Hicham Ben Abdellah El Alaoui désapprouve Mawazine

Les intellectuels arabes entre Etats et intégrisme

Festivals à foison

La segmentation de la culture arabe a notamment pour corollaire sa « festivalisation ». Cette démarche commerciale illustre l’engouement des élites culturelles pour les œuvres marquées du sceau de l’« identité arabe » — nécessairement laïque, moderne et acquise à l’Occident. Mais ce nouvel orientalisme n’est pas seulement une mode occidentale. Nombre d’entrepreneurs arabes s’en sont emparés avec enthousiasme, ajoutant à la prolifération des festivals et des événements consacrés à l’art « arabo-musulman » (traditionnel ou contemporain). Avec l’espoir de conquérir de nouveaux marchés et de satisfaire les goûts des classes moyennes occidentalisées du Maghreb et du Proche-Orient.

Cette vision exotique de la culture locale témoigne également du désengagement des Etats arabes, qui ont privatisé l’art au même titre que leurs économies, mais sans renoncer à leurs prérogatives de contrôle. Les budgets alloués à la culture ont été réduits ou en partie réaffectés à la promotion du tourisme, ce qui n’est pas illogique : le ministère du tourisme s’associe volontiers au financement des festivals, dont l’intérêt consiste à valoriser à l’étranger l’image moderne, accueillante et festive du pays concerné. On ne s’étonnera pas que ces journées de gala comptent parmi leurs sponsors des banques, des chaînes hôtelières, des compagnies aériennes, des groupes de médias et des fondations du Golfe.

Des festivals comme celui de Baalbek (Liban) ou ceux de Mawazine et de Fès (Maroc) portent le phénomène à son comble.  Ils ne fournissent pas seulement un prétexte à pique-niquer : ils drainent sur plusieurs jours un vaste public venu du monde entier, essentiellement de l’Europe et des pays arabes. Mais les talents musicaux et artistiques qui s’y produisent n’ont qu’un rapport éloigné avec les pratiques culturelles locales. Ainsi, le festival de Fès consacré aux « musiques sacrées du monde » promeut certes la tolérance, mais avec des effets limités du fait du caractère très officiel de sa « chorégraphie ». Par leur contenu même, ces manifestations restent imperméables à la sensibilité de la population locale. Une fois la liesse retombée, le quotidien reprend le dessus sans que soit allégé le contrôle des régimes sur la société.

Août  2010 | Hicham Ben Abdellah El Alaoui |  Le Monde Diplomatique

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15 commentaires pour Hicham Ben Abdellah El Alaoui désapprouve Mawazine

  1. hmida dit :

    Déciment, Hicham Ben Abdellah El Aloui m’étonnera toujours.

    Beau dandy, grand parleur et petit faiseur, il aime se placer en porte-à-faux avec un certain Maroc !

    Je n’arrive pas à le placer dans l’échiquier marocain: prince rouge vraiment ou simple aristocrate blasé, militant engagé ou milliardaire (disons multimillionnaire) aux idées larges, marocain empreint de culture américain ou marocain pétri de culture moyenne-orientale!

    Qui est-il? Que veut-il?

    En tous cas, cet homme m’intrigue et ses positions sur tout ce qui touche le Maroc m’intriguent encore plus!

    Mais, il s’est lui-même déclaré « autonome »! Soit!

  2. FL dit :

    Une assertion étonnante dans cette prise de position : « Mais les talents musicaux et artistiques qui s’y produisent n’ont qu’un rapport éloigné avec les pratiques culturelles locales »! Sauf votre respect, devrait-on se limiter à l’avenir à des festivals d’artistes locaux? Un peu navrant tout de même.

