Sous le règne de Mohamed VI, on torture encore et toujours…

Dernièrement, trois citoyens marocains ont été enlevés et ont  disparu à Nador. Leurs parents et l’association des droits de l’Homme ont contacté les autorités marocaines, la police et la gendarmerie, en vain. Ils n’ont pas eu de leurs nouvelles. La  progéniture est aux abonnés absents. Le citoyen Mortada a été enlevé et torturé. Jugé, emprisonné puis gracié par les hautes autorités marocaines. Son délit ? avoir créé une page Facebook en usurpant l’identité d’un prince marocain. Jugement, prison puis grâce : des étapes normales dans n’importe quel processus judiciaire, dirions nous. Mais la torture ? Pourquoi la torture ?
La nouvelle constitution, selon le discours du Chef de l’Etat marocain du 9 Mars 2011, comprendra parmi ses articles les recommandations de l’IER. Respect des droits de l’Homme, volet officiel constitutionnalisé.
Donc plus de torture ? Entre deux cours techniques et physiques, à l’école nationale de la Police, on espère que les futurs agents de l’ordre recevront un cours sur la culture des droits de l’Homme. Peut être bien que Oui, peut être bien que Non… Suite aux attentats du 16 Mai 2003, tous les prisonniers salafistes embastillés à Salé ou d’autres prisons marocaines ont été enlevés, torturés puis remis aux mains de la justice marocaine.
Encore de la torture… L’ère régnante est nouvelle depuis plus d’une décennie mais la « question » est encore « appliquée » aux citoyens marocains. Années de plomb ? Non, le nouveau règne de Mohamed VI. Témara, Fille marocaine, adulte et digne de ses parents, Derb Moulay Chérif et Agdz. La famille des oubliettes est nombreuse et les disparus torturés ne le sont pas moins. Donc, je disais que Témara est enceinte. Enceinte de tortionnaires. Je me suis toujours demandé comment ces tortionnaires pouvaient accomplir leurs sales besognes avec toute quiétude sans regrets, ni remords ou scrupules. Comment ils pouvaient aimer leurs enfants, une fois rentrés chez eux, le soir ? Interpellé et plein d’interrogations, je demeurais. Jusqu’à ce que je lise l’entretien suivant avec un  tortionnaire des années de Plomb, propos recueillis par Abdellatif El Azizi début Juin 2006, dans une maison isolée à la campagne. Le tortionnaire en retraite, pour se détendre, voulait écouter un disque d’Oum Kalthoum et réclamait de l’Alcool – du gros rouge, comme il avait l’habitude d’en boire avec ses collègues avant chaque séance de torture. Il commença à boire avant même que l’entretien ne débuta. Presque rageusement, il siffla deux grands verres, comme pour noyer ses dernières inhibitions. Entretien, paru dans le magazine TelQuel numéro 230, intitulé : « Dans la tête d’un tortionnaire« . Poignant, violent, choquant et cruel.


Ames sensibles s’abstenir de continuer la lecture
:


Comment êtes-vous devenu un tortionnaire ?
Attendez un peu ! On n’a pas encore commencé et vous me parlez déjà de torture !

D’accord. Vous étiez, à la base, un fonctionnaire de police ordinaire. Comment vous êtes-vous retrouvé dans un centre de détention réservé aux prisonniers politiques ?
Je suis entré en service au début des années 70. La période la plus “chaude” a commencé au milieu des années 70, et s’est terminée au début des années 90. Ce que vous appelez la torture, ce n’est pas moi qui l’ai choisie. C’est elle qui m’a  choisi.

Comment ça ?
Au début de ma carrière, j’étais un simple agent de police judiciaire, affecté à un commissariat d’arrondissement. Le responsable en chef d’un centre de détention pour prisonniers politiques, qui se trouvait dans la même ville, se plaignait souvent du manque d’effectifs. Les supérieurs lui ont demandé de faire le tour des commissariats pour recruter. Mon commissaire a jugé que j’avais la carrure qu’il  fallait. Comme il voyait aussi que les délinquants dont je m’occupais avouaient très vite, il m’a désigné. C’est comme ça que je me suis retrouvé à m’occuper des prisonniers politiques.

Y avait-il une formation à suivre, avant de “s’occuper” des prisonniers politiques ?
Non, nous étions choisis comme ça… Il fallait juste faire preuve de discipline et d’une fidélité à toute épreuve, être bien bâti physiquement et, surtout, ne pas avoir de mauvaises fréquentations. Une fois dans le bain, on apprenait vite.

Vous souvenez-vous de votre première séance de torture ?
[Il balaie la question d’un geste irrité]. Je vous ai dit qu’au début de ma carrière, à la PJ, j’avais souvent à traiter des délinquants, des voleurs, des violeurs d’enfants… Si vous appelez “torture” les baffes et les coups de pied que je leur donnais, eh bien non, je ne me souviens pas du tout de la première fois.

Et avec les prisonniers politiques, quelles étaient vos méthodes ?
On avait le droit d’utiliser toute une panoplie des mauvais traitements physiques : les coups de poing, le fouet sur la plante des pieds, la cigarette écrasée sur la peau, l’hélicoptère [NDLR : pratique consistant à attacher le supplicié à une hélice de ventilation accrochée au plafond, puis à le faire tourner], la bouteille enfoncée dans l’anus, les viols, l’étouffement à la serpillière imbibée d’urine ou d’éther, etc.
La plupart du temps, les détenus subissaient des séances de torture une à deux fois par jour [NDLR : cette fois, il lâche le mot “torture” sans tiquer. Tout au long de l’entretien, il l’emploiera, puis le récusera alternativement, sans logique particulière]. Souvent, on les interrogeait très tard dans la nuit. On les enfermait dans des cellules de quelques mètres carrés, sans lumière, sans toilettes et sans matelas. Seul un carton leur servait de lit. Les plus chanceux avaient droit à une couverture et pouvaient garder leurs vêtements. Un seau en fer leur servait de toilettes et on devait le vider deux fois par jour. Les suspects étaient contraints de garder les yeux bandés, même dans leur cellule. Les consignes étaient strictes : il fallait les empêcher de communiquer avec quiconque. Même nous, nous n’avions pas le droit de leur parler.

