Naciri-Gate : L’homme par qui tous les scandales arrivent

28.06.2011   |    Leila Ait Bouzid   |   Mamfakinch

Jalal Makhfi et Omar Makhfi, respectivement correspondent de la chaîne Dubai TV et Rédacteur en chef à la même chaîne, ont été licenciés suite à des pressions exercées par le ministre de la Communication et le porte-parole du Gouvernement Khalid Naciri. Voilà les faits tels qu’ils ont été rapportés par Omar Makhfi dans une lettre adressée à la presse.

Par Leila Ait Bouzid pour Mamfakinch !

Le 21 juin 2011, Omar Makhfi reçoit une lettre de la direction de sa chaîne l’informant de la fin de son contrat après 8 ans de carrière. Son frère Jalal a été également licencié. Ces deux licenciements n’ont pas été justifiés par écrit, mais les responsables de la chaîne diront à Omar Makhfi «avoir subi des pressions de la part du Maroc».

L’affaire remonte au 19 juin, lorsque la chaîne de Dubai prend attache en direct avec son correspondant lui demandant de l’informer de l’avenir des manifestations du mouvement du 20 février après le discours royal du 17 juin. Jalal Makhfi, comme le montre la vidéo, décrit la situation sur le terrain en total respect des règles du métier et sans complaisance envers une partie ou une autre.

Le présentateur du journal télévisé donnera par la suite la parole au ministre de la Communication lui demandant, toujours en direct, d’expliquer les nouveautés de la nouvelle constitution, telles qu’énoncés par le Roi du Maroc. Au lieu de répondre à la question, le ministre s’est violemment pris au correspondant l’accusant d’avoir détourné la réalité à cause de son appartenance au mouvement du 20 février (voir vidéo).

Il a ensuite appelé la chaîne pour «griller» Jalal Makhfi, menaçant de «le poursuivre politiquement» !

Sous la pression du Maroc, la chaîne de Dubai finit donc par licencier Jalal El Makhfi et même son frère qui a subi les dommages collatéraux de la colère ministérielle même s’il n’avait aucun lien avec le mouvement du 20 février.

La ministre marocain a utilisé sa puissance transfrontalière pour sanctionner deux journalistes marocains dans l’exercice de leur métier. C’est une première. Même le régime syrien, malgré les attaques virulentes dont il fait l’objet, n’a pas recouru à ce genre de pratiques dans ses relations avec les correspondants.

Les journalistes Marocains considèrent que les agissements de Khalid Naciri sont en contradiction flagrante avec la liberté d’expression édictée dans la nouvelle Constitution qui sera soumise au vote vendredi prochain.

A l’heure où ce post a été écrit, le ministre de la Communication n’a émis aucune réaction alors que sur Facebook, l’indignation est à son comble. Les internautes marocains se demandent si l’appartenance au mouvement du 20 février était un délit susceptible de sanction dans les yeux du Maroc.

Les deux frères sont lauréats de l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication de Rabat. Jalal a exercé dans de nombreux magazines marocains avant de travailler en tant que free lance pour la chaîne de Dubaî. Omar Makhfi, son frère aîné, y était Rédacteur en chef depuis 2003 et il est également formateur agrée par la BBC. Avant Dubai TV, il était rédacteur en chef à la chaîne iranienne Al Alam. Il faisait partie de la première vague de journalistes marocains recrutés par les chaînes de Golfe grâce à la notoriété journalistique marocaine. Avant, Omar a travaillé à 2M, à l’Economiste et à Maghrib Al Yaoum.

Cet article, publié dans Maroc, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s