonctionnaires sont nommés en conseil des ministres.
Autres nouveautés constitutionnelles nous dit il je cite : "le chef du gouvernement peut nommer les gouverneurs de provinces". Inexact, malheureusement dira t on, puisque c’est le Roi qui les nomme en conseil des ministres art 49 (comme d’ailleurs en France pour les préfets) sur proposition du gouvernement. Et pourtant l’auteur cite ces articles dans son papier mais fait quasiment l’impasse sur plus d’une innovation notamment en matière de droits de libertés et de garanties, ou encore d’extension des pouvoirs du parlement et du domaine de la loi…qui curieusement ne servent la thèse résumée dans le titre ! Dommage que cette tribune qui pointe à juste titre des incohérences ou la permanence de traits absolutistes, se desserve par des approximations pour au final nous faire croire que la constitution programme la régression démocratique du Maroc ! M Benchemsi a fait mieux.

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33 réponses à Réponse de Ali Bouabid à l’article d’ A.R Benchsemsi du 28.06.2011

  1. Ynim dit :

    " Inexact, malheureusement dira t on, puisque c’est le Roi qui les nomme en conseil des ministres art 49 (COMME D’AILLEURS EN FRANCE pour les préfets) sur proposition du gouvernement."
    Sarkozy te dit merci :)

  2. Youssef dit :

    Je ne voudrais pas par là cautionner tout ce que dit ARB, car je le trouve aussi des fois assez "facile" dans ses conclusions. Mais en l’espèce, c’est vous M. Bouabid qui me surprenez avec votre analyse, et plus généralement avec votre position sur cette proposition de constitution.
    Il est clair que l’on trouve dans ce projet des avancées significatives par rapport à ce que nous avons depuis 1996, mais la tendance est quand même largement en faveur du statu quo dans la mesure où Roi bénéficie par exemple d’un droit de veto préemptif sur les décisions du chef du gouvernement, alors que celui-ci ne contre-signe que symboliquement celles du Roi (comprendre : ne peut pas bloquer). Quid également de ce qui l’essence à mes yeux de la cohésion gouvernementale dans la mesure où le chef du gouvernement ne dispose même pas pleinement du sort de ses coéquipiers? Je m’arrête à ces 2 grandes tendances qui sont à mes yeux suffisantes pour dire que le pouvoir exécutif bicéphale que l’on nous propose est loin d’être équilibré.
    De plus, je trouve vos renvois vers la constitution française malvenus pour les 2 raisons suivantes (qui sont étroitement liées par ailleurs) :
    – le Président de la République française est élu au suffrage universel, il bénéficie de ce fait d’une légitimité forte par le fait du vote ainsi que pour le caractère temporel fort de cette légitimité, par opposition à un régime monarchique où la légitimité populaire du monarque peut fluctuer tout au long de son règne (dans la mesure où ça dure généralement plusieurs décennies). De ce fait, le Président de la République française ne peut rester "au pire" que 10 ans consécutives au pouvoir, ce qui est en soi un garde fou assez significatif en terme d’équilibre des forces politiques en jeu.
    – La monarchie marocaine, malgré sa popularité auprès des Marocains, souffre d’un manque de crédibilité à cause des déceptions et des frustrations qu’elle a suscitées depuis des décennies. Cet état de fait devrait logiquement pousser à plus de méfiance (surtout de la part du camp progressiste dont vous faites partie) quant aux pouvoirs dont bénéficie le monarque, en comparaison à ceux du chef de l’Etat en France pour reprendre votre exemple.

    J’ai toujours été l’un de vos fervents admirateurs, mais je ne vous cache pas ma déception par rapport à votre position sur le projet de constitution. Même à travers le prisme "real politics" comme quoi cette constitution n’est pas parfaite mais qu’elle présente des avancées, il m’est difficile d’accepter une telle proposition tant le niveau de ces avancées n’a pas atteint à mes yeux le seuil minimum pour garantir une transition démocratique crédible (et loin de moi même l’idée d’une monarchie parlementaire). J’osais espérer plus d’ambition de votre part quant au niveau des avancées exigées, surtout qu’un tel texte engagera le pays pour une génération au minimum.