Y avait-il des techniques de torture adaptées à chaque cas ?
Non, pas vraiment. Par contre, il y avait une gradation dans l’intensité de la torture. Certains détenus craquaient au cours de la “mise en main”. C’est la première phase, celle où on se contente de gifler le prisonnier, de lui cracher à la figure, de l’insulter, de lui appuyer sur une plaie… C’était parfois suffisant pour qu’il devienne docile et fasse ce qu’on lui demande. Pour les durs à cuire, on passait très vite à la deuxième étape. Autrement dit la manière forte, avec toute une variété de moyens, certains simples, d’autres complexes : flagellation, hélicoptère, noyade dans un seau  d’excréments…

Vous fixait-on des limites à ne pas franchir ?
Oui, on nous confiait chaque détenu avec son dossier médical. Ce qui voulait dire qu’on devait faire attention. S’il était cardiaque, par exemple, il y avait beaucoup de techniques à éviter. S’il était asthmatique, il était hors de question de le faire passer au chiffon…

Quelles sont les méthodes que vous utilisiez le plus souvent ?
Le plus souvent, les détenus étaient maintenus debout, complètement nus, pieds et mains liés, des heures, voire des jours et des nuits durant, jusqu’à épuisement total. Ceux qui tombaient de fatigue subissaient des flagellations sur la plante des pieds.

Vous participiez aussi aux interrogatoires ?
Oui et non.

Comment ça ?
On ne nous demandait pas vraiment de faire parler les détenus… On était juste chargés de casser la résistance des gens qu’on nous confiait. On ne savait même pas de quoi ils étaient vraiment accusés. Mais parfois, quand un gradé venait jeter un coup d’œil, il nous mettait au parfum. Il nous demandait, par exemple, si le prisonnier avait parlé de telle ou telle personne, s’il avait désigné tel lieu… et surtout, s’il résistait encore.

Y avait-il des tortionnaires femmes ?
J’ai entendu dire qu’il y en avait dans d’autres centres. Personnellement, je n’ai jamais travaillé avec des femmes.

Ça ne vous préoccupait pas de savoir pourquoi ces gens étaient incarcérés ?
Si, quand même. Parfois, je me réveillais en pleine nuit, taraudé de questions sur tel ou tel détenu. Ça me travaillait tellement que je sortais de mon lit et que je  descendais le réveiller pour lui poser une ou deux questions [NDLR : la plupart des tortionnaires, dont notre homme, habitaient dans des logements de fonction mitoyens aux centres de torture]. Je crois que c’était nécessaire, pour obtenir des informations rapidement. Si on veut obtenir des aveux, on ne peut pas les demander avec le sourire. Mais quand on met la pression, les détenus peuvent aussi avouer n’importe quoi et même inventer des histoires dingues, pas du tout crédibles, juste pour que la torture s’arrête. Même ces résultats-là étaient satisfaisants pour notre hiérarchie, alors…

Mais s’ils revenaient sur leurs déclarations par la suite ?
Ils savaient très bien que ça ne faisait qu’aggraver leur cas…

Vous ne vous êtes jamais dit “c’est horrible ce que je fais, après tout, ces gens ne m’ont rien fait” ?
Si, souvent. Mais il faut savoir qu’à l’époque, nous étions tous convaincus que ces gens-là étaient dans l’erreur, qu’ils étaient à la solde de nos ennemis, qu’ils étaient montés contre nous par les Algériens qui rêvaient de voir le Maroc à feu et à sang… Nous n’avions pas d’autres moyens pour les empêcher de nuire à la nation. Et puis  c’étaient tous des msakhit el walidine [NDLR : maudits par leurs parents], qui n’obéissaient ni à leurs parents, ni à Dieu. Il fallait les punir.

Même au point de les torturer sauvagement ?
[
Geste agacé] Vous parlez tout le temps de torture ! Ce n’est pas aussi simple que ça… Parfois, on voulait juste avoir des informations, pour éviter qu’un évènement grave ne se produise. De toute façon, ces types-là faisaient tout pour nous énerver. Mille fois, on a insulté ma mère, on m’a traité de pédé ! Et puis il ne faut pas oublier qu’on avait des ordres. Ce n’était pas nous qui décidions, c’étaient les responsables qui nous donnaient l’ordre de secouer un peu durement les prisonniers…

C’est plus difficile de torturer une femme qu’un homme ?
Bien entendu.

Pourquoi ? Parce qu’elles sont physiquement plus faibles, plus fragiles ?
Je ne sais pas… Quand une femme détenue arrivait au centre, ça nous mettait vachement mal à l’aise. Même si pour certains, c’était l’occasion rêvée d’avoir des rapports sexuels à bon compte. Personnellement, j’avais des difficultés à jouer au macho devant des femmes qui montraient qu’elles étaient aussi courageuses que les hommes.

Qu’est-ce que vous voulez dire par “rapports sexuels à bon compte” ?
Non seulement on avait le droit de violer les femmes qui débarquaient dans le centre, mais en plus on nous encourageait à le faire de manière violente. L’humiliation sexuelle est l’une des armes les plus redoutables, pour faire craquer quelqu’un. Ça marchait aussi bien pour les femmes que pour les hommes.

Vous avez violé des hommes ?
Non, pas moi, jamais. Mais je me souviens d’un type, un gardien qui avait un sexe énorme. Il prenait son litre de rouge, et après ça, il n’avait aucune difficulté à violer les détenus. Ce gars-là nous faisait peur à nous aussi. Parfois, pour faire monter la pression, on obligeait les prisonniers à se violer entre eux. Faire violer un prisonnier par son ami le plus cher était une pratique courante.

Ce n’est pas crédible, ce que vous dites. Comment obliger quelqu’un à violer son ami ?
Par la torture, bien sûr… On obligeait des prisonniers à faire des fellations à leurs compagnons de cellule. C’était ça ou l’électricité.

