La seule victoire en Afghanistan est celle de l’opium

mai 2004 |   Michel Chossudovsky  |  l’Aut’journal

La démocratie s’avère une drogue moins puissante


                          

Depuis l’invasion sous commandement américain de l’Afghanistan en octobre 2001, le trafic d’opium dans le « Croissant d’or » a grimpé en flèche. Selon les médias américains, cette contrebande, fort rentable, est protégée par Ousama Ben Laden, les Talibans et, bien sûr, les seigneurs de la guerre, qui défient la communauté internationale.
On prétend que le commerce de l’héroïne « remplit les coffres des Talibans ». Selon le Département d’État américain, « l’opium constitue une source de revenu de plusieurs milliards de dollars pour les groupes extrémistes et criminels. L’élimination de la production d’opium est centrale à l’établissement d’une démocratie sécuritaire et stable, et à la victoire de la guerre contre le terrorisme. »

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la production d’opium en Afghanistan pour 2003 est estimée à 3 600 tonnes, avec une surface cultivée de l’ordre de 80 000 hectares. Une récolte plus importante est prévue pour 2004.

En réaction à la montée post-Talibans de la production d’opium, l’administration Bush a augmenté ses activités anti-terroristes, tout en allouant des montants substantiels d’argent des contribuables aux opérations de la Drug Enforcement Administration (DEA) en Asie de l’ouest.

Tous en chœur, les médias américains accusent le défunt régime islamique, sans même mentionner que les Talibans – en collaboration avec les Nations unies – avaient imposé avec succès l’interdiction de la culture du pavot en 2000. La production d’opium avait ensuite décliné de 90 % en 2001. En fait, l’augmentation de la culture d’opium a coïncidé avec le déclenchement des opérations militaires sous commandement américain et la chute du régime taliban. Entre les mois d’octobre et décembre 2001, les fermiers ont recommencé à planter du pavot à grande échelle.

Le succès du programme d’éradication de la drogue en Afghanistan en l’an 2000 sous les Talibans avait été souligné à la session d’octobre 2001 de l’Assemblée générale des Nations unies. Aucun autre pays membre de l’ONUDC n’avait pu mettre en oeuvre un programme semblable.

À la suite des bombardements américains de 2001 de l’Afghanistan, le gouvernement britannique de Tony Blair était chargé par les pays membres du G-8 de mener un programme d’éradication de la drogue en Afghanistan qui devait, en théorie, permettre aux paysans afghans de passer de la production d’opium à des cultures alternatives. Les Britanniques travaillaient de Kaboul en relation étroite avec la DEA américaine.

Le programme britannique d’éradication des cultures est un écran de fumée. Depuis octobre 2001, la culture de pavot a augmenté en flèche. La présence des forces d’occupation en Afghanistan n’a pas eu pour effet l’élimination de la culture du pavot. Au contraire.

Sous les Talibans, la prohibition avait en effet causé « le début d’une pénurie d’héroïne en Europe vers la fin de 2001 », comme l’admet l’ONUDC.

L’héroïne est un commerce de plusieurs milliards de dollars supporté par des intérêts puissants, qui requiert un flux régulier et sécuritaire de la marchandise. Un des objectifs « cachés » de la guerre était justement de restaurer le trafic de la drogue, parrainé par la CIA, à ses niveaux historiques et d’exercer un contrôle direct sur les routes de la drogue.

En 2001, sous les Talibans, la production d’opiacés s’élevait à 185 tonnes, pour ensuite grimper à 3400 tonnes en 2002 sous le régime du président Hamid Karzai, marionnette des États-Unis.

Tout en soulignant la lutte patriotique de Karzai contre les Talibans, les médias omettent de mentionner qu’il a déjà collaboré avec ces derniers. Il a aussi déjà été à l’emploi d’une pétrolière des États-Unis, UNOCAL. En fait, depuis le milieu des années 1990, Hamid Karzai agissait comme consultant et lobbyiste pour UNOCAL dans ses négociations avec les Talibans.

Selon le journal saoudien Al-Watan, « Karzai était un agent en sous-main de la Central Intelligence Agency à partir des années 1980. Il collaborait avec la CIA en acheminant de l’aide américaine aux Talibans à partir de 1994, quand les Américains, secrètement et à travers les Pakistanais, supportaient les visées de pouvoir des Talibans. »

Il est pertinent de rappeler l’histoire du trafic de drogue dans le Croissant d’or, qui est intimement lié aux opérations clandestines de la CIA dans la région.

Avant la guerre soviético-afghane (1979-1989), la production d’opium en Afghanistan et au Pakistan était pratiquement inexistante. Selon Alfred McCoy, il n’y avait aucune production locale d’héroïne.

L’économie afghane de la drogue fut un projet minutieusement conçu par la CIA, avec l’assistance de la politique étrangère américaine.

Comme il a été révélé par les scandales Iran-Contras et de la Banque de Commerce et de Crédit international (BCCI), les opérations clandestines de la CIA en support aux moujahidins avaient été financées à travers le blanchiment de l’argent de la drogue.

L’hebdomadaire Time révélait en 1991 que « parce que les États-Unis voulaient fournir aux rebelles moujahidins en Afghanistan des missiles Stinger et d’autres équipements militaires, ils avaient besoin de l’entière coopération du Pakistan. » À partir du milieu des années 1980, la présence de la CIA à Islamabad était une des plus importantes dans le monde. Un officier du renseignement américain avait confié au Time que les États-Unis fermaient alors volontairement les yeux sur le trafic de l’héroïne en Afghanistan.