  3. dima dit :

    L’artiste censuré Bziz (Ahmed Snoussi) et Mawazine

    « (…)
    L’un de ces artistes, peut-être l’humoriste
    marocain le plus connu à l’intérieur comme à
    l’extérieur du Maroc
    , est Ahmed Snoussi,
    « Bziz ». Après avoir déclaré à la chaine de
    télévision qatariote qu’il était contre cet
    événement, « Bziz » revient à la charge et
    nous explique le pourquoi.
    (…) »

    http://www.demainonline.com/?p=2349

  4. zaina dit :

    Depuis sa création en 2001, ce festival a toujours offert une programmation artistique de grande qualité et a permis d’appréhender les cultures du monde à travers des spectacles diversifiés venus de tous horizons.
    Ce Festival est une plateforme importante pour des centaines d’artistes Marocains qui n’auraient jamais eu la chance se de produire dans un festival aussi prestigieux et en plus dans leur pays.
    Maroc Cultures est une association qui n’a pas pour mission, et encore moins la prétention, de se substituer à la politique culturelle du pays. Nous faisons un festival, fondé sur l’accessibilité à tous. Nous essayons de concilier qualité et popularité des concerts, en proposant un festival à forte dimension citoyenne. Ainsi, les 2 % qui achètent des billets et des pass permettent à 98 % d’assister à des concerts de têtes d’affiches mondiales sans débourser un dirham. De plus, la formation est au centre de nos préoccupations : des artistes animent des ateliers et partagent leur savoir-faire avec un public d’élèves de conservatoires et de jeunes musiciens. Nous avons également initié Génération Mawazine pour permettre l’émergence de jeunes talents. Nous produisons également des spectacles inédits : ce qu’on appelle des « créations ». Deux d’entre elles méritent l’attention cette année. Une création autour du répertoire de Nass El Ghiwane et une autre avec Quincy Jones et le producteur marocain RedOne autour de l’espoir. Cette dernière création, une chanson doublée d’un clip, rassemble des artistes de tous les pays arabes. Elle est conçue dans le même esprit que le fameux « We are the world » (1985), mais cette fois pour le monde arabe. Les recettes de ce projet iront à des associations de protection des enfants dans les pays arabes et les associations marocaines sont concernées au premier chef.

  5. dima dit :

    Les diplomes chomeurs, en pleine détresse socio-économique, ont scandé
    et manifesté sur la scéne de Mawazine.

    Via le blog http://allal-cinemagoer.blogspot.com/2011/04/lady-gaga-and-shakira-are-in-danger-if.html

  6. dima dit :

    (…)
    Mais lorsqu’il s’agit de volonté royale, on ne s’embarrasse pas de la dépense.

    «Pour un concert de Sting en tournée, il faut compter au moins 500.000 euros, 450.000 euros pour Elton John, entre 250.000 et 350.000 euros pour Carlos Santana, 200.000 euros pour Mika et 120.000 euros pour BB King et Julio Iglesias. En tout, ce plateau de stars coûterait théoriquement plus de 2 millions d’euros, soit déjà plus de la moitié du budget annoncé. Ce n’est pas tout. A ce montant, il faut ajouter la centaine d’artistes programmés qui perçoivent en majorité, toujours selon les estimations des professionnels de l’événementiel, un peu moins de 20.000 euros chacun. Bref, rien qu’avec les cachets, Mawazine dépasserait de loin son budget officiel», rapporte TelQuel.
    (…)

    Par Ali Amar
    http://voxmaroc.blog.lemonde.fr/2011/04/23/faut-il-boycotter-le-festival-mawazine/

  7. atlass maroc dit :

    mawazine ramener des stars internationales dont les Marocains n’ont jamais pu rêver
    Le succès du festival est lié aux choix à la fois des thèmes, des programmes et des musiciens ce qui l’inscrit dans la cour des grands.
    Nous avons, depuis quelques années, hissé l’exigence, en termes de qualité à un niveau très supérieur. Mawazine est actuellement un festival international digne de ce nom, fédérateur des peuples et de leurs cultures, ouvert aux continents et musiques du monde.
    Avec Mawazine, la capitale renforce sa vocation fédératrice de talents, d’hommes et de femmes venus de tous les horizons, elle est l’emblème de la culture, de la liberté, de la tolérance et de la fraternité.
    et L’apport financier de l’état est égal à 5% du budget global du Festival : expliquer que Mawazine est financé par les sponsors et les rentrées de billets .

  8. dima dit :

    « Nous avons, depuis quelques années, hissé l’exigence, en termes de qualité à un niveau très supérieur. »

    Attention à la chute !