L’électricité ?
Oui, on avait plusieurs manières d’utiliser le courant électrique. Parfois, on demandait au détenu de se lever. On lui expliquait que c’était terminé, qu’il pouvait aller se laver la figure. Dès qu’il touchait le robinet en métal, on actionnait la manette et il recevait une violente décharge électrique. D’autres fois, on plaçait des fils autour des testicules d’un détenu, et on lui envoyait des décharges avec une intensité progressive. Ou bien encore, le détenu était attaché tout nu, et on branchait des fils électriques sur tout son corps : sa bouche, entre ses ongles et sa peau, sur ses organes génitaux…

De nombreuses victimes de la torture rapportent aujourd’hui que leurs tortionnaires éprouvaient un plaisir sadique à les faire souffrir…
[
Il se lève, regarde par la fenêtre et revient] Dans tous les métiers, il y a des brebis galeuses. Pourquoi voulez-vous qu’on échappe à la règle ? Moi, ce n’était pas mon truc. Mais c’est vrai, il y avait des collègues qui ne se gênaient pas… Mais on ne parlait jamais de ça entre nous. Personne ne disait clairement “j’aime faire souffrir ces salauds, je me sens bien après une séance”. Je me souviens d’un type sadique, oui, qui avait l’air  d’aimer ça… Celui-là est parti travailler avec les Français.

Comment ça, travailler avec les Français ?
Pendant les années 70, le ministère de l’Intérieur français était débordé par les gangs de Maghrébins. Il avait fait appel au Maroc pour lui envoyer des agents. Dans les commissariats de certaines villes, comme Marseille, c’étaient eux qui interrogeaient les délinquants d’origine maghrébine.

Pourquoi vous faisiez-vous tous appeler “l’haj”, dans les centres de torture ?
D’abord pour éviter que nous soyons retrouvés, par la suite, par des prisonniers qui auraient été libérés. C’était aussi une manière de ne pas avoir de contact avec les détenus. Ç’aurait été difficile de nous entendre interpeller par eux à longueur de journée. Et puis, l’anonymat faisait partie de la torture psychologique. Même les détenus n’avaient pas d’identité. On leur donnait juste des numéros.

Avez-vous entendu parler du syndrome de Stockholm ?
Non.

C’est une théorie selon laquelle les détenus développent des relations affectives avec leurs bourreaux. Vous avez vu des cas comme ça ?
Je n’ai pas très bien saisi ce que vous me demandez… Ce que je peux vous dire, c’est qu’aussi fou que ça puisse paraître, il est effectivement arrivé qu’une relation se tisse entre des détenus et des gardiens. Je pense au cas d’un prisonnier politique qui avait fini par développer une relation homosexuelle avec un gardien. Au début, le gardien l’avait violé, et même plusieurs fois. Après, le prisonnier en redemandait. C’était lui qui appelait le gardien pour qu’il couche avec lui…

À part le sexe, il n’arrivait pas que des relations amicales se nouent entre les torturés et les tortionnaires ?
Si, assez souvent… Ça pouvait arriver avec des détenus qu’on côtoyait depuis longtemps. Une sorte de complicité se développait, on fermait les yeux sur beaucoup de choses… Il m’est arrivé, plusieurs fois, de simuler des actes de torture sur un prisonnier, à qui je demandais de crier pour qu’on croie que je le “travaillais” vraiment. Je me souviens d’un détenu que j’avais pris en pitié, parce qu’il était originaire de la même région que ma mère.

Ah bon, ça vous arrivait, de ressentir de la pitié pour un prisonnier ?
[
Brusquement en colère] Qu’est-ce que vous croyez, qu’on est des monstres ? Bien sûr qu’on pouvait ressentir de la pitié ! La seule différence, c’est qu’on n’avait pas le droit de se laisser aller à la pitié. La pitié, ça voulait dire pour nous la fin de notre carrière. On courait même le risque de se retrouver de l’autre côté, avec les torturés. Et puis notre devoir, avant tout, c’était d’obéir aux ordres. [Il insiste] Obéir, un point c’est tout ! On ne pouvait pas se permettre d’être sentimentaux, comme les gens normaux [long silence…]

Qu’est-ce que vous pensez du climat politique de l’époque ?
Je vois très bien où vous voulez en venir. [Regard fixe et appuyé, détachant chaque mot] Nous étions tout simplement des serviteurs fidèles de la nation. Nous ne voulions pas que le Maroc tombe entre les mains d’athées, de marxistes, qui plus est soutenus par nos ennemis.

Mais après les marxistes, le gros des prisonniers politiques étaient des islamistes. De bons musulmans, qui croient en Dieu…
[Il pointe l’interviewer du doigt] Alors vous, vous adorez poser le doigt sur la plaie, hein ? Eh bien figurez-vous qu’on a eu un mal fou à passer des marxistes aux islamistes. Il y en a même qui ont craqué. Je me souviens d’un collègue qui a quitté le boulot, dans les années 80 parce qu’il ne supportait plus d’entendre les barbus qu’on nous confiait invoquer Dieu à chaque coup…

Y a-t-il un quelconque argument, selon vous, qui justifie le fait de torturer un être humain ?
Euh… Non, après réflexion, je ne crois pas. Cela dit, qui peut nier, aujourd’hui, que le Maroc a échappé au chaos grâce aux sacrifices de ses forces de l’ordre ? Ce que vous appelez la torture a permis d’éviter à notre pays des guerres civiles, comme il y en a eu ailleurs. A l’heure actuelle, nous serions gouvernés par un Castro, ou un autre dictateur de ce genre. C’est vrai que des gens ont beaucoup souffert. Mais pour beaucoup d’entre eux, la souffrance a ouvert le chemin du repentir. Trouvez-moi quelqu’un qui croie encore aux balivernes de Marx, Lénine ou Staline…

Vous arriviez à dormir tranquillement, à l’époque où vous travailliez encore ?
Non. Avec les doses d’alcool qu’on ingurgitait chaque jour, c’était difficile de trouver le sommeil.

Vous buvez encore beaucoup, aujourd’hui…
Quand on fait certains métiers, on est obligé de boire. L’alcool permet de ne pas trop y penser.