L’étude d’Alfred McCoy confirme qu’en l’espace de deux ans après le déclenchement des opérations clandestines de la CIA en Afghanistan, en 1979, « les régions frontalières entre le Pakistan et l’Afghanistan devinrent la première source mondiale d’héroïne, fournissant 60 % de la demande américaine. »

Selon McCoy, ce trafic de drogue était contrôlé en sous-main par la CIA. Au fur et à mesure que les moujahidins gagnaient du terrain en Afghanistan, ils ordonnaient aux paysans de planter de l’opium comme une taxe révolutionnaire. À cette époque, les autorités américaines refusèrent d’enquêter sur plusieurs cas de trafic de drogue par leurs alliés afghans. En 1995, l’ancien directeur des opérations de la CIA en Afghanistan, Charles Cogan, a admis que la CIA avait en effet sacrifié la guerre à la drogue à la Guerre froide.

Le recyclage de l’argent de la drogue par la CIA était utilisé pour financer les insurrections post-Guerre froide en Asie centrale et dans les Balkans, y compris Al Quaeda.

Les revenus générés par le trafic de la drogue afghane commandité par la CIA sont considérables. Le commerce afghan des opiacés constitue une grande part des revenus annuels à l’échelle mondiale des narcotiques, estimés par les Nations unies à un montant de l’ordre de 400 ou 500 milliards. Au moment où ces chiffres de l’ONU furent rendus publics (1994), le commerce mondial estimé de la drogue était dans le même ordre de grosseur que celui du pétrole.

Selon des chiffres de 2003 publiés par The Independent, le trafic de la drogue constitue le troisième commerce le plus important en argent après le pétrole et la vente d’armes.

Il existe de puissants intérêts commerciaux et financiers derrière la drogue. De ce point de vue, le contrôle géopolitique et militaire des routes de la drogue est aussi stratégique que celui du pétrole et des oléoducs.

Cependant, ce qui distingue la drogue des commerces légaux est que les narcotiques constituent une source majeure de richesse non seulement pour le crime organisé, mais aussi pour l’appareil de renseignement américain, qui constitue de plus en plus un acteur puissant dans les sphères bancaires et de la finance.

En d’autres mots, les agences de renseignements et de puissants groupes d’affaires alliés au crime organisé se livrent une concurrence pour le contrôle stratégique des routes de l’héroïne. Les revenus de plusieurs dizaines de milliards de dollars provenant du commerce de la drogue sont déposés dans le système bancaire occidental.

Ce commerce peut seulement prospérer si les principaux acteurs impliqués dans la drogue ont des « amis politiques aux plus hauts niveaux ». Les entreprises légales et illégales sont de plus en plus imbriquées, la ligne de démarcation entre « gens d’affaires » et criminels est de plus en plus floue. En retour, les relations entre les criminels, les politiciens et des acteurs du milieu du renseignement ont teinté les structures de l’État et le rôle de ses institutions.

L’économie de la drogue en Afghanistan est « protégée ». Le commerce de l’héroïne faisait partie des plans de guerre. Ce que cette guerre aura accompli, c’est le rétablissement d’un narco-régime dirigé par un gouvernement fantoche soutenu par des États-Unis.


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10 réponses à La seule victoire en Afghanistan est celle de l’opium

  1. eplume dit :

    La raison pour laquelle j’ai posté cet article étant de souligner le rôle joué par les Talibans pour éradiquer la drogue en Afghanistan et aussi pour réfuter les thèses selon lesquelles les Talibans utilisent l’argent de la drogue pour financer leur guerre.
    Car, on a beau à reprocher aux Talibans une lecture assez stricte du fait religieux, mais sur certains aspects ils ont quand même essayé de travailler pour le bien de leur nation. Je parle bien du contexte géopolitique du pays qui est l’Afghanistan, un pays déchiré par la guerre inter-ethniques ou le règne était aux mains des seigneurs de guerre , où la corruption était monnaie courante , l’insécurité était une norme etc… Là encore je me retrouve devant une situation délicate à savoir quel prix doit-on payer pour la stabilité ?
    Donc, personnellement, j’estime qu’il y a eu beaucoup trop de diabolisation de ce régime.

    Par ailleurs, cet article démontre que les Talibans ont éradiqué la drogue! Les Talibans sont–ils aussi stupides pour détruire leur sources de revenus ? Je ne pense pas. Pourtant combien même, l’Afghanistan est un pays pauvre, on aurait pu comprendre qu’ils optent pour ce choix par nécessité mais ils ne l’ont pas fait…Et le rapport de l’ONUDC le prouve (Entre 2000 et 2001 la surface de pavot cultivée illicitement en Afganisatn sous le règne des Talibans est passé de 82 171 à 7 606 hectares voir le document de l’ONUDC [voici le lein du rapport en question http://www.unodc.org/pdf/WDR_2004/wdr2004_Vol1_fr.pdf%5D ). Maintenant la question qu’on peut légitimement se poser serait de savoir si les Talibans ont utilisé la drogue pour financer leur action avant leur arrivé à Kaboul en 1995…Mais là encore, une connaissance de l’histoire de l’Afghanistan s’impose pour comprendre le rôle du Pakistan dans l’armement des guerriers talibans avec le financement saoudien et avec la bénédiction américaine pour contrer l’Iran à l’Est !! Donc, c’est bien plus compliqué que cela puisse paraître … Et je reviens alors à ma première position à savoir celle d’affirmer un constat indéniable qui se résume en la possibilité d’éradication de la drogue quand volonté y est. L’Afghanistan des Talibans en est une preuve !!!

  2. dima dit :

    "La raison pour laquelle j’ai posté cet article étant de souligner le rôle joué par les Talibans pour éradiquer la drogue en Afghanistan"

    A quel prix ? au prix de l’application de la chariaa qui n’est pas un système judiciaire relevant du concept de la démocratie où la personne humaine, meme fautive, doit payer sa dette à la socièté et etre réhabilitée et insérée dans la socièté après la punition. Un système judiciaire où l’etre humain est considéré encore récupérable malgré sa faute ou son erreur.

    Quant à la drogue, ce n’est pas l’offre qu’il faut blamer mais bel et bien la demande. Les personnes addicts doivent se faire soigner et ce n’est pas en coupant la main ou la tete à un gros trafiquant ou producteur colombien ou afghan qu’on va éradiquer la demande.

