Pourquoi l’USFP doit aider le PJD à réussir

01.12.2011  |    Karim Tazi    |   eplume.wordpress.com

Depuis l’annonce des résultats des élections la question qui obsède la plupart des observateurs est la suivante: l’USFP fera-t-il partie de la coalition formée par Benkirane, ou choisira-t-il d’aller dans l’opposition? Comme l’a très bien expliqué Ali Bouabid dans une récente tribune les deux positions sont défendables selon qu’on les appréhende à partir d’un angle politique ou d’un angle idéologique.

Au sein du parti lui même les partisans sont divisés quant à l’attitude à adopter. Beaucoup pensent qu’une  cure d’opposition est aujourd’hui la seule façon de réhabiliter le parti aux yeux de l’opinion publique et de lui permettre de se refaire une santé. D’autres sont prêts à y aller pour diverses raisons. Nul ne détient la vérité en la matière et chaque option peut être honnêtement et sincèrement défendue.

J’ai déjà eu l’occasion d’affirmer ma conviction que de par son importance historique l’USFP appartient un peu à tous les marocains et c’est à ce titre que je me permet de donner mon point de vue sur la question.

D’abord, quels sont les véritables enjeux? Le principal enjeu de l’expérience du PJD au pouvoir est celui de la réhabilitation du politique dans un pays où tout a été fait pour le discréditer depuis 40 ans. Peu importe à cet égard que le parti qui a gagné le 25 Novembre soit Islamiste, Libéral ou socialiste, ce qui est important c’est que ce soit  un véritable parti politique disposant d’une réelle assise populaire et d’un fonctionnement démocratique par opposition aux coquilles vides créées de toutes pièces par le pouvoir et qui ont servi de récéptacle aux technocrates dont la supposée efficacité contrastait avec l’incurie et la corruption des hommes dits “politiques”. Souhaiter l’échec du PJD pour des raisons idéologiques c’est compromettre une occasion historique de réhabilitation du Politique au sens noble du terme et c’est cette erreur que le peuple de gauche ne devrait pas commettre. Participer au succés même relatif d’un gouvernement élu et qui ne tire sa légitimité que des urnes et qui rend d’abord compte aux élus du peuple, peut être pour l’USFP, une façon de se réhabiliter aux yeux de l’opinion publique en général et de préparer son retour au pouvoir dans un Maroc qui aura enfin franchi le Rubicon démocratique.

La réussite d’un tel pari tient principalement à un facteur, celui du choix des hommes. L’USFP recèle en son sein le pire et le meilleur et il est évident que la seule façon de relever le défi de la réhabilitation du politique est d’envoyer les meilleurs participer à l’expérience historique que s’apprête à conduire le PJD. Rappelons que ce dernier est conscient des lacunes qui sont les siennes en matière d’expérience du pouvoir et a toutes les chances pour ces raisons de se montrer suffisamment conciliant pour attirer les meilleurs ittihadis à ses côtés. On peut également espérer que la présence de ministres USFP au sein de la coalition accélerera la laîcisation inéluctable d’un PJD qui devra faire preuve de pragmatisme une fois qu’il sera aux commandes d’un pays somme toute assez séculaire.

Le defi pour les islamistes confrontés à l’exercice du pouvoir peut s’illustrer de la façon suivante: il leur faura mettre un peu de vin dans leur eau, pour convaincre les modernistes de mettre de l’eau dans leur vin.

Alors, qui envoyer? Ils n’oseront peut être pas se déclarer eux mêmes de peur d’être traîtés d’opportunistes, mais tout le monde connaît leur nom même s’ils ne sont pas tous élus: Ahmed Chami, Hassan Tariq, Ali Bouabid, Khalid Elhariry, Abdelali Doumou, Ahmed Zaidi. j’en oublie peut être quelques uns , qu’ils me pardonnent.

L’alternative est simple: aller dans l’opposition , aux côtés du PAM et sous la houlette de Driss Lachgar. Chronique d’une mort annoncée.