Penser vous faisait souffrir ?
Me faisait souffrir ? C’est plutôt aujourd’hui que ça me fait vraiment souffrir. A l’époque, on pensait tous qu’en mettant la pression sur les prisonniers, on les punissait du mal qu’ils avaient commis, et même qu’on les aidait à revenir dans le droit chemin. Aujourd’hui, tout ça est confus dans ma tête. Beaucoup de gens nous jugent, même sans nous connaître. Ils pensent qu’on est des sadiques, qu’on éprouvait du plaisir à torturer les gens, qu’on aimait ça…

Vous en parlez encore, avec vos anciens collègues ?
Vous savez, je suis à la retraite. Le boulot, c’est du passé. Entre nous, c’est un sujet tabou. A l’époque, déjà, on nous interdisait de parler de notre métier. Alors on a pris l’habitude, et même aujourd’hui, on n’en parle pas.

Vous avez hésité pendant trois mois, puis vous avez fini par accepter le principe de cette interview. Pourquoi ?
J’ai bien réfléchi, pendant ces trois mois… Il faut que les gens comprennent que ce n’est pas aussi simple qu’on le dit. Tout n’est pas noir ou blanc. Et puis nous aussi, on souffre.

D’après les psychiatres, les tortionnaires souffrent généralement, après coup, des mêmes troubles que les torturés : cauchemars, paranoïa, maux de tête… C’est votre cas ?
[
Hésitation] Oui… Je fais des cauchemars, j’ai des troubles du sommeil, des maux de tête constants, des hallucinations même. Je me sens étrange, j’ai l’impression d’être toujours à part. J’ai constamment peur qu’on me prenne pour un fou. Il y a un cauchemar qui  revient souvent, qui m’obsède : je me vois tout nu, en train de construire les fondations de ma nouvelle maison sur un grand tas de crânes humains dont seuls les yeux brillent encore. Plus je les recouvre de terre, plus il en sort de nouveaux. Je crie, et je me réveille toujours en sueur. Au début, je croyais que la proximité du centre y était pour quelque chose. C’est pour ça que, dès que j’ai pris ma retraite, j’ai quitté le logement de fonction que j’occupais. Mais je continue à faire le même cauchemar…

Vous n’avez jamais consulté un psychiatre ?
[
Irrité] Non, je ne suis pas fou ! J’ai dit que j’ai peur qu’on me prenne pour un fou, c’est différent. [Il baisse la voix] J’ai vu un fqih [NDLR : guérisseur traditionnel]. Il m’a donné l’explication de tout ça…

L’explication de vos troubles ?
Non, l’explication de beaucoup de choses… Beaucoup de choses dans ma vie. Il a découvert que j’avais été investi par un jenn [NDLR : mauvais esprit]. C’est ce jenn qui m’a possédé, qui m’a fait faire des choses dont je ne mesurais pas les conséquences. Je ne me rendais pas compte du mal que je pouvais faire. Le fqih m’a fabriqué un talisman que je porte toujours sur moi.

Et depuis, vous vous sentez mieux ?
[
Il fait la moue] Vous voulez la vérité ? Non. Je commence à croire que ce type est un charlatan. On m’a donné l’adresse d’un vieux, près de Casa, qui a de grands pouvoirs.Je crois que je vais aller le voir.

Vous croyez vraiment aux jnoun ?
[NDLR :
pluriel de jenn]
Trouvez-moi un seul Marocain qui n’y croie pas… Non seulement j’y crois, mais je peux vous assurer qu’ils existent. La plupart des collègues se souviennent d’avoir entendu des cris, dans des cellules qui n’étaient pourtant pas occupées. Quand on entend ça une fois, on a les cheveux qui se dressent sur la tête.

Qu’est-ce que vous faites de vos journées, aujourd’hui ? Vous avez un hobby ?
[
Sourire fier] Les mots croisés. J’adore mettre à jour les combinaisons les plus difficiles. J’achète régulièrement les quotidiens où il y a des mots croisés. De temps en temps, quand mes moyens me le permettent, je me paie toute une revue de mots croisés. Je les préfère en français, même si je n’ai pas de problèmes avec l’arabe.

Vous avez été jusqu’où, à l’école ?
[
Il bombe le torse] Deuxième année secondaire. Mais attention, c’est les études de l’ancien régime ! Vous savez, le certificat d’études, à l’époque, était un diplôme beaucoup mieux coté que le bac d’aujourd’hui. Je lisais couramment le français quand j’ai passé mon certificat d’études. Aujourd’hui, mon fils, qui a le niveau bac, n’arrive pas à trouver le sens exact de beaucoup de mots que moi, je connais.

Vous avez donc une femme, des enfants…
Oui.

Vous aimez vos enfants ?
[
Regard plein de reproches] Quelle question ! Bien sûr que oui ! Vous connaissez, vous, quelqu’un qui n’aime pas ses enfants ?!

Si votre fils faisait partie des traîtres qui menacent la stabilité de la nation, vous comprendriez qu’il soit torturé ?
[
Silence… il refoule un sanglot]

Votre femme, vos enfants, vos proches étaient-ils au courant de ce que vous faisiez ?
Mes enfants ne savaient pas vraiment la nature de mon travail mais ils se doutaient bien de quelque chose… De toute façon, quand quelqu’un de ma famille ou de mon entourage me posait une question gênante, ma réponse était toujours la même : “Oui, je travaille bien là-bas, mais moi, je ne fais que remplir les fiches des gens qu’on fait descendre. Je n’ai jamais touché quelqu’un, et je ne sais même pas ce qui se passe dans les cellules”. C’est d’ailleurs la même réponse qu’on donnait tous. Il était essentiel pour nous de préserver le secret, d’empêcher que le doute sur nos activités ne s’infiltre dans nos familles. C’est vrai, je suis très sévère avec ma femme et mes enfants. Mais le proverbe ne dit-il pas que “le bâton sort du paradis” ? Sans ça, comment voulez-vous que des enfants respectent leur père ?

Votre métier vous a-t-il apporté la réussite sociale, des avantages matériels… ?
[
Coup de poing sur la table] Tu parles ! A eux les honneurs, les fermes et les comptes en banque et à nous les maladies de l’âge, la retraite de misère et la peur au ventre !

Qui ça, “eux” ?
Vous les connaissez mieux que moi ! Ceux qui tiraient les ficelles, qui nous disaient : “Tu fais descendre untel, tu mets le courant électrique à celui-là, tu passes celui-là à l’hélico”… Eux, ils se montraient le moins possible. Aujourd’hui, les uns ont ouvert des restaurants, les autres roulent en Mercedes, d’autres encore ont refait leur vie avec un compte en banque confortable… Mais eux, ce sont des patrons.