    • eplume dit :

      @dima,
      La question du prix est question que j’ai soulevé sous une autre formulation: " Là encore je me retrouve devant une situation délicate à savoir quelle prix doit-on payer pour la stabilité ? "
      Donc Tout ce à quoi je faisais référence en publiant l’article était de mettre en évidence la possibilité d’éradication de la drogue par n’importe quelle autorité si il y a une véritable volonté derrière. Et je n’ai essayé à aucun moment de justifier la situation socio-politique de l’Afghanistan sous le règne des Talibans, même si je me dois de respecter le choix de chaque population à se faire gouverner selon son cadre de référence.
      En revanche je suis parfaitement d’accord avec toi sur la nécessité de s’attaquer au problème en se focalisant à la fois sur l’offre et la demande et non à l’une au détriment de l’autre.

  3. dima dit :

    "…même si je me dois de respecter le choix de chaque population à se faire gouverner selon son cadre de référence."

    Les talibans ne sont jamais sortis vainqueurs des élections dits démocratiques. Les citoyens afghans n’ont jamais eu le choix de disposer de leur propre destin et d’aller voter pour les talibans.

    Si je reviens à la chariaa, je voulais juste attirer ton attention sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un système judiciaire équitable et juste émanant d’un quelconque concept démocratique.

    Certes il est à noter que, sous l’égide de la chariaa, le voleur a la main coupée une première fois et s’il récidive il n’aura plus de main et donc ne peut voler à jamais. Résultat, il n’y a plus de voleur à l’horizon. Mais quid du respect des droits de l’Homme élémentaires et physiques de ce "voleur" ? A t’on le droit d’amputer un etre humain pour éradiquer le délit du vol dans une socièté donnée ?

    Donc Oui volonté d’éradiquer la production de l’opium mais pas à n’importe quel prix !!!

    • eplume dit :

      "Les talibans ne sont jamais sortis vainqueurs des élections dits démocratiques. Les citoyens afghans n’ont jamais eu le choix de disposer de leur propre destin et d’aller voter pour les talibans"

      Pour qu’ils sortent vainqueurs d’élections, il faut d’abord qu’il ait élection … Or les Talibans sont sortis vainqueurs d’une guerre qui leurs a permis d’installer un climat de stabilité dont la manière peut être discutée si elle est regardée de l’extérieur. En revanche, vu de l’intérieur de l’Afghanistan, contester la manière c’est ignorer l’histoire de ce pays.
      L’Afghanistan est un pays qui a fait face, à travers l’histoire, à la convoitise des plus grandes puissances occidentales particulièrement lors des deux deniers siècles…D’abord occupé par les britanniques en 1839 pour être ensuite envahi par les soviétiques en 1979… Et finit une nouvelle fois par faire l’objet de l’invasion américaine en 2001 !! Mais l’histoire démontre que le peuple afghan a toujours su tenir tête aux grandes puissances par le passé, notamment par l’esprit guerrier qui caractérise les pachtounes qui refusent toutes formes de résignation. D’ailleurs, la bataille de Gandamak illustre parfaitement l’insoumission des afghans à toutes les forces qu’elles estiment leurs êtres étrangères. En effet, cette bataille a eu lieu 1842 c’est-à-dire 3 ans après l’invasion de Kaboul par les forces britanniques le 20 février 1839. La bataille de Gandamak était une défaite impressionnante pour les britanniques notamment par le massacre de tous les britanniques et leurs soutiens indiens….L’histoire du Dr Brydon est un témoignage historique de cette bataille car il était le seul survivant ayant pu s’échapper et rejoindre Jalalabad.
      Les afghans qui ont combattu contre toute forme de soumission ne vont certainement pas se résigner docilement devant la bonne volonté des Talibans si cela ne leur est pas éthiquement acceptable de part leur cadre de référence. D’où mon respect pour tous les peuples concernant le fait de se faire gouverner en fonction de leurs héritages culturels et aussi de leurs traditions historiques. Car, personnellement, je n’accepte pas le concept de démocratie comme étant un produit prêt à porter… La démocratie est un concept et relatif et universel dont l’élaboration devra tenir compte des spécificités de chaque Etat-Nation. Or, les Talibans ont régné moins de 5 ans en Afghanistan et n’ont donc pas eu le temps de se focaliser sur un élément autre que la stabilité… je peux assimiler cela à traitement de choc nécessaire pour bâtir des nouvelles bases… Mais la suite, n’a jamais eu lieu car le régime des Talibans a été chassé par la loi des missiles et par le langage des B-52 … Tout cela pour dire encore une fois de plus, que la question des Talibans reste pour moi un épisode où la diabolisation l’a encore emporté sur l’analyse de fond !!
      Pour quoi ai-je rappelé ces faits ? Tout simplement pour te dire que l’Afghanistan est un pays déchiré par la guerre, est sujet à la tension inter-ethniques , est ensanglanté par les seigneurs de guerre et de plus a subit l’ingérence des pays voisins comme le Pakistan (par l’intermédiaire de l’ISI sous la tutelle américaine ) … Donc, pour étudier objectivement le modèle de gouvernance en Afghanistan, important est de prendre en compte l’ensemble des éléments précédents de manière contextualisée géopolitiquement et particulièrement en termes d’intérêts économiques et stratégiques.
      Or, à présent, on a réduit ce régime à la Burqa, l’application de la Chaaria et les images des hommes en turban ne quittant pas leur AK-47 … Cette étude basée sur la peur a donné naissance au besoin d’action rapide, cette dernière prend sa vitesse au détriment des questionnements profondément légitimes à savoir l’existence de corrélations entre les dirigeants politiques ayant mené la guerre contre les talibans et la constructions des pipelines au sud ouest de l’Afghanistan (voici le lien de la vidéo [5min]qui te permettras de comprendre cette corrélation http://www.dailymotion.com/video/xbox7a_l-afghanistan-un-business-americain_news#from=embed) …
      Pour conclure je te prose également de regarder l’intervention de Eric S. Margolis (http://www.dailymotion.com/video/x58o2a_la-face-cachee-de-la-guerre-contre_news) lors de l’émission CSOJ ou tu découvriras une autre lecture de la guerre contre les Talibans.

