»Printemps arabe » spontané ou provoqué ?

06.09.2011 | Dr Zouhair Lahna   |    eplume.wordpress.com

La question devrait  être posée !! Les mouvements populaires dans les pays arabes, qui nous ont enchantés au début, avant la guerre (en Libye), les incertitudes (au Yémen)  et le chaos (en Syrie), sont-ils spontanés ou provoqués ?  Les revendications et transformations  dans les pays arabes ont- ils vraiment une dynamique interne, comme cela nous est présenté, ou suivent-ils un dessein qui a été soigneusement mis en place depuis  quelques années ?  Ainsi, les nouveaux moyens de communication (Internet, Facebook, Tweeter…) et les moyens mises en place pour encourager  leur diffusion ont été les véritables leviers (armes) de ce qu’on est en train de vivre !!

 Les  peuples arabes ont été mis sous tutelle aussi bien par leurs régimes que par leurs ’’élites’’ avec une certaine complicité coupable d’une bonne partie de l’intelligentsia et des oulémas (dit du palais). Quant aux administrations occidentales et leurs caisses de résonnances médiatiques, ils ont toujours distillé dans leurs populations une image surannée des musulmans en général et des arabes en particuliers. Et les dernières stigmatisations d’un millier de jeunes gens tunisiens qui ont pris la mer et le risque (de perdre leur vie) pour venir en France, montrent bien la frilosité des uns et le populisme des autres.

De la surprise en Tunisie à la guerre en Libye !!

Après l’effet surprise du cas tunisien et la fuite surréaliste du général Ben Ali, le mouvement égyptien et la chute du ‘’ pharaon’’ Moubarak,  emporté par la vague humaine de la place de la libération du Caire, les autres pays arabes entrent en scène,  les uns derrières les autres. Si chaque pays a son histoire et sa spécificité, ils ont tous le caractère commun de l’autocratie, voir la dictature et un concentré de violations des droits humains et d’injustices sociales.  Ce qui laisse pantois quand on connait les prescriptions de l’Islam dont se réclament tous les ‘’dirigeants’’ des pays arabes. En Islam, il y a ce qu’on  appelle des droits divins qui régissent les relations équitables entre individus en général et entre gouverneurs et gouvernés. Mais dans les faits, ça n’a pas l’air de dépasser la rhétorique !

Quand j’étais en Tunisie, quelques jours après  la chute du régime de Ben Ali, je souhaitais comprendre ce qui s’est vraiment passé ? Comment ce peuple, jugé le plus tenu et le mieux surveillé a pu en moins d’un mois basculer vers l’ouverture et la liberté ?  Sans leaders ni élite révolutionnaire. Des personnes se sont hélas, déjà immolés à plusieurs reprises et dans plusieurs pays, sans aucun effet, cependant Mohamed Bouazizi par son geste désespéré a pu réaliser cette métamorphose.

Après quelques jours à Tunis, où on pouvait sentir un vent de liberté balayer l’avenue Bourguiba et bien au-delà,  j’ai accompagné une ONG tunisienne fraichement créée (quatre mois) pour le centre du pays, exactement à Regab à 30 km de Sidi Bouzid, la ville natale de Bouazizi. L’association a été mal accueillie par les habitants de la région. Fiers, ils ont  voulu leur transmettre qu’ils n’étaient pas des affamés et que Bouazizi est mort pour la dignité pas pour le pain. Ce camouflet  a été surprenant  pour ces jeunes et moins jeunes  tunisiens de bonne foi qui voulaient faire quelque chose, mais intelligible. Les habitants de cette Tunisie de l’ombre ne voulaient pas de compassion. Par expérience, les révoltes et les résistances ne prennent source que dans des régions pareilles (assez loin des influences). D’ailleurs Ali Bengdahoum, la légende de la résistance contre la colonisation française est originaire de cette région.

Après l’immolation de Mohamed Bouazizi, la ville de Sidi Bouzid a manifesté sa colère toute une journée, réprimée comme il se doit, puis rien. Le surlendemain, une robe a été accrochée au rond point central de la ville de Régab qui n’avait pas réagit. La robe dans la culture pas seulement locale mais dans pas mal d’endroits à travers le monde, indique un comportement efféminée des hommes. La même soirée, la ville de Régab s’est enflammée et en matinée, elle a eu son premier mort, un jeune de 18 ans. Lors des obsèques de ce dernier, des snippers sur les toits ont tiré dans la foule occasionnant deux autres décès supplémentaires.  Et là il s’est passé un élément surprenant : c’est la manifestation ostensible des snipers de leur enthousiasme à chaque fois qu’une ‘’cible’’ populaire est atteinte. Ce qui n’a pas manqué d’attiser  la colère de la population et de mettre de l’huile sur le feu. Des gestes qui ont avivé le sentiment de défi et de vengeance de la part des habitants. Et une fois le peuple est en pleine effervescence, les unités se retirent. Surprenant !!