On sent de la peur dans votre regard. De quoi avez-vous peur ?
[Il écluse, d’une grande rasade, son verre de rouge] Je n’ai pas peur. C’est juste que je me suis énervé, parce que vous n’êtes pas le seul à penser qu’on est riche. Tout le monde croit qu’on roule sur l’or, qu’on s’est fait plein d’argent en spoliant les victimes. S’ils savaient…

Aujourd’hui, l’Instance équité et réconciliation dit avoir clos le dossier des années de plomb. Mais des ONG, comme l’Association marocaine des droits de l’homme, continuent à réclamer des actions en justice contre les tortionnaires. Ça ne vous fait pas peur, ça ?
Bien sûr, que je ne suis pas rassuré… C’est bien, tout ce travail qui a été fait. C’est  bien que d’anciens prisonniers aient été indemnisés. Il y a certainement beaucoup d’entre eux qui étaient innocents, qui n’avaient pas fait ce dont ils étaient accusés. Mais je crois qu’il faut s’arrêter là. Il faut tourner la page, aller vers autre chose. Et puis je vous jure que nous, nous ne faisions qu’obéir aux ordres. Qu’est-ce qu’on pouvait faire, à l’époque ? Si on  refusait de faire descendre quelqu’un, on descendait à sa place !

C’est déjà arrivé ?
[Il ferme les yeux, secoue la tête vigoureusement] Non, non, je ne veux pas en parler !

Vous ne pensez pas que pour faire la paix avec des gens qu’on a fait souffrir, il faut nécessairement leur demander pardon ?
Ecoutez, vous ne trouverez personne, parmi nous, qui ait jamais pensé à demander pardon. Mais à qui ? Il y a des gens qu’on n’a plus jamais revus, d’autres qui sont morts… Et puis le pardon est un geste profondément personnel. Ce n’est jamais pareil, d’un cas à l’autre. C’est sûrement un bienfait pour celui qui pardonne mais jamais pour celui qui est pardonné. Alors à quoi bon ?

Introduction rédigée par Dima.
Source des Questions/Réponses : http://www.telquel-online.com/230/couverture_230_1.shtml

12.04.2011 |  Dima |  eplume.wordpress.com

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39 commentaires pour Sous le règne de Mohamed VI, on torture encore et toujours…

  1. eplume dit :

    Un commentaire instructif emprunté à Ali Aijjou:

    « La violence au Maroc, sous toutes ses formes, est tellement courante qu’elle a été malheureusement intégrée par le subconscient de tout un(e) chacun(e)
    ENFIN, pour prendre la mesure et l’ampleur des dégâts :

    Le ministre marocain de la Justice explique la loi contre la torture
    http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/fr/features/awi/articles/2006/03/17/feature-02

    La criminalisation de la torture au Maroc : Commentaires et recommandations (8 pages PDF)
    Par : Emma Reilly
    APT – Février 2008
    http://www.apt.ch/region/mena/CriminalisationMaroc.pdf

    Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (48 pages PDF)
    http://www2.ohchr.org/english/bodies/cat/docs/AdvanceVersions/CAT-C-MAR-4_fr.pdf

    Rapport d’Evaluation Maroc (38 pages PDF)
    Conseil International de Réhabilitation pour les Victimes de Torture (IRCT) – DANMARK
    http://www.irct.org/Admin/Public/DWSDownload.aspx?File…Country...

    La lutte contre la torture
    Revue internationale de la Croix-Rouge no 831, p.463-475
    par Walter Kälin (professeur de droit international à l’Université de Berne (Suisse). Ancien rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, il est l’auteur du Rapport sur la situation des droits de l’homme dans le Koweït sous occupation iraquienne)
    http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/html/5FZGGD

    L’adoption de la loi contre la torture, « un pas important » dans le cadre de la réforme législative (DG Amnesty-Maroc)
    http://www.agadirnet.com/news-actualites/details_ladoption-de-la-loi-contre-la-torture-un-pas-important-dans-le-cadre-de-la-reforme-legislative-dg-amnesty-maroc_678.html

    Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (18 pages PDF)
    EXAMEN DES RAPPORTS PRESENTES PAR LES ETATS PARTIES
    EN VERTU DE L’ARTICLE 19 DE LA CONVENTION
    Rapports initiaux des Etats parties devant être soumis en 1994 – Additif – MAROC
    [29 juillet 1994]
    http://www.arabhumanrights.org/publications/countries/morocco/cat/cat-c24-add2-94f.pdf

    LA LUTTE CONTRE LA TORTURE AU MAGHREB (1) – (27 pages PDF)
    Aïcha MECHERI
    Doctorante à l’Université d’Aix-Marseille III,
    avocat au barreau d’Alger
    http://www.rtdh.eu/pdf/2004791.pdf

    LA VIOLENCE ETATIQUE AU MAROC (90 pages PDF)
    UN RAPPORT ALTERNATIF AU TROISIEME RAPPORT GOUVERNEMENTAL PRESENTE AU COMITE CONTRE LA TORTURE
    ADFM – ASSOCIATION DES FEMMES DEMOCRATIQUES DU MAROC
    ASSOCIATION BAYTI
    OMP – OBSERVATOIRE MAROCAIN DES PRISONS
    OMCT – Genève et Rabat, 10 novembre 2003
    Version révisée et amendée
    http://old.omct.org/pdf/Prev_Torture/2003/stateviolence_morocco_03_fr.pdf « 

  2. dima dit :

    – Le lien d’Ali Aijjou est indisponible.

    – la doc d’Emma Reilly est intéressante à lire.