  9. dima dit :

    Comment la face sombre du festival Mawazine est arrivée
    aux tribunaux américains ?

    Quel est ce festival de musique dont les managers se permettraient
    d’exiger ces montants auprès d’une personnalité aussi influente
    qu’Al Suwaidi qui est aussi membre du comité exécutif de l’émirat
    d’Abou Dhabi, président du secteur financier, membre du conseil
    supérieur du pétrole, de l’office d’Abou Dhabi pour l’investissement,
    de l’établissement des communications, de la société d’investissements internationaux, de l’office de l’eau et l’électricité et d’autres organes.

    http://www.demainonline.com/?p=4016

  10. dima dit :

    Dédicace spéciale pour Zak, un ami rajaoui très porté sur « le verbe » ayant
    « ramé » jusqu’aux rives du Bosphore pour pouvoir lire un brulot interdit de
    publication et de vente à Guercif.

    Des lionceaux engagés d’ aujourd’hui, demain des citoyens à part entière
    de notre Maroc, artistes « locaux » happés par l’air de la contestation citoyenne
    et pacifique, déclinent leur point de vue vis à vis de Mawazine :

    أغنية ضد مهرجان موازين : مغرب السخافات

    http://lakome.com/videos/77-featured/4771-2011-05-16-00-18-41.html

  11. med dit :

    Détrompez vous, le Maghrib est un pays à culture séculaire et diversifiée. Tel il a été, tel il restera. C’est intrinsèquement lié à sa mémoire collective. Melting pot ou creuset, selon la convenance, cette portion de terre est bénis. Juif convertis ou non, chrétiens, musulmans venus du Machreq toute catégorie confondues (chîtes, sunnites, mutazilites, khawarij…..)……constituent le substrat de cet îlot, qu’est le Maroc. Je vous renvois à la revue Zamane pour plus de détails historiques. Ce pays souverain, dans ce cadre, le droit d’organiser les manifestations qu’il voudrait. Chacun est libre d’y aller ou pas. D’ailleurs, une chose qui est particuliers à ce beau pays et que j’apprécie. Un masjid ici, à quelque centaines de mètre on trouve un bar. Vous irez là où votre cœur choisi. Chacun sa destinée…..
    Enfin, je constate qu’à chaque fois on fait référence à tel quel, comme si c’est la bible. Loin de là. Elle ne reflète que l’avis d’une catégorie de personnes, qui non pas le monopole des cœurs des Marocains. Elle ne traduit qui sa ligne éditoriale dictée par je ne sais pas qui et pour quelle raison…… Ce n’est pas une source digne de foi….

  12. dima dit :

    « Ce qu’il convient d’appeler l’affaire Taqa revient hanter les hommes
    d’affaires du roi et le festival Mawazine. Le site Maghreb Confidentiel
    révèle l’existence d’une lettre envoyé par l’ex-patron de la société
    émiratie « Taqa » dénonçant les agissements de Hassan Bouhemou,
    PDG de la Holding royal SNI-ONA, envoyée à la très puissante
    commission de contrôle des activités boursières SEC
    (Securities and Exchange Commission).
     »

    http://fr.lakome.com/politique/42-actualites-politique/432-lex-patron-de-taqa-accuse-hassan-bouhemou.html

  13. dima dit :

    La France aurait demandé au Maroc d’annuler Mawazine

    « Ce festival dont le promoteur n’est autre que Mohamed Mounir
    Majidi, le secrétaire particulier du roi et l’une des personnalités
    les plus décriées dans les manifestations populaires organisées par
    le mouvement du 20 février
    , s’est transformé ces derniers
    mois en un catalyseur de tous les mécontentements.

    Son coût et les cachets millionnaires versés à des artistes
    internationaux qui y sont invités
    en ont fait une cible pour
    plusieurs ONGs, partis politiques et activistes de tout bord qui
    préféreraient que ces sommes soient utilisées ailleurs.
     »

    http://www.demainonline.com/?p=4260

  14. dima750 dit :

    .مدير مهرجان موازين يشتم أم محاوره #feb20 #mawazine

    http://24.mamfakinch.com/feb20-mawazine

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