Un choix dynastique

25.06.2011 |   Khalid Tritki |  eplume.wordpress.com 

J’ai assisté aujourd’hui (vendredi 24 juin) à une conférence à HEM à Casablanca pour une lecture croisée du projet de constitution qui sera soumis au vote le 1er juillet prochain. Youssef Blal (PPS) et Ali Bouabid (USFP) ont intervenu pour analyser, chacun de son angle de vision et de son background politique, le projet de constitution proposé par la commission de Menouni. Blal a eu le mérite de la clarté car sa position est toute tranchée. Pour lui, nous devons nous poser la question de savoir si ce projet de constitution installera un régime démocratique au Maroc. Sa réponse est NON. Explication : le projet ne trace pas de manière perceptible le lien, ô combien crucial en démocratie, entre le pouvoir d’agir et la responsabilisation. Les pouvoirs du roi restent prééminents dans un système où les autres acteurs ne sont que des exécuteurs. Conclusion de Blal : Si votre OUI est une quête de la démocratie, et non pas un OUI de plébiscite, vous devez votez NON.

Ali Bouabid a choisi un chemin tortueux pour décliner sa position. Il souligne d’emblée que ce projet de constitution a tous les ingrédients pour voter contre (NON), comme il porte tous les arguments encourageant le boycotte. Mais il recèle des éléments positifs qui peuvent être un début vers une réelle transition démocratique. Sans les développer, Bouabid insiste sur le fait que le vote positif est un pari à prendre (et que lui prendra) pour la construction démocratique à venir. Soit le même discours tenu par les partis politique depuis le milieu des années 90 et qui consiste à entériner les choix du Palais en croyant à une éternelle transition démocratique sans corps ni âme.

Faute de pouvoir convaincre en se focalisant sur le texte de la réforme, le membre du bureau politique de l’USFP s’attarde sur la période post-référendaire. Son souci majeur réside dans la définition de l’agenda d’adoption des lois organiques qui complèteront le texte fondamental. Une tâche qu’il juge cruciale pour parfaire l’édifice constitutionnel, voir même, grâce à débat national, remédier aux imperfections du projet qui sera soumis au vote le 1er juillet prochain. Raison assez stratégique pour éviter des élections législatives en octobre prochain.

L’assistance est restée partagée sur le sens de la réforme et sur l’orientation à donner au vote référendaire. Ceux qui sont venus chercher une réponse tranchée, reconnaissent ne pas s’y trouver. D’autres, visiblement majoritaire dans la salle, maintiennent leur refus de cautionner une réforme mal pensée et pas du tout prometteuse. D’ailleurs l’une des interventions de l’assistance a décliné, en la résumant, la philosophie de contestation au projet : le Palais à fait un « choix dynastique » au détriment d’un « choix patriotique ».

En réponse à quelques interventions et commentaires, Ali Bouabid a commis un lapsus : « si demain on me propose une monarchie parlementaire, je la prend ». Certaines personnes présentes, moi compris, y ont vu un mauvais signe. Le jeune de l’USFP, comme ses ainées du parti, est dans une posture d’attente d’une vision institutionnelle octroyée. Une posture décevante à un moment où la société appelle de tout son cœur à un renouvellement d’élites, à l’émergence d’une élite initiatrice, pionnière et entreprenante à la place d’une élite passive et attentiste. Et visiblement, ce n’est pas demain la veille.

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