    – « Cette loi, qui incrimine les actes de torture commis par des responsables de l’Etat, constitue, aux yeux des observateurs, une rupture importante avec le passé. Elle définit la torture comme tout acte mené par un responsable de l’Etat, à son instigation ou avec son consentement, commis avec l’intention d’infliger une souffrance physique ou mentale à un individu, en vue de l’intimider ou de faire pression sur lui pour obtenir une confession ou des informations. »

    Mr le ministre Feu Bouzoubaa savait bien qu’il n’y a point de rupture avant de quitter ce monde de brutes comme l’a écrit la blogueuse Houdac. Il ne suffit pas
    la Loi toute seule. Il faut son respect et l’anéantissement de l’impunité des responsables
    de l’Etat présumés coupables.

    http://houdac.blogspot.com/2011/04/un-peu-de-douceur-dans-ce-monde-de.html

  3. dima dit :

    Voilà ce que j’ai comme message d’erreur :

    « Ce contenu est actuellement indisponible. La page demandée ne peut pas être affichée. Il est possible que cette page soit temporairement indisponible, que le lien utilisé ne soit plus valide ou que vous n’ayez pas les droits d’accès pour cette page. »

    Je n’ai pas envie d’insister en créant un compte FB parce que je suis pour « le droit à l’oubli » contrairement au Staff de FB et à leur tete :
    l’arriviste, le parvenu et le voleur des codes informatiques et autres idées des autres, j’ai nommé
    Mr Mark Zuckerberg.

    A lire :
    http://www.20minutes.fr/article/706039/high-tech-mark-zuckerberg-roi-coups-poignard-dos-

    Merci quand meme.

  4. dima dit :

    Mamfakinch vous montre l’emplacement exact du centre de torture de Témara :

    http://www.mamfakinch.com/mamfakinch-revele-lemplacement-exact-du-centre-dst-de-temara/

    • TAHA dit :

      Le jour ou le 20-2 prendra le pouvoir au Maroc avec les Adlistes ils seront les plus fervents protecteurs et défenseurs du centre de témara pour baillonner leurs futurs opposants.
      Tout les systèmes et tout les régimes du monde on en besoin. Lors de changements brutaux de régimes dans le monde les flics, les barbouzes, les mouchard, les indics, les faux journalistes, les faux diplomates, les faux militants, les faux opposants, les agitateurs, les tueurs, les spéciaux, les tortionnaires sont toujours rapidement récupérés, protégés et illico-presto remis en service. Leurs dossiers étant précieux ils deviennent facilement indispensables à leurs nouveaux maitres.
      D’ou la vanité et la naiveté de certaines actions. Meme en Tunisie aucun flic de Benali n’a été inquiété.

      • dima750 dit :

        « Le jour ou le 20-2 prendra le pouvoir au Maroc avec les Adlistes ils seront les
        plus fervents protecteurs et défenseurs du centre de témara pour baillonner leurs
        futurs opposants.
         »

        Continuez à fantasmer et à déformer les revendications légitimes
        du mouvement du 20 Fébrier : c’est le lot connu des Makhzen 404…

    • TAHA dit :

      @Dima
      A défaut de débattre sur le fond des choses et des problèmes vous vous réfugiez dans les attaques personnelles et les menaces inadmissibles. Vous faites preuve d’une lamentable pauvreté morale et d’une indigence intellectuelle navrante. Le mouvement du 20-2 perdrait bcp à être défendu par des êtres comme vous (qui n’utilisent pas de pseudo). Il est vrai que le ridicule ne tue plus !

      • dima750 dit :

        Continuez à fantasmer et à déformer les revendications légitimes
        du mouvement du 20 Fébrier : c’est le lot connu des Makhzen 404…

  5. dima dit :

    Hmmou El Hssani, citoyen marocain et détenu à la prison de Salé, explique
    la torture au centre de Témara et dénonce à la fin de la vidéo les noms des responsables :

    via http://fr.lakome.com/societe/46-actualites-societe/356-des-detenus-salafistes-reproduisent-les-scenes-de-tortures-subies-chez-la-dst-a-temara-video.html

  6. dima dit :

    De mes récentes pérégrinations dominicales sur la toile, me resteront
    ces lectures épiques des articles d’Ali Amar et du juriste et blogueur
    Ibnkafka :

    1- http://www.slateafrique.com/1661/temara-bagne-torture-mohammed-vi

    2- http://ibnkafkasobiterdicta.wordpress.com/2010/09/25/un-peuple-na-quun-ennemi-dangereux-cest-son-gouvernement/

    Des articles bien documentés et instructifs à lire pour assimiler un
    des maux que le Maroc connait encore sur le plan des droits de l’Homme.

    Mes sincères pensées vont tout droit aux enfants du détenu
    Bouchta Charef récemment condamné à 10 ans de prison
    (Cf. la vidéo déployée au début du présent post) en espérant
    une grace royale pour sa personne et que Justice lui soit rendue.

  7. dima dit :

    Quand AP révèle l’existence de vidéos où on torture dans une prison
    secrète marocaine
    :

    « La torture n’existe pas au Maroc, entend-on souvent au Maroc.
    Pourtant, l’agence de presse américaine Associated Press a bien
    révélé que la CIA possède deux vidéos dans lesquelles on voit des
    séances d’interrogatoire et de torture d’un prisonnier islamiste
    arabe dans une prison secrète marocaine. »

    http://www.demainonline.com/?p=3994

  8. dima dit :

    Dix blessés dans la manifestation contre la DST à Témara

    Dimanche 15 Mai 2011, dans le cadre d’une journée d’action
    contre la détention secrète, le Mouvement du 20 février avait prévu
    d’organiser un pique-nique devant le centre de détention de Temara.
    « Par cette action pacifique, le Mouvement du 20 février revendique
    le jugement des responsables de la torture et des violations graves des
    droits de l’homme », avait indiqué le Mouvement dans un communiqué.

    http://www.demainonline.com/?p=4085

    • TAHA dit :

      Pendant les années véritables de plomb une telle manifestation aurait valu à ces personnes des choses terribles et horribles sur des décennies, mort non exclue, disparitions, tortures inhumaines et non des blessures (inadmissibles aussi) avec un retour chez soi réconfortant.
      Apparemment bcp de personnes sur ce site n’ont aucune idée de cette terrible période pour l’assimiler à ce qui se passe maintenant, à moins a ce que l’amalgame ne soit voulu et recherché pour créer la confusion dans les esprits. Mais de là à ne pas relativiser les choses, et à ne pas faire la différence c’est un peu fort dans la mauvaise foi.

