Faut-il ruser pour faire triompher une bonne idée ?

30.06.2011 |    khal9ollah  |  eplume.wordpress.com

Un vieillard du nom de « Khal9ollah », devenu fatigué de cette vie désormais de plus en plus absurde, m’a dit un jour que : « même si on ne maitrise pas l’espace-temps de notre commencement, le sens de la responsabilité impose que nous soyons  maîtres de nos propres destins ».  En y réfléchissant, je n’ai pu qu’y croire tout en restant confus quant au moyen d’y parvenir.

En effet, pour devenir maître de son propre destin, je citerai encore une phrase aussi longue que sage du vieillard Khal9ollah: « Quand une idée est valide, on ne doit pas ruser pour la faire triompher, bien au contraire on doit la confronter aux idées antagonistes dans le but de la rendre encore plus infaillible, car si elle ne l’est pas…je ne vois pas d’intérêt moral à soutenir des fausses idées » 

Kha9ollah le fatigué vieillard n’a peut-être pas tort ! Que cela signifie-t-il?

Cela veut tout simplement dire que lorsqu’une idée est bonne, celle-ci fait, théoriquement, son chemin toute seule pour atteindre naturellement les cœurs.
Nul besoin, alors, de ruser pour faire passer cette bonne idée, car agir inversement (c’est-à-dire employer un stratagème pour tromper) signifierait que celle-ci est mauvaise et la soutenir serait au moins moralement inacceptable. Pire encore,  persister à ruser pour faire triompher un message  est en soi une preuve de la mauvaise foi de celui ou celle qui recourt à cette démarche malicieuse. Une démarche qui démontre également que derrière ce soutien se cacherait certainement d’autres intérêts qui demeureront dans tous les cas immoraux vu qu’ils sont motivés par la malice et non par l’honnêteté.

Il s’agit  donc là d’une question d’éthique morale, une sorte de cohérence intellectuelle qui vise à se détacher d’une certaine auto-hypocrisie réconfortante dans laquelle baigne un bon nombre de nos concitoyens. D’ailleurs, accordons-nous vraiment une valeur à nos principes? Si c’est le cas, devrions-nous accepter l’utilisation de moyens immoraux pour arriver à des fins morales?

A mon sens, pour un esprit intègre la réponse à ce questionnement est claire et n’admet pas une demi solution: la valeur du contenu ne peut être dissociée du contenant. En d’autres termes, quand la forme sert pour tromper au sujet du fond, inutile d’écrire toute une encyclopédie pour en déduire que de ce procédé résultera inéluctablement une idée faussement valide.

Faut-il alors encore ruser pour faire triompher une bonne idée ?

Essayons  maintenant de contextualiser cette problématique au cas marocain.

« La bonne idée » : La nouvelle constitution marocaine à laquelle les citoyens marocains sont invités à voter « oui » le 1 juillet 2011.

« La ruse » : L’Etat marocain (à travers ceux qui le gouvernent)  paye des manifestants  pour sortir manifester pour le « Oui » dans ce qui est censé être des manifestations spontanées « prévues »  le soir même du discours royal du 17 juin.

En prenant en compte ces données de manière contextualisée, on peut donc légitimement se poser la question suivante : Si l’idée est bonne (nouvelle constitution marocaine) pourquoi alors l’Etat utilise-t-il la ruse pour faire triompher le « oui » ?

Une  personne convaincue par une idée a-t-elle besoin d’être payée pour manifester le fait qu’elle le soit? La seule réponse cohérente à cette question admet alors deux solutions : soit les citoyens marocains ne sont pas vraiment convaincus (par une idée fausse) soit ces derniers sont difficilement « convaincables » (par une idée faussement valide). De plus, l’incohérence devient, suivant la logique de l’Etat, une véritable norme à tel point que ce dernier va même jusqu’à employer des enfants pour remplir les chaises vides afin de  pouvoir affirmer par la suite que le peuple marocain est massivement pour le « oui », et ceci m’attriste particulièrement car cette pratique démontre  la faillite totale du message supposé être sensé.

Devant la problématique de la ruse et de la bonne idée, je me suis alors posé la question de l’utilité du vote concernant cette nouvelle constitution.  Et j’ai fini par arriver à la conviction suivante :  « la liberté de choix ne se résume pas à dire Oui ou Non à ce qu’on me propose. La liberté c’est aussi pouvoir choisir de boycotter les mécanismes qui ne m’ont pas permis de participer à l’élaboration de cette proposition qui, au final, ne me laisse que le choix entre le Oui et le Non. »

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Repères:
Parce que nous sommes au jour J du référendum(01.07.2011) et pour répondre à la question posée précédemment : Si l’idée est bonne (nouvelle constitution marocaine) pourquoi alors l’Etat utilise-t-il la ruse pour faire triompher le « oui » ?

La réponse se trouve illustrée par cette vidéo:

[youtube:https://www.youtube.com/watch?v=Vq1gv4qtah4&w=400&h=300%5D

Ceci est une video du mouvement du 20FEB à Taroudant, qui montre que des gens ont reçu des fringues ( T-shirt, Tongs…) pour aller « manifester » pour le « oui ».

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Un commentaire pour Faut-il ruser pour faire triompher une bonne idée ?

  1. Ynim dit :

    Un ptit billet sur le même sujet : l’idée et son parcours
    http://ynim.posterous.com/le-maroc-cest-la-faute-a-di-caprio

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