Al-Jazira à l’épreuve du Qatar

11.04.2011 |  Claire Gabrielle Talon |  Le Monde 

La révolution Al-Jazira s’est concrétisée en deux mois, qui a vu entre janvier et février un régime oligarchique et pétrolier dont la scène médiatique locale est encore loin d’être indépendante (le Qatar), donner à des révoltes démocratiques au Maghreb et au Moyen-Orient une ampleur susceptible de les faire se répéter.

Alors que la BBC Arabic choisit d’afficher une neutralité scrupuleuse vis-à-vis des événements, et qu’Al-Arabiya relayait les craintes saoudiennes de voir tomber le régime d’Hosni Moubarak (insistant sur les retombées économiques de la mobilisation égyptienne et sur les dégâts causés par ses représentants au Musée du Caire), Al-Jazira a pris, elle, le parti explicite de participer aux révoltes tunisienne, égyptienne et libyenne. Sa campagne promotionnelle en faveur de révolutions démocratiques s’est appuyée sur une série de spots quasi publicitaires, compilations poignantes de scènes de violence, d’élans populaires et de drapeaux agités en un lyrisme tapageur, répétant à l’envi l’ardeur retrouvée d’une révolte arabe en marche qui renoue avec les aspirations panarabistes des années 1950.

Divisé en triptyque, l’écran juxtaposa plusieurs fois par jour les manifestations qui agitent Tunis, Le Caire, Benghazi ou Tripoli, glorifiant un effet domino. Le prédicateur de la chaîne, Youssouf Al-Qardawi, vilipenda en direct les chefs d’Etat assaillis par leurs peuples, interpellant Moubarak d’un « dégage ! » vengeur et traitant volontiers Kadhafi de criminel. L’Egypte en particulier, symbole du nationalisme arabe spolié par les autocrates et les ingérences extérieures, pièce maîtresse du dispositif américano-israélien au Proche-Orient, et pays d’origine d’un grand nombre de journalistes de la chaîne, fut une source d’enthousiasme patriotique irrépressible, qui livra aux antiennes nationalistes d’Oum Kalthoum et d’Abdel Halim les bandes-sons enflammées d’Al-Jazira.

On entend déjà çà et là poindre des critiques vis-à-vis de ce doigt d’honneur fait au sacro-saint devoir de neutralité journalistique. Mais il faut bien voir qu’Al-Jazira y a gagné une légitimité populaire d’autant plus grande que la chaîne est, ce faisant, en parfaite cohérence avec les options éditoriales qu’elle défend depuis 1996. Car, si elle a servi à l’occasion de moyen de pression à la diplomatie qatarie à l’encontre des chefs d’Etat de la région, ses journalistes sont depuis de nombreuses années en conflit ouvert avec ces régimes autoritaires qui firent à plusieurs reprises fermer ses bureaux et arrêter ses reporters.

Ce choix d’un journalisme engagé a surtout permis à la chaîne de jouer un rôle essentiel dans la diffusion de la révolte et de s’imposer comme un acteur démocratique à part entière dans la région. En l’occurrence, le choix d’une couverture continue des événements permit à Al-Jazira d’informer en direct les manifestants massés sur la place Tahrir des violences qui se déroulaient sur ses bords, quitte à alimenter des mouvements de panique. Au Caire et jusque dans les rues de Benghazi, des écrans improvisés sur des toiles et des pans de mur permirent aux émeutiers de suivre sur la chaîne, transformée en tribune pour les opposants, l’évolution réelle des événements. Ce faisant, Al-Jazira questionnait pour le monde entier le rôle du journaliste d’information : est-il un observateur impassible ou un acteur engagé des processus de libération démocratiques ?

Al-Jazira apparaît à cet égard comme un objet médiatique doublement original : îlot de liberté d’expression financé par un régime encore peu démocratique, la plus populaire des chaînes arabes s’est aussi imposée comme l’une des premières sources d’information internationales tout en défendant une pratique ouvertement engagée du journalisme d’information. Car force est de constater que son positionnement explicite n’empêcha pas la chaîne de s’imposer comme l’une des premières sources d’information internationales, souvent même avant l’Agence France-Presse (AFP).