      • dima750 dit :

        Nous rejetons et nous ne tolérons la torture ni sous le régne de Hassan II ni sous le régne
        de son fils et apparemment comme vous ne semblez pas vous soucier du sort odieux et
        inhumain réservé à certains de vos semblables, je vous conseillerais de ne pas trop la
        « ramener » puisque c’est ridicule de votre part et de ne pas avoir le courage de commenter
        sous votre habituel pseudo et d’exprimer un cynisme propre aux années de la célébre
        « démocratie hassanienne ». Dorénavant, mettez vous dans la tete qu’il y a un avant 20
        Février et un après 20 Février en attendant votre propre « terminus »…

  9. dima dit :

    Au Maroc on peut manifester contre le parlement, mais pas contre la DST

    Au royaume du Maroc, on peut manifester contre le régime mais
    pas contre le siège de la DST, qui est aussi un centre clandestin de
    détention par où sont passés, et ont été torturés selon les vidéos qui
    sont accrochées sur YouTube, des milliers de suspects, nationaux et
    étrangers.

    http://www.demainonline.com/?p=4094

    • med dit :

      Sans la DST, et d’autres organismes sécuritaires, les acolytes de Boutefli3a enverront au Marocains ceux qui violeront leurs familles.

  10. dima dit :

    Oussama El Khlifi tabassé brutalement par la police

    Plus les heures passent, plus on découvre que la police n’est
    pas allée de main morte contre les marcheurs sur Témara (Centre de
    détention et de torture). Oussama El Khlifi, l’un des membres les
    plus en vue du Mouvement du 20 février à Rabat, aurait été brutalement
    tabassé par les forces de l’ordre lors de la marche sur ce centre
    clandestin de détention qui est également le siège de la DST,
    la police politique.

    http://www.demainonline.com/?p=4100

  11. dima dit :

    Qui est Oussama El Khlifi, l’instigateur de l’appel à manifester le 20 Février sur
    Facebook ?

    A lire :
    http://www.liberation.fr/monde/01012333605-oussama-el-khlifi-detonateur-de-la-contestation-au-maroc

  12. dima dit :

    Après Salé, Tanger. Les mutineries islamistes font tâche d’huile

    « Dans la plupart des cas, la justice suit à la lettre les recommandations du procureur et condamne lourdement les accusés. Aucun magistrat de la cour antiterroriste de Salé n’a jamais osé ordonner une enquête sur les conditions d’arrestation et de détention des accusés, ni sur les accusations de torture
    proférées par ces derniers contre la DST.
     »

    http://www.demainonline.com/?p=4199
    http://www.demainonline.com/?p=4236

  13. dima dit :

    Quand Hafed Benhachem fomente la « fitna » en prison

    « Selon une source digne de foi, Mohamed Hajib, « l’ingénieur » et détenu
    islamiste accusé par les autorités policières marocaines d’être derrière l’enregistrement et la diffusion à grande échelle des vidéos filmés
    à l’intérieur de la prison de Salé, a été victime, aujourd’hui vendredi
    20 mai, d’une longue séance de de tabassage et d’actes de torture
    menés par des matons de l’administration pénitentiaire. Ces derniers
    étaient supervisés, selon la même source, par des « agents » dont on
    ne sait pas si ce sont des agents de la DST, la police politique,
    ou de simples policiers. »

    http://www.demainonline.com/?p=4448

    • ... dit :

      Merci pour toutes ces infos Dima.

      • dima dit :

        J’espére qu' »ils » comprennent mieux le concept de
        la créche et des bébés à soigner…

        Un devoir pour tous les marocains que de dénoncer
        ces lieux de détention et de torture.

        Merci à toi, eplume.

  14. dima dit :

    L’épouse d’un détenu islamiste accuse Hafid Benhachem de « séquestration »
    et « torture »

    « Rabat.L’un des derniers dinosaures de l’ère Basri et des
    « années de plomb », Hafid Benhachem, récupéré il y a quelques
    années par le roi pour s’occuper des prisons du royaume, est sur
    la sellette. Sa politique pénitentiaire n’a pas permis d’améliorer la
    situation des détenus. Elle l’a plutôt compliquée. A force de privilégier
    la répression au détriment de la préparation à la réinsertion dans la
    société des détenus, et de suivre une politique de fermeté envers les
    détenus islamistes, Benhachem a créé les conditions idéales d’un
    ras-le-bol généralisé. C’est ce qui s’est passé à la prison Zaki de Salé
    il y a quelques semaines. Une mutinerie islamiste soutenue par des
    prisonniers de droit commun qui ont ajouté leurs revendications à celles
    des barbus. Du jamais vu. Le tout filmé et accroché sur YouTube afin de contrebalancer la propagande du régime.
     »

    http://www.demainonline.com/?p=5163

    • med dit :

      Demain (quelque soit sa forme) est financée par les Espagnoles. On ne fait pas confiance à cette source d’info. C’est de l’intox. Il y a les moyens objectifs pour détecter un texte intox. Les journalistes le connaissent bien.

  15. dima dit :

    (غوانتنامو)
    أنباء عن عزل المعتقلين السلفيين في جناح بمواصفات

    http://lakome.com/politics/78-news-politics/5441-2011-06-06-14-32-15.html

  16. dima750 dit :

    Mohamed Ghallout, un jeune étudiant du M20F-Fés, harcelé, arreté, humilié et
    violenté toujours sous le régne de Mohamed VI et après le supposé prometteur
    discours du 9 Mars 2011 :

    « ils ont pissé sur tout mon corps
    l’un d’eux a pissé dans ma bouche directement
    et m’a ordonné de boire………….;
    le moment que je ne pourrai pas oublier
    c’est quand ils m’ont enlevé tous mes habits
    et que l’un d’eux a ordonné à l’autre
    de me sodomiser avec leur baton
    je criais, criais
    et eux riaient
    s’amusaient…..
     »

    http://samira-mehdi.blogspot.com/2011/06/l-horreurnonbeaucoup-plus.html

    A l’heure où des rumeurs circulent sur le critére positif et révolutionnaire de la
    nouvelle mouture de la constitution marocaine, en mon ame et conscience je crie
    à la commision mennouni que je n’en veux pas de votre « prétendue » démocratie tant
    que la barbarie sévit encore dans mon pays en prenant pour cobayes mes propres
    compatriotes. Il ne sert à rien de légiférer ou constitutionaliser le volet du respect
    des droits de l’Homme si ces actes abjectes et inhumains existent encore dans nos
    postes de police exercées par des responsables, des agents de l’autorité qui n’en sont pas
    dignes…