    Par ailleurs, laissant de côté le texte du projet constitutionnel et le débat de fond, avons nous vu le moindre signe encourageant d’un régime qui veut se réformer depuis le 9 mars? Ni la si décriée "mafia d’Etat" a été démantelée, ni les médias publics ont été libérés, des manifestants pacifiques ont été tabassés et enfin, une campagne de propagande avec des méthodes dignes de pires années Basri. Je suis sincèrement attristé de voir votre voix se diluer dans le flux de cette pensée unique, même si j’ai la conviction que ça n’est pas pour les mêmes raisons ni avec les mêmes raisonnements (pour me consoler).

    • AROUSSI AHMED dit :

      bravo monsieur!je vous respecte

    • ali bouabid dit :

      Mais cher ami vous ne connaissez pas ma position sur la constitution pour la juger ! il ne s’agit ici que d’une réaction rapide au papier de ARB. Je suis d’accord avec le bicéphalisme qui du reste existe dans la constitution de 1996. J’avais pointé à ce propos du temps de youssoufi, "le découplage entre l’autorité et la responsabilité . L’asymétrie dans le périmètre des attributions des deux branches de l’exécutif est inversement proportionnelle à l’asymétrie dans le domaine de la responsabilité politique." Ce découplage demeure puisque le roi garde des prérogatives en matière exécutives, mais le curseur a été déplacé en faveur du président du gouvernement. Une illustration de cette évolution, outre la question des nominations évoquée, c’est la production de projet de lois ordinaires qui représentent 80% de l’activité gouvernementale et qui, dans le projet de constitution est du ressort exclusif du gouvernement sans passage en conseil des ministres ! Pour ce qui est de la méfiance, j’ai été le premier à souligner en 2007 le climat de défiance., Vous pouvez y revenir. Ma méfiance à l’endroit des effets d’annonce et des institutions est demeurée intacte à ce jour. Sauf que je ne suis pas de ceux qui cherchent à l’entretenir par des effets de manche ou des postures vaines mais plutôt plaide pour une approche politiquement plus subtile mais non moins déterminée. Je me trompe peut être mais j’observe que la posture radicale n’a jamais dans l’histoire du maroc électrisée les foules ni même les élites.
      Vous avez raison de dire que depuis le 9 mars aucun signe n’a été donné.C’est vrai et je l’ai dit dans la presse en dénoncant publiquement le processus constituant ou ce qui en tient lieu. Sans évoquer la répression du mouvement du 20FEV. Mais cela ne suffit à justifier le refus de la constitution mais dit quelque chose de la méfiance envers les institutions à laquelle le référendum ne mettra pas fin quelqu’en soient les résultats. Pour finir, je crois que cette constitution n’a pas tranché la configuration des rapports de pouvoir. Rien n’est encore définitivement joué. Les 19 textes organiques le feront. Et ils doivent être l’occasion d’une mobilisation au delà des institutions, car ils sont partie intégrante du processus constituant.

      • Youssef dit :