C’est que le point de vue arabe défendu par Al-Jazira ne consiste pas à ne donner la parole qu’à des Arabes ni à présenter les informations d’une façon déséquilibrée. En l’occurrence, les études chiffrées comparatives prouvent qu’elle est la chaîne qui respecte le plus l’équilibre des sources. En fait, ce point de vue repose sur quelques lignes éditoriales essentielles : le choix inconditionnel de ne pas censurer les images de violence, celui de donner la parole aux islamistes, la défense d’une conception combattante et engagée du travail journalistique, et la promotion d’une critique des normes et des pratiques journalistiques occidentales. Cette critique a surtout consisté à dénoncer la couverture de l’actualité proche-orientale par les médias occidentaux, accusés de jouer dans le monde arabe le rôle de médias contre-révolutionnaires, dissimulant la violence des politiques américaine et israélienne dans la région, manipulant la réalité du conflit israélo-palestinien, et faisant preuve de complaisance à l’égard des régimes arabes autoritaires en masquant la violence de la répression qui s’abattait sur les islamistes politiques.

Ce discours trouva un appui opportun dans la somme de scandales qui entachèrent la réputation des grands médias américains dès le début de la guerre contre la terreur et dans la violence exercée par le Pentagone à l’égard des journalistes arabes au cours des guerres afghane et irakienne.

Mais le fonctionnement de la chaîne témoigne aussi d’un modèle médiatique original, où clientélisme et pluralisme se renforcent mutuellement. Officiellement alimentée par des fonds publics, Al-Jazira est en fait financièrement dépendante de la famille régnante du Qatar, ce qui a notoirement influencé sa couverture de certains terrains politiques : reflet des évolutions de la diplomatie locale, elle s’est montrée moins critique vis-à-vis de la Syrie, de l’Arabie saoudite depuis 2009, et de l’Iran. Mais si la chaîne est intimement liée au régime en place à Doha, la cristallisation des conflits au sein de la famille royale a paradoxalement assuré à la rédaction un pluralisme et une liberté éditoriale inédits, en permettant aux journalistes de mobiliser des réseaux de clientèle en concurrence au plus haut niveau de l’administration, dans un contexte où il n’existait pas au Qatar d’opposition politique organisée au régime.

A cet égard, les choix originaux qui présidèrent à la création d’Al-Jazira ne reflètent pas tant la libéralisation relative du champ médiatique national, que la réalité de plus en plus concurrentielle du pouvoir dans le régime du cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani. Ainsi, contrairement à une opinion largement répandue, les journalistes d’Al-Jazira ont pu discuter à l’écran les options politiques et diplomatiques du Qatar, y compris l’ambiguïté du rôle que l’on a pu vouloir faire jouer à la chaîne au plus haut sommet de l’Etat, dans la mesure où celles-ci faisaient débat au sein même de la famille régnante. La consultation de ses archives, disponibles en ligne, est sans appel, qui témoigne des libertés prises par les journalistes, notamment à l’égard du chef de la diplomatie qatarie et actuel premier ministre : le cheikh Hamad Ben Jassem.

Jusqu’à présent, ce miracle est bien réel, produit mêlé du rêve numérique et du capitalisme de rente. Il a permis au petit émirat de Qatar d’acquérir une importance inversement proportionnelle à la faiblesse de ses institutions démocratiques. Sans que le régime qatari soit pour autant menacé par le discours démocratique offensif promu par « l’île » installée sur son sol, dont la rédaction demeure depuis 1996 obstinément fermée aux Qataris. Mais aujourd’hui que le vent de la révolte caresse les rives du golfe Persique, faisant tomber sous les premières balles Bahreïnis, Yéménites, Omanais et Iraniens, Al-Jazira couvrirait-elle avec autant d’enthousiasme une fronde qui s’étendrait aux Etats voisins du Qatar, au Bahreïn, à la Syrie et à l’Arabie saoudite, avec lesquels le régime a entamé un réchauffement diplomatique ?