      Je ne justifie pas le prix de la stabilité mais j’essaye de le comprendre.

  4. dima dit :

    "Les afghans qui ont combattu contre l’insoumission ne vont certainement pas se résigner docilement devant la bonne volonté des Talibans si cela ne leur y pas éthiquement acceptable de part leur cadre de référence"

    Tu ne vas pas t’en tirer comme ça a sahbi :)

    Encore une fois, je ne suis pas sur que le peuple afghan veut etre gouverné/soumis par/aux talibans.

    "La démocratie est un concept et relatif et universel dont l’élaboration devra tenir compte des spécificités de chaque Etat-Nation."

    La démocratie est universelle et son entité est indivisile en termes de valeurs comme par exemple une Justice indépendante, juste, équitable et surtout tenant compte de la notion de l’humanisme…

    "Or, à présent, on a réduit ce régime à la Burqa, l’application de la Chaaria et les images des hommes en turban ne quittant pas leur AK-47 …"

    Il n’est pas réduit à quoi que ce soit : ses années de gouvernance et sa manière de gouverner parlent pour lui. Il est ce qu’il est : " (un) régime à la Burqa, l’application de la Chaaria et les images des hommes en turban ne quittant pas leur AK-47" en plus de la destruction de la culture afghane et surtout la place de la Femme afghane dans la socièté afghane.

    En fin de compte, je ne te dénie pas les enjeux géo-stratégiques mais force est de constater que les talibans sont à bannir.

    Merci pour les vids.

    PS: On n’est peut etre pas sur la meme longueur d’onde mais ce n’est pas grave. Chacune/chacun sa grille de lecture et d’interprétation des événements du monde qui nous entoure.

    • Madhome dit :

      D’abord bonjour à tous et félicitations à "eplume" pour ce travail de recherche et de reflexion, mais je voulais souligner le poids des arguments de "dima", c’est vraiment très approfondi comme point de vue, tellement profond que ça done le vertige!!!! C’est toujours pareil, d’un côté on a une personne qui développe son sujet et amènes et des arguments et des faits historiques, et de l’autre on a toujours du vide habillé de quelques slogans "démocratiques" et "humanistes", et le couplet sur … "La démocratie est universelle et son entité est indivisile en termes de valeurs comme par exemple une Justice indépendante, juste, équitable et surtout tenant compte de la notion de l’humanisme…" je me demande si c’est sérieux et si l’auteur comprends bien et croit en ce qu’il dit!??
      Avec tout le développement de "eplume", les commentaires de "dima" passent tout au plus pour de vulgaires "oui"…"non"…."peut-être"…..du lourd quoi!
      C’est déprimant de voir une personne d’une ignorance abyssale se mêler d’un sujet aussi sérieux!
      Désolé, si je me trompe à ton sujet, mais comme toi je juge juste du peu que j’ai vu. Mais contrairement aux talibans toi tu as pu t’exprimer et "expliquer ton point de vue"! Et si je me trompe sur toi alors démontre le en appuyant ta réflexion sur autre chose que je JT de PPDA, Bernard de la Villardière et consorts!
      Au revoir!

  5. Ben4007 dit :

    Une vidéo qui retrace les évènements cités dans l’article:

  6. Ben4007 dit :

    Aussi voici l’article de Jeremy R. Hammond paru le 29 novembre 2008
    sur la même question et la désinformation contenu dans un article du NYT.
    Source: http://www.foreignpolicyjournal.com/2008/11/29/new-york-times-misleads-on-taliban-role-in-opium-trade/view-all/

    New York Times Misleads on Taliban Role in Opium Trade
    by Jeremy R. Hammond
    November 29, 2008

    The New York Times reported this week that the Taliban have cut back on poppy cultivation and is stockpiling opium, grossly overstating the group’s role in the Afghanistan drug trade.

    “Afghanistan has produced so much opium in recent years,” the Times reported Thursday, “that the Taliban are cutting poppy cultivation and stockpiling raw opium in an effort to support prices and preserve a major source of financing for the insurgency, Antonio Maria Costa, the executive director of the United Nations drug office, says.”

    Mr. Costa’s remarks came last week as the United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC) prepared to release its Afghan Opium Survey 2008 report, the executive summary of which has already been available for some time. The now released report shows that poppy cultivation was reduced in much of Afghanistan and is even more highly concentrated in the south, with Helmand province being by far the biggest producer.

    The Times states that the Taliban “have for several years ‘systematically encouraged’ opium cultivation as a way to finance their insurgency, the study said.” It notes that the UNODC has estimated that “the insurgents made as much as $300 million from the opium trade” last year.

    “But after three years of bumper crops, including this one,” the Times continues, “the Taliban have succeeded almost too well, producing opium in amounts far in excess of world demand.”

    Despite production far exceeding global demand, prices for the drug have not fallen as much as might be expected based solely on the supply and demand principle of the market. One explanation that has been put forward is that opium is being stockpiled.

    According to the Times‘ summary of Mr. Costa’s remarks, “The fact that prices had not collapsed already, he said, was evidence that the Taliban, drug lords and even some farmers have stockpiled the opium, more and more of which is also being processed in Afghanistan. ‘Insurgents have been holding significant amounts of opium,’ Mr. Costa said.”

    In addition, “This year, the Taliban are taking a ‘passive stance’ toward cultivation, apparently putting less pressure on Afghan farmers to plant opium poppy. ‘They have called a moratorium of sorts as a way of keeping the stocks stable and supporting the price,’ Mr. Costa said.”