        Je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre de manière détaillée à mon commentaire.
        Tout d’abord, je connais votre position dans la mesure où vous avez déclaré votre soutien au "oui" sur votre compte Facebook, argumentation détaillée à l’appui.
        A mon sens, au lieu de se féliciter du fait que les lois ordinaires seront dorénavant du ressort unique du conseil du gouvernement (ce qui est de facto déjà le cas aujourd’hui dans la mesure où c’est le gouvernement qui s’occupe des affaires courantes ou plutôt des "tâches ingrates"), j’aurais préféré que ça soit les 20%, les vrais projets stratégiques du pays, à forte valeur ajoutée et structurants pour le projet de société pour lequel ce gouvernement aurait été porté au pouvoir qui lui échoient exclusivement. Par ailleurs, avons-nous attendu 15 ans pour nous contenter de ces avancées sommes toutes cosmétiques qui ne changent en rien les rapports de forces déséquilibrés qui grippent l’avancement du pays depuis des décennies?
        Je suis moi-même contre les postures à priori, mais aller jusqu’à cautionner un tel projet de peur d’adopter une posture qui pourrait être jugée comme vaine me parait encore plus extrême (de l’autre côté).
        Quant à ce que vous appelez "positions radicales", encore faut-il savoir de quoi on parle. Pour prendre le dernier exemple emblématique en date, il est maintenant communément admis que l’on a raté une fenêtre historique quand M. Youssoufi a pêché par naïveté/bonne foi en choisissant de ménager le nouveau règne plutôt que de pousser dans le sens d’une réelle démocratisation du pays. Par ailleurs, je vous rappelle que toute cette dynamique politique que connait le pays est le fait de gens déterminés qui sont descendus dans la rue un certain 20 février et qui ont mis le pouvoir dos au mur en le forçant à se remettre en question. Partant, si être radical c’est avoir des positions fermes et ne pas céder en dessous d’un seuil minimal de revendications, et être pragmatique c’est se forcer au compris (qui a souvent tourné à la compromission avec ce régime), et bien je pense qu’il est de son devoir, surtout quand on se revendique de la famille progressiste, d’être radical!
        Concernant les lois organiques, je vous trouve encore une fois étrangement optimiste, dans la mesure où l’on est droit de penser que ces lois vont être votées dans les conditions qui ont prévalues depuis toujours que l’on connait très bien, d’autant plus que la brèche ouverte en février se serait refermée et que le "business as usual" aurait repris ses droits. Le rapport de force est tel qu’il aurait fallu exiger le maximum de concessions démocratiques pendant cette fenêtre de 3 mois, à la manière d’une négociation salariale où l’on demande X pour avoir X/2.
        Comme vous l’avez si bien dit, la mobilisation doit continuer au delà des institutions, mais en cautionnant le projet proposé on réduit sa marge de manœuvre contestataire dans la mesure où l’on se retrouve dans une position de grand écart inconfortable, voire intenable. C’est comme face un jeu que l’on sait d’avance biaisé : difficile de crier à la triche dès lors qu’on a accepté de jouer dès le début (oui j’adore les analogies :)).
        J’excuse enfin pour mon ton passionné et donneur de leçons par moment, avec mes amitiés.

  3. Curieuse manière de rapprocher les dispositions de la constitution d’une république avec les propositions de ce texte. Ali a fait mieux.

  4. Innovations sur papier oui, mais quand on peut mettre sa main au feu qu’elles ne verront jamais le jour ou tout au mieux qu’elles seront morte-nees, mieux vaut les avorter des le départ et éviter de prendre les gens pour des imbéciles heureux. Ca fait désordre.

  5. Anas Alaoui dit :

    Une approximation pour une autre: Doit-on rappeler qu’en France le président est un chef d’Etat ELU ?

  6. Kaoutar SAYDY dit :

    Monsieur BOUABID, décidément vous êtes bien convaincu par la nouvelle constitution! Plutôt que de vous baser sur les dires de M. BENCHEMSI, présentez nous vos arguments, comme ceux que vous avez annoncés lors de la conférence à HEM Casablanca. Et avec toutes les contradictions que cela contient, les gens auront toutes les raisons de boycotter le référendum!

  7. Maya Kakkou dit :

    Bizarre, bizarre comme intervention à chaud !!! Vraiment je ne comprend plus cette élite … Il est pourtant évident que cette constitution 2011 ne fait qu’institutionnaliser un certain nombre de pratiques arrivées avec ce qu’on nous a présenté comme étant une nouvelle ère : concentration de tous les pouvoirs entre les mains du roi, multiplication de comités chargés de machins et de trucs, etc. J’ai bien lu et relu le texte et franchement si on doit se réjouir parce que les droits de l’homme sont mentionnés ici ou là, ou parce que l’Etat s’engage à "encourager" (dans le texte, article 25) la culture et le sport, je crois que notre élite est vraiment LOIN, très LOIN de mes aspirations. Il me semble qu’une fois de plus, nos penseurs trouvent plus intéressant de confronter leurs égo que de faire fonctionner leurs cerveaux !