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6 réponses à Pourquoi l’USFP doit aider le PJD à réussir

  1. dima dit :

    "C’est vous, le mouvement du 20 février, qui avez gagné. C’est
    vous qui avez forcé et amené le pouvoir royal à entammer
    une réforme constitutionnelle. N’oubliez pas les réticences des
    officiels thuriféraires du régime autocrate et la majorité des
    partis politiques qui n’en voyaient pas l’utilité préférant le statu-quo.
    N’oubliez pas qu’ils arguaient que le Maroc était une exception
    par rapport au printemps arabe et que tout allait bien dans le meilleur
    des mondes.
    Vous avez gagné parce que la constitution actuelle se rapproche
    beaucoup plus de votre idéal constitutionnel recherché que de la
    défunte constitution chère aux conservateurs et aux tenants du
    statu-quo d’Alors.
    (…)
    Ma conviction intime est qu’un grand nombre des voix progressistes
    s’est reporté vers le vote PJD. La demande de l’électeur progressiste,
    frustré par ce qui se passait en Tunisie, notamment la démocratie
    naissante et les élections transparentes tunisiennes, était telle qu’il
    recherchait à élire des responsables politiques, de ne ‘importe quel
    bord, incorrompus, honnetes et intégres . Or l’offre électorale ne
    contenait que l’option PJD comme équivalent recherché. Ma caricature
    est… Karim Tazi mais ce n’est qu’une caricature."

    Aboubakr Jamai : http://youtu.be/DqtADIfF-Fw

  2. Salvadorali dit :

    @ Karim Tazi

    "L’USFP appartient un peu à tous les marocains" c’est clair, mais surtout du fait de tous les malheurs du peuple marocain dont l’USFP a été la cause ;-(
    au final quelle indécence de la part des stratèges socialo-socialistes de n’aborder la problématique d’un gouvernement "islamiste" que sous les angles politicien et idéologique.
    si les meneurs socialistes avaient un gramme de cohérence et surtout de fierté idéologique, précisément, ils n’envisageaient pas de s’allier avec la négation même de leur idéal philosophique, politique et social.

    @ dima

    foireux plaidoyer. le mouvement du 20 février n’est plus bon aujourd’hui qu’à faire fantasmer boubker jamaï ;-) ah si seulement le M20f s’était constitué en parti politique au lendemain du discours historique du 9 mars et avait participé aux élections!!! en visant symboliquement 20% des suffrages, c’est-à-dire en faisant le choix de la démocratie électorale au lieu d’opter pour un guévarisme imbécile… dommage, le maroc aurait pu être fier de sa jeunesse militante et le PJDaurait trouvé à qui parler ! parce que s’il fallait compter sur l’USFP pour tenir tête aux islamistes, on est mal barrés…
    PS : disons que le M20f s’est lamentablement arrangé finalement pour avoir tort d’avoir raison ;-) vieux réflexes martyrologiques, sans doute.

    • dima dit :

      Ce n’est pas un plaidoyer. Ce sont des faits incontestables. La pure
      vérité en somme. Disons que la cécité et la méthode coué sont à la
      portée de tout un chacun désirant voir ses propres fantasmes
      en lieu et place de l’Histoire…

      Libre à chacun de la visiter et l’analyser comme il l’entend pourvu
      que l’honneteté intellectuelle soit de mise ;)

  3. bakarri dit :

    Je croix que, comme il l’a si bien exprimé Karim Tazi, l’USFP a raté son rendez-vous avec l’histoire, il a aussi raté l’occasion de se réhabiliter face à ses détracteurs et aussi face à l’ensemble du peuple marocain, pourquoi ?
    Primo, s’il avait eu le courage de conduire la Koutla au sein du gouvernement de A. Benkiran, fort numériquement de l’appui des trois partis, il aurait eu l’occasion de se mouvoir politiquement dans une nouvelle ambiance démocratique, et aussi profiter de l’espoir inhérent à l’arrivée du PJD au pouvoir pour se réhabiliter.
    Secondo, maintenant il faudrait imaginer un scénario inverse de celui qui avait conduit l’USFP à présider le gouvernement de transition de Youssoufi, je m’explique, ayant fraîchement quitté l’opposition, le discours que tenaient les ténors de l’USFP (la voix de Oualalou me raisonne toujours dans les oreilles) se transforma comme par enchantement en un autre on ne peut plus désenchanteur pour les marocains, aujourd’hui c’est l’inverse qui risque de se produire, c’est-à-dire, sortis fraîchement de la gouvernance de Fassi, ils essayeront d’user d’une impétueuse opposition en vue de soigner leur image de marque, celle d’un parti à la hauteur de son histoire et de son passé militant, mais les marocains n’ont plus la mémoire courte et ne seront pas dupes, au point de ne plus croire en leur discours, le scepticisme des citoyens l’emportera inéluctablement devant cette nouvelle forme d’opposition que l’USFP se voudrait de jouer à l’emporte pièce à coté d’un PAM mort né, d’un RNI proie à plusieurs distensions internes et trop affaibli par la volte face aux dernières élections, et aussi à coté des singletons et paires que forment les autres partis minoritaires.
    Je croix aussi que, sachant qu’ils seraient les enfants illégitimes du nouveau gouvernement, qu’ils n’hériteront pas de portefeuille ministériel, les vieux routiers de l’USFP ont imposé leur point de vue, celui de se replacer dans l’opposition. .