La faiblesse numérique de la population qatarie, la stabilité du régime, la pérennité du système de rente, l’absence d’opposition politique constituée dans l’émirat et la présence d’Al-Jazira elle-même suffiront-elles à immuniser la monarchie qatarie contre les possibles répercussions internes du discours révolutionnaire d’Al-Jazira ? Bien qu’elle n’ait pas complètement occulté les problèmes politiques locaux dans un contexte où la majorité des critiques au Qatar ne remettaient pas en cause la légitimité de la famille régnante, comment réagirait-elle si l’opposition au régime parvenait à galvaniser massivement des insurgés dans l’émirat ? Cette dernière question se pose avec d’autant plus d’acuité au regard de la place occupée par la chaîne dans les critiques actuelles des opposants à l’émir.

Car depuis 1996, Al-Jazira en est venue à mobiliser contre elle des catégories très diverses de Qataris aux revendications hétéroclites : wahhabites conservateurs hostiles aux Frères musulmans promus par la chaîne, jeunes journalistes libéraux refoulés par la rédaction, antisionistes outrés par l’ouverture à Israël, conservateurs hostiles aux réformes libérales défendues par l’émir et sa médiatique seconde épouse, opposants au régime énervés de se voir ignorés par la chaîne.

Ce mécontentement populaire s’exprime depuis quelques années sous la forme de campagnes de presse hostiles à la direction d’Al-Jazira, qui en disent long sur les luttes d’influence que se livrent les différents clans dominants de la famille régnante pour le contrôle de la chaîne. Ces luttes de pouvoir risquent de devenir de plus en plus fortes à mesure que l’opposition grandit, galvanisée par les révolutions en cours, et que s’exacerbent les critiques des opposants au régime qui militent depuis une dizaine d’années contre l’émir actuel, et dont Al-Jazira est devenue, au fil des ans, la tête de Turc.

Par : Claire Gabrielle Talon, politologue (« Le Monde » – Article paru dans l’édition du 12.04.11)

Après des études de lettres et une formation en études arabes et islamiques à la Sorbonne, elle intègre l’Institut d’études politiques de Paris au sein de la chiare Moyen-Orient Méditerranée, où elle a terminé un doctrorat sur Al-Jazira. Spécialiste du Moyen-Orient, elle publiera au PUF, le 11 mai, « Al Jazeera. Liberté d’expression et pétromonarchie », (256 pages, 20 euros)

__________________________________________________________

*** Les jeunes Qataris mobilisés sur Facebook***

Sur Facebook, les hostilités ont déjà commencé, qui ont vu la création au cours du mois de février d’une page intitulée « Révolution de la liberté le 16 mars au Qatar ». Rejointe en quelques jours par plus de 32 000 membres, celle-ci conspuait abondamment le régime « héréditaire, arriéré et sioniste » du cheikh Hamad Ben Khalifa, accusé de laisser « le peuple qatari sans droit politique ni syndical » et d’accaparer « la richesse du pays ».

Elle faisait la part belle à Al-Jazira, accusée de dissimuler l’opposition qatarie et de minimiser les révoltes bahreïnie et iranienne. Piratée le 27 février, remplacée par une tribune de propagande en faveur de l’émir, la page s’est immédiatement recréée et poursuit son offensive. Elle a depuis fait des émules, et il existe à l’heure qu’il est une dizaine de sites du même acabit. Celui des « Jeunes Qataris pour le 16 mars, Révolution Epuration et Changement » articule des revendications limpides : départ de la plus grande base américaine du territoire national ; retour d’Al-Jazira au peuple et non pas au régime ; éloignement définitif de la seconde épouse de l’émir des affaires de l’Etat ; arrêt des bonnes relations avec l’Iran et Israël.