  8. Houda dit :

    C’est marrant! A chaque fois que je me penche sur l’avis de Ali B., j’ai juste envie de boycotter! :)
    Sérieusement, il est vrai que souvent on fait des raccourcis quand on veut analyser ce texte, pour une raison toute simple, c’est un micmac incohérent écrit sous pression, dans la hâte et probablement sans relecture critique…

  9. halaoui1 dit :

    Uncroyable mais vrai! a lire les differentes reactions et appreciations O’ combien degardantes et contradictoires ou chacun se prend pour "le Sait Tout", "Donneur de Lecon" et tous nous autres Marocains des incompetents qui ne comprenent rien, on aura tendance a comprendre que pour les besoins de la democratie, le Maroc aurait interet a produire une constitution a la carte pour chaque citoyen…

  10. fouad dit :

    je suis d’accord avec Ali Bouabid sur la part de progrès rapportée à celle du statu quo, après tout si c’était une constitution si octroyée que ça, le roi aurait octroyée le premier draft avec la nature civile de l’etat et la liberté de conscience (paradoxalement pourrait-on dire), mais il s’agit bien d’un produit de rapport de forces sociales et politiques, du résultat d’une pondération normative et politique si ce n’est d’une contractualisation! personne ne pourra s’y retrouver complètement car tout simplement nous n’avons pas encore développé suffisamment de consensus (au sens positif de valeurs partagés) social, politique et culturel : les marocains sont divers et divergents sur leurs préférences, perceptions et priorités!

  11. Loulou Maroc dit :

    EXUSEZ MOI messieurs et medames les intellectuels qui apparement vous vous y connaissez en Constitution , mais il y a des choses que je ne comprend pas:
    – sur les 180 texte de la constitution pourqu’oi on focalise sur les pouvoirs du roi??? le peuple n’est il pas interessé en priorité par son droit, liberté, karama, infrastructure, investissement, qualité de vie,….???
    – vous avez tellement confiance en notre élite politique de mer..e, une bande de voleurs, d’opportunistes, d’arrivistes, d’assoifé du pouvoir…pour leur donner les pleins pouvoir???(je prefere mille fois entendre qu’un tel a sauté parceque le roi est allé quelque part et à trouver des malversations, route mal faite….qu’ils fassent ce qu’ils veulent avec échanges de bons services entre eux)
    Et une derniére chose svp quelqu’un peut-il m’expliquer ce que veut dire dostour mamnouh et préparation de la constitution non démocratique, est ce que c’est le peuple qui devait l’écrire, chacun un article, ou est ce que le peuple doit élire qui va l’écrire en supposant que nous connaissons d’avance les gens apte à le faire?????les constitutions des pays soit disant démocratiques comment elles ont été établies??????merci pour vos réponses car moi je ne comprends plus rien à cette démocratie à la sauce marocaine!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  12. ait mouloud dit :

    Benchemssi n’a jamais trouvé quelque chose de positif dans le Royaume du Maroc et ce n’est pas aujourd’hui que cela va changer.Pour tous les gens dont les pouvoirs du Roi posent problème dans la nlle constitution ,veuillez juste consulter non pas la constitution française mais plutôt celle du Royaume du Danemark oû le Roi ne fait pas que de la figuration

  13. Abdullah Abaakil dit :

    Ali Bouabid "plaide pour une approche politiquement plus subtile mais non moins déterminée." Cette approche est tellement subtile qu’elle en est mièvre et il est bien difficile pour le commun des mortels d’y voir une quelconque détermination.
    Au bénéfice du doute quant aux intentions, je dirais que mon professeur de Droit constitutionnel, qui n’étais pas un tendre, commenterais cette réponse "rapide et à chaud" comme suit : "réflexion très insuffisante parsemée de lacunes juridiques et politiques béantes" ou encore "saviez-vous que le sujet portait sur la Monarchie absolue marocaine et non la Ve République française?".
    Toujours au bénéfice du doute, on pourra considérer que, tout comme sa réponse à ARB, sa lecture du projet de constitution s’est probablement faite "rapidement et à chaud". Dans ce cas, je lui conseillerais de relire ce texte et, plutôt que de le comparer à la constitution de 1996 sous jurisprudence Youssoufi, ou du despotisme aménagé des propositions de son parti à la commission Mennouni, de le faire par rapport à la constitution de 1962, ce qui pourrait l’éclairer sur ce que nous appelons la régression.
    En attendant, M. Bouabid devrait remercier le Mouvement du 20 février, moins subtil mais peut-être plus déterminé, qui aura permis ce progrès formidable qui, au bout de plus de 50 ans de luttes, "permet au gouvernement de nommer directement et sans passer par le conseil des ministres, les secrétaires généraux des ministères", progrès dont ni lui, ni son parti, ne pourrons probablement bénéficier vu l’ampleur du discrédit qui les frappe aux yeux des électeurs, à force de lectures "rapides et à chaud" des besoins réels du peuple marocain.