    The Times thus acknowledges the role of non-Taliban actors, the “drug lords and even some farmers”, but nevertheless downplays their role and characterizes the cultivation of poppies and production of opium as being predominantly controlled by the Taliban. But this is not an accurate representation of the facts on the ground, as the findings of the UNODC report itself makes clear.

    While the Times suggests the amount of opium produced is under the direct influence of the Taliban, in fact the decision to cultivate or not is made by individual farmers.

    While the Times suggests the Taliban have “systematically encouraged”, citing the UNODC study, those words in fact do not appear in the report. Nor does it make any similar claim.

    As part of the survey, the UNODC asked farmers their reasons for growing or not growing the crop. Most farmers who have never chosen to cultivate poppies cited as their reasons that it was against Islam and otherwise illegal. Of those who did cultivate poppies this year, 92 percent cited poverty alleviation as the driving motivation. Importantly, of those who had grown in the past, but stopped, the government ban was cited as the predominate reason for doing so. The second most common answer was that the choice was based on decisions of the shura and elders.

    The two main reasons given in the report for the reduction in the amount of land used for opium cultivation are “successful counter-narcotics efforts in the northern and eastern provinces of Afghanistan” and “unfavourable weather conditions that caused extreme drought and crop failures in some provinces”, mostly in northern Afghanistan, where the Taliban have little or no presence.

    Still other factors were the reduction in farm-gate prices for opium, which, coupled with the drought in the north, led farmers to switch to alternative crops. One such alternative crop has increasingly become cannabis. “Farmers growing cannabis,” the UNODC report notes, “may earn the same net income per hectare as farmers who grow opium, or even more, because cultivating cannabis is less labour intensive than opium.”

    Furthermore, poppies grown in the south have a higher opium yield than in the north, so another factor in the trend seen this year is simply the result of market conditions. With supply far exceeding demand, driving down farm-gate prices, coupled with drought and lucrative, lower-labor alternatives, it is only natural, whatever other factors are at work, that the cultivation has lessened in the north and east and increased in the south, where the crop produces a higher yield.

    Instructively, while the amount of land used to cultivate opium decreased in 2008 by 19 percent, the estimated opium production was still only down 6 percent from last year due to the higher overall yield.

    Contrary to what the New York Times suggests, the UNODC report gives no indication that the reason cultivation was cut back had anything whatsoever to do with any kind of direction or control over the crop by the Taliban.

    The implications that the Taliban group itself grows the crop and is involved in trafficking are also misleading. According to the UNODC, the Taliban’s profits from the trade come principally from ushr, a 10 percent tax on all agricultural crops, and from offering protection for traffickers involved in moving the opium.

    David Mansfield is an independent consultant who has advised governments and organizations such as the World Bank on policy and issues relating to the Afghan opium trade. Mr. Mansfield told Foreign Policy Journal, “Ushr is charged on all agricultural produce and traditionally goes to the mullah for his services to the community. There are reports that this is being absorbed by ‘the Taliban’ – which is not a monlith.” He added that another situation which occurs is half the tax going to the mullah and the other 5 percent to the Taliban.

    Thomas Pietschmann, a research officer with the UNODC Statistics and Surveys Section who is credited in the 2008 report, told the Journal that an estimated $50-70 million is made by warlords and Taliban from the farmers. An additional $200-400 million is made from the traffickers. But, he explained, “We do not have any good idea of how this income is divided up between warlords and Taliban.”

    Mr. Pietschmann also confirmed to the Journal that, while they did profit from ushr and from offering security, “We also have not seen strong indications of much direct exporting of opiates by the Taliban.”

    In commentary attached to the UNODC report, Mr. Costa asks, “Who collects this money? Local strong men. In other words, by year end, war-lords, drug-lords and insurgents will have extracted almost half a billion dollars of tax revenue from drug farming, production and trafficking.”

    Notably, Mr. Costa does not answer his question with “the Taliban”, but includes a much broader range of participants who profit from the trade that includes, but is in no way limited to, the Taliban.

    When Mr. Costa told reporters, “They have called a moratorium of sorts as a way of keeping the stocks stable and supporting the price”, the Times reported that “They” meant “the Taliban”. But it seems more probable the UNODC Executive Director intended his use of the pronoun to include other groups as well. In fact, the word “Taliban” does not appear in the report outside of Mr. Costa’s comments. The report refers instead more broadly to “anti-government elements” or AGEs.

    The Times actually underreports the total estimated amount made by such elements as being $300 million, as opposed to nearly $500 million. But it attributes these profits to “the insurgents” – which it uses nearly synonymously with “the Taliban” – rather than differentiating between warlords, drug lords, and other insurgent groups besides the Taliban. As Mr. Pietschmann told the Journal, the UNODC did not estimate how much of that half million dollars is specifically going to the Taliban.

    There are a number of other important facts to consider that the Times does not share with its readers. The total export value of opium and its derivatives (morphine and heroin) this year was estimated by the UNODC to be $3.4 billion. Therefore a logical corollary of the Times’ own account is that the majority of profits from the opium trade are going to non-insurgents.

    It should be noted that this conclusion, too, may be inaccurate, as there are simply too many unknowns. But what is clear is that the Taliban, while profiting from the opium trade, do not control it.

    The Times misleads on other counts, as well. The UNODC does suggest that opium is being stockpiled as one possible explanation for why costs haven’t dropped in direct correlation with the vast over-supply. Mr. Costa has said that “Lack of price response in the opium market can only be the result of stock build-ups, and all evidence points to the Taliban.” But Mr. Costa himself appears to be politicizing the report’s actual findings with this remark. The market price of opium against the estimated supply does suggest stocks are being withheld, and the Taliban does profit from the trade. But there appears to be only this circumstantial evidence that the Taliban is responsible for the theoretical stockpiling; and even if we assume that stockpiling is indeed taking place, there are also non-Taliban warlords and drug lords who may be responsible.