Guerre virtuelle

Si les acteurs de cette guerre virtuelle restent difficilement identifiables, celle-ci témoigne cependant des enjeux qui se nouent aujourd’hui dans l’émirat autour d’une chaîne qui incarne pour beaucoup de nationaux l’ouverture contestée à Israël, la domination des Frères musulmans sur les wahhabites et la marginalisation professionnelle des Qataris. La question de la couverture par Al-Jazira de l’actualité proche est susceptible de provoquer des tensions originales au sein de la famille régnante, où le ministre des affaires étrangères, fervent défenseur de la normalisation avec l’Etat hébreu et initiateur d’un réchauffement diplomatique avec l’Arabie saoudite et la Syrie, est en inimitié avec la première dame, elle-même en proie aux critiques des conservateurs.

Signe de la tension qui s’accumule entre les clans de la famille régnante et de leur propension à exploiter les revendications populaires, des éditorialistes de renom (Myriam Al-Saad et Mohammed Al-Kubaysi) protestent aujourd’hui haut et fort contre la censure dont ils s’estiment victimes dans certains quotidiens nationaux et contre le silence d’Al-Jazira sur leurs malheurs. Si cette dernière devra sans doute inéluctablement faire la place aux Qataris, et à une couverture accrue de l’actualité locale, les Al-Thani n’ont pas tous intérêt aux mêmes critiques, et d’ici à ce que chacun des clans en présence trouve une influence égale sur la chaîne, le risque encouru est celui d’un coup d’Etat, dont le pays est coutumier (le dernier en date remonte à l’été 2009).

________________________________________________________


Cet article, publié dans Amériques, Europe, France, I Like, Ishare., Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour Al-Jazira à l’épreuve du Qatar

  1. dima dit :

    Le lien à la fin n’est pas le bon et prière de mettre le cv de C.G.T en gras à la fin. Il est perdu en milieu du brouhaha…

    PS: y avait pas un plat à servir avant les deux derniers ?

    • ... dit :

      le lien renvoie directement vers le journal Le Monde et non vers l’article… Car d’ici quelques jours, cet article sera non disponible aux non abonnés et c’est pour cela que je me limite de mettre un lien vers le Journal.

      Si j’avoue qu’il a un plat très instructif à servir, qui paraîtra ce soir même sur eplmue😉

  2. dima dit :

    Ce soir il sera froid et dégueu🙂

  3. Ibrahima Konté dit :

    Contribution ASFIR sur la crise de libye

    Al-Jazeera accusée de génocide
    Par Y.Mérabet

    Contribution ASFIR sur la crise de Libye

    La couverture de la « révolution arabe » en Libye par la chaîne al-Jazeera et sa prise de position pour Al-Qaida et les rebelles libyens, ébranle le monde de l’information et défie toutes les chroniques. Faut-il, pour autant, « boycotter » al-Jazeera ou, pire, exiger des « mesures de rétorsion » ? Toujours est-il que la chaîne, hébergée au Qatar, ferait bientot l’objet d’une demande de mesure judiciaire…Ben-Laden utilise al-Jazeera comme sa boite postale et al-Jazeera fait le rapporteur. Après avoir destitué du pouvoir son propre père, Hamad ibn Khalifa Al Thani, l’Émir du Qatar a, lui aussi, fait sa fortune grâce au pétrole. Il est connu pour avoir financé la création de la chaîne de télévision arabe al-jazeera en 1996, responsable du génocide libyen en 2011.