    • Innocent dit :

      Abdullah : j’applaudis debout, avec un grand sourire aux lèvres !

      • Abdullah Abaakil dit :

        Merci Innocent ! J’ai aussi un grand sourire aux lèvres en lisant les commentaires précédents qui montrent bien que nous sommes nombreux à ne plus vouloir nous laisser embobiner par des pseudo-intellectuels de cour, à classer dans la catégorie anesthésistes, en référence à la chanson de Hoba Hoba Spirit.

    • ELAZHARI Anouar dit :

      Je pense que ton prof de droit Contit commentera votre copie à vous comme suit "Il faut voir les causes et non pas les manifestations et les conséquences : C’est les changements en Tunisie et en Egypt qui ont conduits au changement au Maroc (en plus du grand historique de revendications partisanes et de volontée royale pour le changement), et non pas le M20F".

  14. kamal Benslimane dit :

    Décidément, on décèle, au fur et à mesure de l’avancement du débat entre les lignes des différents discours autour du référendum, des coups qui cachent mal qu’ au-delà des arguments avancés par les uns et les autres, on assiste à la résurgence des conflits qui ont jalonnés les lendemains de l’indépendance et taraudés les partis issus du mouvement national, quand la révolution marocaine dévoraient ses propres enfants. Or, en principe, « nulle âme ne saurait porter le fardeau d’une autre âme !» et je dirai aussi que nulle époque ne saurait imposer ses enjeux à une autre époque !

    je pense sincèrement que les réactions du TOUT BOYCOTT suscités par la commission et le texte constitutionnel s’apparentent de plus en plus à un débat byzantin, tellement les arguments sont idéologiques et s’éloignent des propositions juridiques et constitutionnelles.

    Les non dits qui sous tendent les discours pour la consigne du TOUT BOYCOTT cachent mal la résurgence de ces clivages qui datent des lendemains de l’indépendance, à un moment ou la lutte pour le pouvoir battait son plein. D’aucuns oublient que feu Hassan II avait mis en place le 3 novembre 1960 un conseil constitutionnel de 78 membres, sensés représenter toutes les tendances et les régions du pays, sans que cet organisme n’ait pu s’acquitter de sa tâche, d’où le recours du monarque aux juristes étrangers. Ce qui est certain c’est qu’à l’époque il y avait presque deux légitimités qui s’affrontaient, ce qui ne devrait pas être le cas aujourd’hui…???!!! En tout cas c’est ce que suggère le rejet du bébé avec l’eau du bain et la persistance à saluer les avancements indéniables du projet tout en continuant par ailleurs à appeler au TOUT BOYCOTT, en arguant de l’insuffisance de la mouture actuelle sur la base de problématiques importées et imposées de toutes pièces dans le débat politique marocain.

    Aussi, le deuxième sentiment c’est cette volonté tenace des tenants du TOUT BOYCOTT à capitaliser, sur les fleuves de sang de la révolution française, de la guerre d’Espagne et des dynamiques progressives, inhérentes aux formations sociales européennes en Belgique ou au Danemark, et qui se sont étalées sur des siècles, en interdisant par ailleurs toute tentative de rapprochement entre les textes constitutionnels de la monarchie marocaine et la V ème République française, par exemple, sous le prétexte fallacieux de l’élection du chef de l’Etat, sans procéder à une analyse du jeu parlementaire, ni à celle des institutions et des jeux de contre pouvoirs et comme pour faire en sorte que nos institutions n’ont aucun rapport avec la France ou encore que nos institutions n’ont pas leurs propres mécanismes de légitimité pour ce qui concerne le chef de l’Etat !!!