  4. Grand Dieu ! Pourquoi tant de bavardages et d’invectives innocentes ou « coupables « entre gens de bonne volonté (en apparence…).
     Le Maroc n’a-t-il pas vu défiler, sous ses yeux peu crédules, des gouvernements hétéroclites (que seul un magicien farfelu pourrait imaginer !) qui ont donné, à leur corps défendant, le meilleur d’eux-mêmes, à tour de rôle, pendant 50 ans de gabegie, d’atermoiement , et de mensonge éhonté dans la gestion des affaires de la Nation ?
     Les partis en question n’ont-ils pas conclu des « arrangements » avec le diable pour que les situations « héritées » (qui se sont avérées avec le temps très bénéfiques pour ne pas dire juteuses) puissent durer le plus longtemps possible (pour assurer les arrières à leurs progénitures, sans vergogne !).
     Le diable en question (perspicace et visionnaire) n’a-t-il pas usé et abusé de tous les stratagèmes en son pouvoir pour plier les plus retors de ses « sujets » à dire « les messes » qu’Il leur a apprises à seriner au peuple (devenu sourd aux balivernes des guignols qui le gouvernent) ?
     Ce pauvre peuple a-t-il jamais eu le choix –inviolable— de choisir en toute conscience les dirigeants auxquels il souhaite confier sa destinée pour en faire une vie digne d’être vécue ?
     Aujourd’hui, n’a-t-on pas besoin d’un parti qui n’a jamais « magouillé », qui n’a jamais « volé » les biens de la nation, qui n’a jamais trompé le peuple, ou plus grave, jamais trahi ses convictions (pour assurer une promotion), et qui ose dire non au Roi (quand Il se trompe, comme le commun des mortels) ? Notre Maroc d’aujourd’hui est-il si sénile ?
     Si notre Maroc est aussi énergique (qu’il y paraît), si volontaire et animé de grandes résolutions, et si le PJD est prêt à relever ce défi (d’un Maroc aguerri à qui on ne le lui refera pas encore un mauvais tour) même en s’accommodant avec l’Istiqlal, le MP et même l’UC, moi je dirai BANCO ! Donnons une deuxième chance à notre très cher et généreux Maroc…Sans l’USFP (qui nous a si honteusement trahis!)
     Peut-être que cette rude épreuve pour l’USFP lui est-il nécessaire pour se ressourcer et préparer sa mue pour les prochaines élections…
     Et notre très cher Karim Tazi n’en sera que plus heureux !

  5. EL HAJJAJI dit :

    Silence, l’USFP est dans l’opposition:
    -la 1ere décision est l’exclusion d’une partie de ses militants.
    -la 1ere déclaration du 1er secrétaire du parti est de laisser ben kirane en paix à propos de la nomination par le roi des ambassadeurs.
    voici la physionomie de l’USFP en tant qu’opposition! c’est claire pour les usefpeistes qui depuis 35 ans ont milité pour le changement en douceur de l’intérieur du parti.
    la liste des exclus est longue :
    -le groupe de M.ben amar et ses camarades
    – Mr sassi et la jeunesse itihadi
    -La CDT avec M.ALAMAOUI…BEN ATIQ-BOUZOBAA
    L’USFP est malade ,il est gravement malade, le seule remède : c’est la démocratie interne .
    La démocratie exige que le bureau politique doit déposer sa démission.pourquoi ?
    -échec électoral
    -échec au niveau de l’organisation du parti.
    -échec des élus locaux au niveau de la gestion communale.
    -échec au niveau de la production intellectuelle.
    -échec et désistement au niveau des université( départ volontaire)
    -échec syndical.
    -échec au niveau de la gestion de certains ministères ; exemple: la gréve des enseignants a duré 3 ans ,sans aucune solution de leurs problèmes en plus et ce qui est grave ,les élèves se trouvent dans la rue.Pas de soucis..
    Question aux leadeurs du parti .pourquoi vous détester les jeunes?

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