    Doit-on attendre que le tribunal correctionnel de Paris jugera al-Jazeera pour que la nation arabe bougera pour exiger des mesures de rétorsion contre elle?
    Quant au tribunal de Paris,il a éré saisi par les autorités françaises obtenir la fermeture ou l’interdiction « à la chaîne al-Jazeera de diffuser ses émissions en France et de fermer ses bureaux » sur le territoire de l’Union européenne. Ce au motif d’une tribune libre diffusée par al-Jazeera qui avait invité un dénommé Yusuf al-Qaradavi. Lequel avait lancé un appel au meurtre visant Mouammar Kadhafi. Ce monsieur est un « savant ouléma », il anime un programme « Charia et Vie » sur la chaîne « qatarie » ; il s’exprime sur IslamOnline, il a inspiré les Frères musulmans, et tous les autres groupes terroristes y compris l’Aqmi géré par la France en Afrique du Nord et au Sahel. Le 21 février 2011, al-Qaradavi prononcé une fatwa contre Kadhafi en ces termes (adaptés de l’anglais): « Aux officiers et soldats qui sont en mesure de tuer Mouammar Kadhafi (…), je promulgue cette fatwa… ». C’est sur la version anglophone « Allez-y ! » (“Do it »), suite de la citation (…) . Ce n’est pas sa première fatwa pour souffler sur la braise qui brule le monde islamique , il a déjà prononcé une autre appelant le jihad en Algérie et au Maroc, nous avons un doute que le dernier attentat de Marrakech soit commandité à partir de Doha pour soulever la population marocain contre le roi. Voilà! l’œuvre satanique des commentateurs de l’Islam. Faudrait-il encore continuer à écouter ces  » chayatines » échauffeurs d’esprit dans nos mosquées, qui se cachent derrière la révolution arabe. Sont-ils à la solde des croisés? Par leurs prêches du vendredi, ils ordonnent aux populations arabes (de toutes religions confondues) de prendre à l’assaut des édifices publiques de Damas, Deraa et d’autres villes syriennes que la puissante armée d’Israel Tsahal (Tsva Haganah lé-Israël) n’a pas pu s’approcher, en temps de guerre. Le vendredi saint des musulmans s’est transformé en « journée de la colère arabe », ou des manifestants syriens, manipulés par al-Qaida et chauffés par les « fatwas », même scénario que l’Algérie à vécu dans les années 1990. Ces manifestants transformés en démons, détruisent tout ce qui se trouve devant eux, tuent les soldats de l’armée syrienne sencés tenir l’ordre, pillent et brulent les commerces de leurs confrères syriens et détruisent les édifices publics (usines,écoles, hôpitaux etc.) que leurs enfants auront besoin plus tard. Échanger la paix sociale contre une démocratie occidentale périmée, je trouve ça dingues? Les occidentaux eux mémés n’en veulent plus de leur démocratie, il la rejette chez les arabes pour en faire d’eux des cochons.
    Nous savons bien comment vivent les occidentaux chez eux, ils vivent sans dignité et sous la charité des arabes,ils n’ont rien à nous apprendre qu’ils gardent leur démocratie chez eux et nous gardons notre dignité chez nous.
    Mais ce n’est pas la seule « gesticulation politique » membre des Frères musulmans et proche d’al-Qaida, de la méme école « al-Azhar » que le chef terrorite d’al-Qaida ‘Ayman al-Zawahiri’ condamnant Kadhafi. al-Jareeza en langue arabe multiplie les prises de parole et les tribunes visant le « Guide » de la République libyenne. Tahar Amor, secrétaire général du Mouvement pour l’amitié et la coopération entre les peuples d’Europe et de la Lybie (MSPL), qui a pris Me Isabelle Coutant-Peyre pour conseil afin d’obtenir la condamnation de Zied Tarrouche (al-Jazeera) pour « complicité d’incitation au meurtre », prend, lui, très au sérieux, cette fatwa. La citation vise aussi à « interdire la diffusion des émissions d’al-Jazeera en toute langue en France et Union européenne (…) ordonner la fermeture de ses représentations (…) de manière similaire à l’interdiction imposée à la chaîne libanaise al-Manar.
    Cette fatwa ou cet avis a été répercuté sur près d’un millions de sites, la chaîne l’a rediffusé et même maintenu en podcast, en assurant en outre, selon Tahar Amor, la reprise libre de tout droit. Cela s’inscrit d’ailleurs, ce qui est constatable sur le site en arabe, dans un véritable flux d’informations et chroniques visant à soutenir le Conseil national libyen. De plus, ajoute-t-il, « il y a des objecteurs de conscience au sein d’al-Jazeera » qui sont de plus en plus mal à l’aise de constater que la chaîne ne soutient que les mouvements populaires qui conviennent au Qatar, condamnant explicitement ou implicitement les autres, ou en minorant la portée. Diverses personnalités de l’antenne l’ont d’ailleurs exprimé, voire ont démissionné tels Fayçal al-Qassem, Abbas Nasser, Ghassan Ben Jedou… Des images d’archives auraient été détournées pour les faire passer pour des actualités tournées à Banias (Syrie) ou au Yémen.