    En tout cas cette capitalisation sur les sacrifices des autres et celui printanier des peuples arabes est instrumentalisé d’une manière malhonnête pour mettre la monarchie marocaine en demeure d’abandonner, ici et maintenant, tous ses attributs religieux et temporelle ! Ce qui s’apparente plus à une vue de l’esprit idéologique qu’à une approche objective et scientifique de la réalité de notre formation sociale et de nos spécificités marocaines !

    Notre troisième sentiment c’est que les tenants du TOUT BOYCOTT en délégitimant la commission et la nouvelle constitution, passent sous silence la large consultation des partis politiques, des syndicats et des associations civiques et font surtout un black out non seulement sur les contraintes de temps, ainsi que celles techniques et logistiques qu’induiraient l’option d’une élection de la constituante, mais plus grave, ils tentent de maquiller une réalité subjective qu’ils se refusent à reconnaître ou à voir, celle qui établit objectivement que si le M20F réussit à rassembler la foule dans les rues, autour de slogans généralistes, il ne dispose pas ou ne se sent pas en mesure de changer de stratégie d’action pour se donner les moyens concrets de s’impliquer dans le jeu institutionnel afin de se transformer en force de propositions. D’ailleurs, l’analyse de Mr Tozy était très pertinente en mettant le doigt sur cette faiblesse et l’initiative louable de création in extrémis de « l’alliance pour la monarchie parlementaire » est intervenue, justement, pour remédier à cette insuffisance.

    Pour finir je serai tenté de paraphraser feu Ben Berka quand il rappelait que « la seule vraie politique est la politique du vrai » et qu’il attirait l’attention dans l’option révolutionnaire à l’importance de ne pas avoir d’illusion sur les tâches immenses qui attendent le camp du changement « pour effectuer un vaste travail d’éducation et d’organisation parmi les masses populaires. Les potentialités révolutionnaires de notre peuple ont besoin d’être traduites en forces effectives capables de balayer les vestiges de la domination coloniale et de l’exploitation… et capables aussi de se mobiliser pour construire la société nouvelle conformément à nos options révolutionnaires. »

    C’est là une méthode à méditer car rien ne saurait faire l’économie du travail en profondeur. Toute stratégie protestataire qui écarterait l’organisation, l’éducation et la participation politique active est à même de renouveler l’échec cuisant déjà enduré !

  15. سعد dit :

    "l’article 88 stipule que le gouvernement n’est investi que par le parlement et non plus par le Roi"
    Ssi Bouabid, au sujet de ce point, si vous vous basez sur l’article 88 et donc, in extenso, l’article 103, je vous invite à les comparer aux articles 60 et 75 de la constitution de 1996.
    Vous savez ce que je relève comme différence majeure ? C’est que dans la nouvelle constitution, article 88, on parle de gouvernement "désigné" par le roi, et non plus "nommé" comme il était dit dans l’article 60 de la constitution de 1996. Ce "détail" est en soi un pas en arrière.

    Sinon, vous parlez d’avancées telles que celles concernant les droits, les quelques dossiers en plus pour le parlement… Je rajouterais aussi la restriction de l’immunité des parlementaires (bon point). Mais est-ce que ça, ça nous mènera vers une démocratisation, fut-elle graduelle ?
    A mon humble avis, NON.

  16. salon dit :