  17. dima dit :

    Une mère de détenus âgée de 68 ans dénonce le harcèlement
    des « Moukhabarate »

    La mère des frères Chetbi, deux détenus islamistes disparus
    depuis la mutinerie de Salé, se met en grève de la faim pour
    dénoncer le harcèlement des « moukhabarates » et la détention
    pendant 11 heures par la police d’un de ses petis-fils âgés de 14 ans…

    http://www.demainonline.com/2011/06/08/une-mere-de-detenus-agee-de-68-ans-denonce-le-harcelement-des-moukhabarate/

  18. dima750 dit :

    لا تقولوا لي كفاك بحثا عن ابنك

    http://lakome.com/videos/77-featured/5503-2011-06-08-15-08-05.html

  19. dima dit :

    Avant-Propos : A quand un serment d’Hyppocrate pour
    les journalistes ?
    :

    Décidément l’hebdomadaire Jeune AFrique n’a pas envie de
    se mettre au diapason du printemps des peuples et faire
    sa propre révolution. On attend des journalistes, de vocation
    et de métier, un maximum d’intégrité intellectuelle, une indépendance
    sans faille et un dévouement total et sans aucune concession à
    l’information libre et rien que l’information libre au service de
    son lectorat mais ce n’est pas demain la veille…

    Maroc : salafisme, intégrisme et mutinerie

    Début avril 2011, Charef fait parvenir du fond de sa cellule
    une vidéo – immédiatement postée sur YouTube – dans laquelle
    il affirme avoir été torturé par des agents de la DST dans le célèbre
    centre de Témara. Accusations qu’il réitère, détails à l’appui,
    devant la cour d’appel de Salé, lors de son procès à l’issue duquel
    il est condamné, le 28 avril, à dix ans de réclusion.

    http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2629p008-010.xml0/maroc-islamisme-terrorisme-torturemaroc-salafisme-intox-et-mutinerie.html

  20. dima dit :

    Au Maroc, une nouvelle constitution soumise à referendum

    Si l’énonciation et l’affirmation de ces droits est certainement
    une avancée importante, il faut cependant rester vigilant quant
    aux lois qui devront assurer leur mise en œuvre. En effet, la
    tentation sera certainement grande chez certains de faire en
    sorte que les lois de mise en œuvre de ces droits prévoient des
    mécanismes ou des conditions d’exercice de ces droits tels
    qu’ils ne seront pas effectifs ! Il sera en effet difficile de faire
    cesser les réflexes autoritaires et arbitraires de la police et du
    makhzen, de faire cesser les passe-droits dont ils font
    régulièrement usage, et de leur faire renoncer à la torture,
    aux arrestations et détentions arbitraires, aux écoutes illégales
    etc. Comment ceux qui ont été les commanditaires et les
    auteurs de violences, d’arbitraires, de délits d’initier, d’actes
    de corruptions, qu’ils soient en haut de la pyramide ou en bas
    de celle-ci, vont, du jour au lendemain, devenir des personnes
    respectueuses des droits de l’Homme ? La simple énonciation
    des droits de l’Homme dans la constitution ne permettra pas
    de garantir à elle seule des comportements vertueux.

    http://www.demainonline.com/2011/06/29/au-maroc-une-nouvelle-constitution-soumise-a-referendum/

  21. dima dit :

    Un citoyen marocain a témoigné lors de la marche du M20F le week end
    dernier, à Ait meloul. Il a rejoint le mouvement démocrate et pacifique
    suite à la mésaventure vécue au commissariat d’Ait Melloul après avoir
    été appréhendé dans la rue sans motif apparent et valable selon ses
    dires. Il fut torturé par les agents de l’autorité tout en étant attaché à une
    des fenetres et en recevant des coups et des crachats de la part des
    « représentants de la loi marocaine ». Ensuite il fut relaché sans procés
    verbal tout simplement. Rappelons à cet effet que le volet du respect des
    droits de l’Homme vient d’etre constitutionnalisé. Des mauvaises habitudes
    qui ont du mal à disparaitre…

    Vidéo du témoignage :

    شهادة: التعذيب بكوميسارية أيت ملول

    http://lakome.com/%D9%85%D8%B1%D8%A6%D9%8A%D8%A7%D8%AA/77-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%AF%D8%AB/7262-%D8%B4%D9%87%D8%A7%D8%AF%D8%A9-%D8%B5%D8%A7%D8%AF%D9%85%D8%A9-%D9%84%D8%B6%D8%AD%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%B9%D8%B0%D9%8A%D8%A8-%D8%A8%D9%83%D9%88%D9%85%D9%8A%D8%B3%D8%A7%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D8%A8%D8%A3%D9%8A%D8%AA-%D9%85%D9%84%D9%88%D9%84.html

  22. dima dit :


    لك الله يا بوشتى الشارف

    بوشتى الشارف..هذا الانسان البسيط، الذي تحدث بعفوية تامة، وعبر عما شعر به من إذلال ومهانة
    وإهدار للكرامة البشرية داخل معتقل تمارة، وتعرض للتعذيب بـ « القرعة » في أيام رمضان الأبرك في
    تزامن مع إلقاء الدروس الحسنية كما أكد، ونحسبه صادقا في كلامه بعدما تحداهم، وبعدما تواترت الأخبار
    عن هذا المعتقل السيء الصيت، وحكاها معتقلون آخرون، وتحدثت عنها الصحافة الدولية، كما تحدثت عنها
    وثائق ويكيليكس، فجاءت الصرخات تلو الأخرى كانت أكثرها بلاغة هي صرخة بوشتى الشارف
    متعه الله بالسراح.

    صرخات بوشتى الشارف من داخل السجن، أحرجت نظام المخزن وأزلامه من أحزاب مطعون
    في مصداقيتها، وصحفين انتهازيين الذين تحدثوا عن توشيح صدر الجلاد، ونسوا صرخة الشارف المسكين
    فقايضوها بـ « صرخة القباج » !

    http://hespress.com/writers/36426.html

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