    C’est bien, en termes simples, un appel au meurtre ou à l’assassinat, et en droit, un fait réprimé par la loi. D’où ce terme de protection des civiles d’autrui et cette citation en justice de l’association d’amitié et de coopération entre les peuples européens et libyens formulée par son conseil , aussi dénommée par son sigle MSPL, ou MSPlibyen, dont on ne trouve trace que sur le blogue-notes de Nicolas ou de Levy.
    D’une part de ce que nous sentons que « les jeunes libyens aspirent eux-aussi à la liberté » et que « le peuple libyen désire ardemment la démocratie » et que beaucoup pensent que, comme au Maroc, les effets d’annonce du régime au pouvoir ont trop tardé à se concrétiser. D’autre part, le « peuple », dans sa présumée large majorité est à peu près comme énormément de leurs confrères arabes (Tunisiens, Egyptiens et Yéminites) sous la dictature de leurs dirigeants, soucieux de s’approvisionner, de sérénité. Peut-être prêts pour beaucoup, d’où que cela vienne, à donner crédit à qui laisse espérer d’assurer l’ordinaire.
    Nombre d’Afghans ont finalement préféré le régime des Talibans à la poursuite des bombardements, combats, restrictions, &c., du temps de l’accession au gouvernement du si démocratique Tadjik Ahmad Shah Massoud (dit commandant Massoud, le héros de Bernard-Henri Lévy). Certes, c’est un résumé trop rapide, sujet à controverse.
    Tout le monde veut bien reconnaître qu’il existe des pro-Kadhafi et des anti-Kadhafi dans des mesures que ce même monde ne saurait vraiment déterminer? Alors que les 80% sont des pro. et soutiennent leur Guide.
    Ce flou est-il susceptible d’être dissipé par la presse en général, et par la très influente chaîne arabe al-Jazeera en particulier ? On peut vraiment en douter. De même que de la qualité de l’information à propos de la Libye, sujette à caution…et prouve sa complicité avec la coalision et l’Onu pour l’extermination des libyens.
    C’est vrai que Al-Jazeera émettant en arabe peut en avoir fait beaucoup en faveur du Conseil national libyen, que moi j’apelle des « harkis » à la solde de la France, qui finirons un jour de s’échouer sur le sol français, comme les harkis d’origine algérienne. Pas dans la couverture des événements de l’instant, de l’heure ou du jour, mais en donnant bien davantage et exclusivement la parole au CNL ou à ses soutiens qu’au camp des libyens d’en face. Enfin, al-Jazeera ne se prive pas de prendre parti sur la Libye, elle ne critique plus le Qatar, qui la finance, et les Émirats voisins. Répression au Bahreïn, morts de miliers de nos frères chiites, pays envahie par l’armée du frère saoudien? Point trop parler, l’Iran revendique son golf persique usurpé par les arabes. La comparaison entre le traitement médiatique des soulèvements dans certains pays du Golfe persique (nomination originale, prouvant son appartenance à la perse antique) et de la Syrie et celui de l’insurrection libyenne vaut d’être soupesée? Une flagrante contradiction. : Le 30 novembre 2004, le CSA demandait « la suspension de la diffusion de la chaîne en Europe suite à de nombreux « dérapages antisémites »». Question dérapages « antisémites », Youssouf al-Qaradawi n’est pas vraiment en reste, sauf qu’il s’en prend rarement aux sémites arabes ; mais pour taper sur le sionisme, il vaut bien Sayed Hassan Nasrallah. Bizarrement, là, al-Qaradawi n’a pas trop choqué l’opinion française. Finalement, le CSA avait passé une convention avec la chaîne al-Manar. C’était le 17 décembre 2004.
    Pour supporter le dérapage des bombardements par la coalision sur la population civiles libyenne à la recherche de la famille Kadhafi, il sont à la 2000ième victime (morts de civiles libyens), d’après les chiffres qui nous ont été communiqués par une ONG humanitaire française, alors la coalision préfère maintenant économiser des morts en utilisant des drones israéliens sophistiqués. C’est très bien, les drones, pour traquer les talibans dans les montagnes ; pour en éliminer d’éminents au Pakistan, soit « on » y parvient, soit pas, mais sont frappés « en général » une dizaine de civils qui deviennent des « dommages collatéraux ». Vu du centre de pilotage des drones, c’est peut-être plus supportable psychologiquement. À côté de cela, les « bombes médiatiques » , les effets d’al-Jazeera sur les masses arabes, paraissent quelque peu dérisoires et pleins de mensonges.
    Aux débuts de la guerre Serbo-croate, il y a eu plus de tués et blessés dans la presse que parmi les combattants, à cette époque là, on pouvait pas encore soudoyer un journaliste avec des pétrodollars et les Quataris n’étaient pas encore assez riche pour se permettre au menu un ‘arabe farci’ au phosphore.