    Mr. Pietschmann, in his comments to the Journal, presented the notion of stockpiling by Taliban as merely a possibility. While there aren’t strong indications of direct exporting by the Taliban, “They may, however, hold some of the stocks in Afghanistan and Pakistan and/or ‘protect’ those holding the stocks as well as ‘protect’ the laboratories and some of the convoys.”

    Indeed, Mr. Costa’s own commentary in the UNODC report contains numerous caveats, such as “If the Taliban are holding major drug stockpiles…” (emphasis added), suggesting this is only a possibility, not a certainty.

    This is a point Mr. Mansfield emphasized in comments to the Journal. With regard to the suggestion that opium is being stockpiled, he said, “This assumption is based on an estimate of global demand of 4,000 metric tons, but is that estimate accurate? Does it adequately reflect use in what are thought to be growing consumer markets such as China and India? It is of course also based on an assessment of Afghan yields, but how accurate are these? The US would seem to systematically estimate lower yields compared with UNODC, to the equivalent of around 2000 metric tons of opium this year. Is some of the ‘surplus’ which UNODC suggests is stockpiled actually a problem of estimates of supply and demand? How much?”

    He confirmed that withholding of opium takes place and that he has come across “some wealthier farmers who keep opium and speculate on whether the price will increase” but nevertheless characterized the notion of massive stockpiling to the amounts of “thousands of tons”, as suggested by the UNODC, as being an “assumption”.

    By overemphasizing the role of the Taliban, the Times serves to obfuscate the apparent role of local leaders and, more importantly, government and law enforcement officials in the drug trade.

    Mr. Mansfield acknowledged to the Journal, with regard to corruption within the Afghan government and police force, that “some raise the question as to who makes more money from the opium economy – AGE or corrupt government officials.”

    Mr. Pietschmann also acknowledged that “Corruption is indeed a problem and there are indications that it may go to rather high levels.” He added, “It is, however, difficult to estimate to what extent the trade is controlled by major players within the government. We do not have any indications that the bulk is being controlled by some of these individuals. There seems to be more of a problem with parliament where drug lords have strong influence over individuals and/or are even personally involved.

    “A UNODC study done in 2006 concluded that there may be 35 major criminal groups in Afghanistan, of which 15 are located in southern Afghanistan (Helmand/Kandahar) controlling much of the business. None of them had its criminal head in government. But they seem to influence politics, including who gets the job as police chief at the regional level.”

    And while much of the U.S.-led effort to combat the trade in Afghanistan has involved eradication of poppy fields, most experts seem to concur, including in reports from both the UNODC and the World Bank, that at best eradication has had only very limited success and is at worst counterproductive because it targets the farmers, most of whom grow the crop only in an effort to alleviate poverty, rather than the big players who control the actual trade in the drug.

    Mr. Pietschmann observed, “Our Executive Director has repeatedly made the point that there is a need to target corruption as well as the drug markets, drug convoys and the laboratories, and not the farmers.”

    And yet U.S. policy on counter-narcotics in Afghanistan seems to focus largely, if not predominantly, upon eradication. This may actually help increase the profit margin of the major players, and may actually be used by warlords and drug lords with strong influence in the government either at the state or local level to target competitors in the trade.

    A research policy paper for the World Bank by William A. Byrd, for instance, notes that eradication helps drive up the “risk premium”, thereby driving up farm-gate prices and helping to cause “greater extortion of ‘protection money’ from farmers by various authorities.”

    The World Bank report also noted “where sharp reductions in cultivation were achieved, physical eradication accounted for only a very small proportion of the decrease in cultivated area.”

    It also states that “most of the limited physical eradication of poppy crops that has occurred has been under the leadership of provincial Governors. There are serious concerns however that due to the close ties between many local officials and drug interests, Governor-led eradication is especially vulnerable to corruption in implementation.”

    The paper adds that “such corruption tends to result in eradication disproportionately affecting the poor, who lack political connections or resources to pay bribes to avoid eradication.” Moreover, “eradication can exacerbate poverty” among poor farmers and their families, whom are mostly targeted.

    Similarly, a UNODC Assessment of Organized Crime in Central Asia noted that “The leaders themselves usually belong to the leading clans and occupy positions of high status in a family. In addition, the leaders are usually well connected to the apparatus of government power, whether in the political leadership or local administration.”

    The assessment also notes that while there is often cooperation amongst criminal groups or organizations, there is also a great deal of competition, and that “What is perhaps most interesting here is the degree to which state actors are often involved. This can be illustrated through examining government crackdowns on competing clans. It is highly probable that at least some of the crackdowns on organized crime by government and law-enforcement agencies are carefully targeted against rival clans, while criminal organizations that are linked to the dominant clan obtain ‘preferential impunity’ and are able to continue to accumulate wealth from their criminal activities.”

    And there’s an even bigger picture to consider with regard to the Afghan opium trade. The UNODC report estimates farm-gate prices and the export value of the opium, and also notes that rates of seizure of the drug indicate that it is going to Pakistan, Iran, and Turkey. Some of this opium is “exported by sea or by air,” Mr. Pietschmann told the Journal. ”Direct exports from Pakistan go to the UK. The UK estimates that 20-25% comes directly from Pakistan and 75% comes via the Balkan routes and the Netherlands into the UK.”

    But, he said, from Afghanistan, “Most of these opiates then go to Iran,” which he confirmed “is a major transit country.” He added, “Most is then trafficked from Iran to Turkey.”

    Once the opium has left Afghanistan its cost increases exponentially, which is where the real profits are made. For example a Development Research Group report for the World Bank by Peter Reuter noted that “the principal costs … are associated with distribution rather than production.” In 2000, “A pure kilogram of heroin produced in Afghanistan for less than $1,000, was exported from Turkey for $10,000, and by the time it reached consumers in Western Europe it was priced at $175,000.”