    Dieu, le Roi, la Météo…. (la devise du pays légèrement modifiée pour la circonstance).
    Sur les conditions du vote, vécues depuis le Maroc,je peux vous assurer que:
    1- la chaleur caniculaire qui rêgne au Maroc depuis ce matin incite plus à rentrer chez soi chercher un peu de fraicheur que de chercher un bureau de vote que de toute manière rien ne signale.
    A croire que Dieu, ou le changement climatique (chacun son opinion)a le regard fixé sur d’autres échéances que celles fixées par le descendant officiel (le roi) de son prophète à son bon peuple.
    2- la télé officielle annonce 26% de participation à midi, avant l’heure de la prière qui sonne un vendredi, la fin effective de toute agitation professionnelle, donc couvre-feu, y compris dans les bureaux de vote.
    Il faut etre spécialiste j’en conviens,mais lors du dernier referendum (1996)le chiffres étaient à peu près les mêmes, avant que ô surprise,en moins de deux heures, on retrouve 80% de votants dans les bureaux de vote. Au résultat: 96% de oui pour la reforme. Je vous demande de bien noter cela (15 heures locale) et de nous épargner tout commentaire sur les scores dignes de république banannière qui nous seront annoncé dans… quelques jours.
    3-ce jour de consultation électorale a servi de prétexte à un nombre incroyable d’employés pour s’absenter toute la matinée, voire la journée. Il faut dire que ça a aussi été pour eux l’occasion de négocier avec les autorités locales les avantages liés à un "bon" vote.
    4- les problèmes restent devant nous (mauvaise récolte agricole, corruption institutionnelle, spéculation foncière devenue hors de controle, armée de chomeurs livrés à eux mêmes,etc.).
    Les jeunes contestataires du "20 février" , malgré leur manque de sens politique apportent une chose à ce pays: visiblement, ni le roi actuel, ni sa cour n’est à la hauteur des bouleversements du Maroc.
    Je fais le pari qu’une nouvelle élite plus à l’écoute des besoins de ce pays peut s’extraire, et qu’il faut tout faire pour l’aider à se faire entendre. Quitte à persuader nombre de piliers (sinon le principal) de l’ordre établi de regagner l’ombre confortable qui sied aux rentiers contre leur disparition définitive de tout poste de pouvoir.

  17. aziz CHABKI dit :

    Merci d’élargir le débat, et de ne plus s’en tenir au débat des salonards du "je" égocentrique de cette lélite microcosmique. Vivement une nouvelle élite plus large, plus jeune et plus militante de la vraie citoyenneté de quartier, en s’occupant du local, du "fassad" à proximité de chacun de nous avant de s’occuper des concepts politiques byzantins dans les hautes sphères que pesonne dans le peuple ne pige ni en arabe ni en français et encore moins en amazighe.

  18. aziz CHABKI dit :

    Merci d’élargir le débat, et de ne plus s’en tenir au débat des salonards du "je" égocentrique de cette élite microcosmique. Vivement une nouvelle élite plus large, plus jeune et plus militante de la vraie citoyenneté de quartier, en s’occupant du local, du "fassad" à proximité de chacun de nous avant de s’occuper des concepts politiques byzantins dans les hautes sphères que pesonne dans le peuple ne pige ni en arabe ni en français et encore moins en amazighe.

  19. guetteur dit :

    Ce monsieur Bouabid prépare une petite place bien douillette à vie comme tous les vendus de "l’opposition",opposition pour demander composition qui entraine des petites positions dans des postes biens dodus,perpétuer ainsi les mêmes mensonges saupoudrés d’analyses scientifiquement "locales",répandre la "divine" parole dans les villas de l’élite qui comprend et qui décide ce qui est bien pour la populace! Je préfère les jeunes ados de ce mouvement un peu désordonné,souvent manipulé,mais eux en moins,ils ont l’excuse d’être exubérants et naïfs,mais pas calculateurs et froids comme des serpents!

  20. sbaksso dit :

    Tu m’as déçu, ou bien tu es un vrai ignorant ou tu te fous de nos nez, en France A moulay Bouabid, le conseil des ministres est présidé par un président élu au suffrage universel, si ça vous semble logique de comparer cela à un roi non élu, alors que votre constitution stipule que la souveraineté est un domaine exclusif de la nation, à vous de juger!

  21. jamaly dit :

    je ne suis q"un simple citoyen Un roi et un président sont deux choses incommensurables le president français est elu le roi est roi par la volonté de dieu oui parce que hors la religion rien ne le justifie

  22. jamaly dit :

    comme il y a illusion optique il y a illusion politique si la realité du pouvoir est attribué au roi c"est que dans une societé ou le feodalisme exerce encore son hegemonie culturellement parlant avec une bourgoisie encore sous tutelle .brimée le pouvoir ne peut etre qu"absolut c"etait le cas de la françe a l"epoque du luis 15

  23. Pingback: Réponse d’Ali Bouabid à Ahmed Reda Benchemsi

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