    En Libye, il se trouve qu’al-Jazeera déploie beaucoup de monde sur le terrain et film ses figurants sur une seule piste fraichement goudronnée pour cet effet. Et à chaque tire, ses figurants lèvent les deux doigts en signe de victoire. De source sécuritaire ses figurants recrutés parmi la jeunesse libyenne, Maghrébine et aussi Égyptienne par une agence Israélite à 3000 dollars/mois en plus du butin de guerre (site Juif.org), les services financiers de l’Émir du Quatar vient de virer 325 000 millions de dollars à une banque juif en Pennsylvanie USA, pour le recrutement de 15 000 mercenaires et leur équipements, il sera viré aux familles des recrus une avance de 70 000 dollars «source,revue de Qatar Islamic Bank (QIB)».

    On peut se demander si c’est pour mieux nous informer ou pour complaire à la famille régnante du Qatar, les Khalifa.
    Écoutons ce que disent nos frères de la chaine al-Manar,« En Syrie, les forces de sécurité poursuivent la chasse aux terroristes. ». C’est titré : « Aveux de terroristes syriens: « Les manifestations sont armées, non pacifiques » ». C’est peu ou prou le site du secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah qui « a salué les peuples révoltés et affirmé qu’il est prêt à leur offrir toute aide nécessaire. ». Mais comme par hasard, il y a révolte et révolte, insurrection et insurrection, et comme le régime syrien n’est pas trop fermement opposé au régime iranien… « Nous nous rassemblons aujourd’hui pour exprimer notre soutien aux peuples arabes, à leurs révolutions et leurs sacrifices, surtout en Tunisie, en Égypte, à Bahreïn, en Libye et au Yémen. Cette solidarité a une valeur morale parce que la ténacité, la résistance et la persévérance de ces peuples sont à l’origine de tout ce qui se passe aujourd’hui… ». Que le régime syrien soit à majorité alaouite ne pose guère problème à la chaîne al-Manar. La chaine franco-française France-2 et tout à fait sur la même longueur d’onde qu’al-Manar, al-Arabya; MBC, al-Jazeera etc. C’est une coalision de chaines d’information au service du sionisme et de l’occident…..

    Journaliste indépendant
    Algéran Society For International Relations

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s