    The World Bank report noted that “The cost of production, as opposed to distribution, is a trivial share of the final price.”

    Mr. Pietschmann made a similar observation in response to inquiries from Foreign Policy Journal. “We have not as yet done the global calculations for 2008,” he replied, “but it is quite clear that the overwhelming profits out of opiates produced in Afghanistan are made outside Afghanistan,” such as “in the transit countries to Europe and even more so, within Europe.”

    The role of the Taliban in the opium trade is often greatly exaggerated by the U.S. corporate media. But even if one was to accept accounts like those the New York Times gives of the Taliban’s role, it nevertheless still remains self-evident that the Taliban’s cut is “trivial” if one considers the bigger picture.

    That is not to say the profits gained by the Taliban and other insurgent groups are not significant. As Mr. Costa notes in the UNODC report, given an estimate of nearly $500 million going to insurgents, it is not surprising that “the insurgents’ war machine has proven so resilient”.

    While acknowledging that “the Taliban will only receive a rather small fraction of the overall Afghan income from the opiate trade”, Mr. Pietschmann also emphasized, “But even the ‘little money’ of let’s say US$150-200 million is a lot for financing insurgency activities. Our information is that Taliban fighters earn several times more than people in the Afghan army.”

    The question still remains of who is really responsible for the lion’s share of the highly profitable Afghan opium trade. Mr. Pietschmann suggested a role of Kurdish groups in trafficking the drug from Iran into Turkey.

    In Turkey, some have suggested the existence of a shadow government, or what is termed the “deep state”, that really controls things behind the scenes. Even a former president and seven-time prime minister of Turkey, Suleyman Demirel, has said, “It is fundamental principle that there is one state. In our country there are two.” He added, “There is one deep state and one other state. The state that should be real is the spare one, the one that should be spare is the real one.”

    Writing in the Washington Report on Middle East Affairs, John Gorvett, a free-lanced journalist based in Istanbul, said: “Defining the ‘deep state’ is not so easy, however. Some argue that it is a hangover from the Cold War, when Western powers sought to establish a network of armed groups that would stay behind in countries that might have fallen to the Soviet bloc. While these groups were then abolished in most countries when the Soviet Union collapsed, the theory is that in Turkey this never happened. Instead, the group continues to operate, an unofficial underground army tied to organized crime and a bevy of corrupt politicians, police and bureaucrats.”

    In one case, a heroin trafficker on Interpol’s wanted list named Abdullah Catli died in a car accident in 1996 near the town of Susurluk and was found carrying a diplomatic passport signed by the Interior Minister of Turkey. Writing in Druglink Magazine in 2006, journalist and television producer Adrian Gatton commented, “The Susurluk Incident became Turkey’s Watergate, exposing the deep links between the Turkish state, terrorists and drug traffickers. It revealed what Turks call the Gizli Devlet, or Deep State – the politicians, military officers and intelligence officials who worked with drug bosses to move drugs from Afghanistan into Europe.”

    That corruption extends to the United States, according to former FBI translator Sibel Edmonds. According to Ms. Edmonds, U.S. officials were involved in helping foreign intelligence agents acquire sensitive nuclear secrets. She also says she was approached by a mole within the FBI who attempted to recruit her. The woman who approached her was a member of the American Turkish Council, which was the target of an FBI investigation because it was suspected of being involved in, among other things, drug trafficking. When she went to her superiors with concerns over possible misconduct and espionage within the FBI, she was fired. The Department of Justice then gagged her under the “state secrets privilege”.

    Ms. Edmonds later formed the National Security Whistleblowers Coalition, which includes as a member Daniel Ellsberg, the former special assistant to the Secretary of Defense who leaked the Pentagon Papers. Mr. Ellsberg has said, with regard to Ms. Edmonds, “Al Qaeda, she’s been saying to congress, … is financed 95% by drug money – drug traffic to which the US government shows a blind eye, has been ignoring, because it very heavily involves allies and assets of ours – such as Turkey, Kyrgyzstan, Tajikistan, Pakistan, Afghanistan – all the ‘Stans – in a drug traffic where the opium originates in Afghanistan, is processed in Turkey, and delivered to Europe where it furnishes 96% of Europe’s heroin”.

    If such allegations are correct – and Ms. Edmonds is not alone in making them – then it might perhaps explain why the U.S. government is so keen on solely blaming the Taliban for the production of opium in Afghanistan and the lucrative drug trade.

    And, as the reporting during the run-up to the Iraq war amply demonstrated, the U.S. mainstream media – not the least of which includes the New York Times – is only too willing to parrot government propaganda while failing to question the official line or critically examine key issues.

    Peter Dale Scott contributed research to this report.

  7. Pahlavi dit :

    أفغانستان: انتاج الأفيون برعاية «الأطلسي»

    لم يبحث المجتمعون في برلين حول أفغانستان ظاهرة انتشار زراعة الأفيون في ظل وجود القوات الأجنبية، على الرغم من أن حبر تقرير مكتب الأمم المتحدة لمكافحة الجريمة والمخدرات بهذا الشأن لم يجفّ بعد

    برلين | استضافت العاصمة الألمانية برلين الثلاثاء الماضي مؤتمر مجموعة الاتصال الدولية من أجل أفغانستان، للمرة الأولى منذ أربع سنوات، حيث تركز البحث على كيفية دعم الحكومة الأفغانية بعد الموعد المقرر لانسحاب قوات الحلفاء منها في العام 2014 والمهام التي ستناط ببعض الوحدات العسكرية الأجنبية التي ستبقى في أفغانستان إلى ما بعد ذلك التاريخ.
    وفي هذه المناسبة، دعا وزير الخارجية الألماني، غيدو فيسترفيله، ضيفه الرئيس الأفغاني حميد قرضاي، إلى الاضطلاع بدوره وبذل المزيد من الجهود لمكافحة الفساد والالتزام بحقوق المرأة والأقليات وإجراء انتخابات نزيهة وشفافة العام المقبل.
    لكن المجتمعين في برلين لم يبحثوا ظاهرة انتشار زراعة الأفيون في أفغانستان في ظل القوات الأجنبية في البلاد، على الرغم من أن تقريراً صدر الشهر الماضي عن مكتب الأمم المتحدة لمكافحة الجريمة والمخدرات يشير بوضوح إلى أن إنتاج الأفيون في أفغانستان سيحقق هذا العام رقماً قياسياً جديداً للسنة الثالثة على التوالي، حيث ستصل نسبة انتاجه إلى 90 في المئة من حجم الانتاج العالمي، بعدما كانت النسبة العام الماضي 75 في المئة.
    يحدث كل ذلك تحت أنظار قوات التحالف في أفغانستان، وخاصة جنوب البلاد في إقليم هلمند وقندهار، إذ يتهم الصحافي الأفغاني عمران فيروز، قوات التحالف بالتشجيع على زراعة الأفيون والمشاركة في تهريبه، مستنداً إلى تقارير نشرتها صحيفة «الإندبندنت» البريطانية قبل عدة أعوام تحدثت عن العثور على أكثر من طن من الكوكايين في إحدى طائرات وكالة الاستخبارات الأميركية التي تحطمت في نيكاراغوا عام 2004.
    ويعتبر فيروز أن ما تفعله وكالة الاستخبارات الأميركية في أميركا الجنوبية تقوم به أيضاً في افغانستان بهدف تمويل العديد من عملياتها عبر تهريب المخدرات والاتجار بها. ويذكّر فيروز بأن حركة طالبان نجحت في العام 2000 في محاربة زراعة الأفيون وتمكنت من تقليص حصة الأفيون الأفغاني من حجم الانتاج العالمي إلى أقل من عشرة في المئة، بعدما أعلن الملا عمر الحرب على هذه الزراعة في حينه باعتبارها معارضة للديانة الإسلامية، لتعود إلى الازدهار في العام التالي أي بعد دخول الحلفاء إلى البلاد وطرد جماعات طالبان.
    وأكدت تقارير سابقة لمكتب الأمم المتحدة لمكافحة الجريمة والمخدرات أن زراعة الأفيون في أفغانستان ارتفعت في العام 2002 بعد عام من الغزو الأميركي بنسبة 65 في المئة مقارنة مع ما كانت عليه في ظل حكومة طالبان عام 2001. ويعتبر الصحافي الأفغاني أن الأمر لا يثير الاستغراب إذا ما عرفنا أن عائلة الرئيس الأفغاني قرضاي هي من يتحكم بتجارة الأفيون في البلاد فقد كان أخو الرئيس أحمد والي قرضاي، المعروف بعلاقاته مع وكالة الاستخبارات الأميركية يدير ملف تجارة الأفيون قبل مصرعة في هجوم عام 2011 ومن ثم حل أخوه قيوم مكانه بعد ذلك.
    من جهتها، نقلت «الغارديان» عن مدير مكتب الأمم المتحدة لمكافحة الجريمة والمخدرات في أفغانستان، جان لوك لومايو، قوله «إن المواطنين الأفغان يسعون لتأمين مستقبل أفضل لهم ولعائلاتهم عبر هذه الزراعة خاصة وان الأوضاع الاقتصادية مزرية، كما تراجع حجم مساعدات التنمية الدولية، من دون أن ننسى طبعاً المخاوف من اندلاع حرب أهلية بعد انسحاب قوات التحالف وما يعنيه هذا الانسحاب من تراجع موارد الكثيرين ممن يعملون مع هذه القوات أو يستفيدون مادياً من وجودها».
    ويشير لومايو إلى أنه في ظل التسهيلات التي يوفرها تجار الأفيون للمزارعين تصبح هذه الزراعة مغرية، فالتجار يتكفلون بسعر البذار والأسمدة ويدفعون ثمن المحصول مقدماً، كما يسمحون للمزارعين بإرجاع هذه المبالغ بالتقسيط المريح إذا ما اتلفت السلطات المحصول.
    ولكن السلطات الغارقة في الفساد ليست في هذا الوارد، فنصف عائدات الأفيون تذهب إلى جيوب كبار موظفي الدولة وعصابات التهريب، وحتى إلى حركة طالبان التي عادت لغض الطرف عن هذه الزراعة مقابل الحصول على حصة من الأرباح بعد نضوب مواردها المادية.
    ويقدر خبراء من الأمم المتحدة وأفغانستان أن حركة طالبان وحدها تجني سنويا زهاء 75 مليون دولار من تجارة الأفيون. أما التقرير الدولي فيقدّر أن صادرات الأفيون الأفغاني بلغت أكثر من 5800 طن في العام 2011 بينما وصل حجم العائدات العام الفائت إلى أكثر من مليارين ونصف المليار دولار. وهذا يعني أن أرباحاً تفوق أضعاف هذا المبلغ تم تحقيقها في الأسواق العالمية بعد تحويل الأفيون إلى هيرويين، الذي يفوق سعره ثلاثة أضعاف سعر الذهب.
    ويشير التقرير إلى عدد من الأسباب التي تشجع على انتشار هذه الزراعة أهمها قلة حجم الأراضي الزراعية والتي تقدر بستة في المئة من مساحة الدولة ومعظم هذه الأراضي غير مروي بشكل جيد. ويضاف إلى ذلك اتجاه أكثر من ثمانين في المئة من السكان للعمل في الزراعة مع غياب الدعم اللازم للمزارعين لاعتماد زراعات بديلة. انسرت:
    عائلة الرئيس الأفغاني هي من يتحكم بتجارة الأفيون في البلاد

    محمد إبراهيم
    العدد ٢٠٠٥ الجمعة ١٧ أيار ٢٠١٣

    http://al-akhbar.com/node/183226

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