Sur le moment, je  n’ai pas eu d’explications à ce qu’on m’a raconté. Cependant ma perplexité a eu tendance à se dissiper lors de ma visite à Benghazi, où on m’a expliqué que le 17 février, date de leur révolte est en fait  une date anniversaire de l’humiliation qui leur a été faite par le consul Italien à  Benghazi,  qui avait mis un T-shirt avec les caricatures du prophète Mohammed (PSL). Cette offense populaire gratuite a été suivie d’une émeute avec saccage du consulat et déchirure du drapeau Italien par des jeunes en colère. Les forces de l’ordre sont intervenues avec la sauvagerie habituelle des pays du sud et ont fini par exécuter  14 jeunes !! Depuis Cette année, la population de Benghazi sortait le 17 février pour manifester sa colère. Et en 2011, la colère s’est transformée en affrontements avec le même scénario de snippers qui tirent sur les foulent et les poussent à la confrontation.

Au Yémen, le vendredi 18 Mars, des snippers postés sur les toits des immeubles ont fait une soixantaine de victimes innocentes parmi les manifestants de la place du changement dans Sanaa, marquant un point de non-retour définitif des manifestants, le même scénario s’est déroulé dans la ville de Taez.  Ce qui a poussé les manifestants non seulement à demander la chute du régime mais également de juger le président Saleh traité d’assassin lors des manifestations. Ce qui mis le président Saleh dos au mur, faisant trainer encore un peu plus la crise, tout en cherchant une issue qui lui serait la moins défavorable ou la plus saine. Jusqu’à sa blessure ‘’bienvenue’’ et son exfiltration pour des soins en Arabie saoudite.

Par ailleurs, les images et témoignages qui nous arrivent de Syrie de décès aussi bien des manifestants en colère que dans les rangs de l’armée et des forces de l’ordre sont difficilement intelligibles dans un le black-out total décidé de la part de l’état syrien. Un état sécuritaire qui a activé ses vieux réflexes de maintien de l’ordre par la force, mais qui est en train de perdre la bataille intérieur face à un ennemi invisible qui le harcèle et lui met sa population à dos,  et extérieur en lui faisant perdre sa légitimité de jour en jour. Quand la confiance fait défaut, la partie est perdue. Et c’est ce qu’on est en train de vivre en Syrie et ailleurs dans les pays arabes non conciliants.

L’Egypte et le Facebook

En Egypte, le départ fut le Facebook qui a réuni 10 000 personnes qui se sont donné  rendez-vous le 25 janvier, le jour de la fête de la police afin de sortir et manifester pour plus de liberté. Leur rang s’est agrandi par des jeunes et moins jeunes qui ont surpassé leurs peurs afin de défier la machine répressive. Tout le monde ne pouvait que partager les mêmes revendications face à un régime gangréné par la corruption et l’arbitraire. Les jeunes tunisiens, toujours via Facebook ont livré aux jeunes égyptiens les recettes pour vaincre les tuyaux d’eau et les gaz lacrymogènes. La population égyptienne frustrée, a  trouvé en elle le courage de suivre cette locomotive de jeunesse. Les revendications sont contre la tête du régime. Les Frères Musulmans pris de court se sont joints à travers leur jeunesse avec le mouvement tout en adoptant un profil bas. L’Islam avait sa place spirituelle lors des prières à la place de libération mais pas de place politique. Le pari est gagné par les meneurs et leurs alliés intérieurs et extérieurs.

Quand je suis arrivé en Libye  fin mars, je suis entré par voie terrestre via l’Egypte jusqu’à Benghazi. J’y ai passé une semaine environ avec des jeunes qui ont gouté à la liberté, heureux de la perspective d’embrasser un changement qui le voyait très proche. Avant même d’arriver dans ce pays méconnu même pour nous autres arabes, tellement l’image de leurs leader caricaturale est omniprésente.  Les jeunes libyens, chair  à canons qui se sont révoltés, ne pouvaient pas savoir que cette révolte va leur être si vite confisquée  par une poignée de personnes, constituée en Conseil National de Transition et des alliés occidentaux qui leur veulent du bien !!

Leur grand-père Omar Al Mokhtar, symbole de la résistance contre le colon italien, n’aurait jamais accepté une aide occidentale ‘’impie’’ et ‘’calculatrice’’ contre une partie de son peuple même s’il lutte contre un tyran. Il aurait sûrement choisi d’autres méthodes de résistance mais surtout pas de compromission. Le cas Iraquien si vif dans les esprits et la suite des évènements en Libye ne manqueront pas de donner matière à réflexion,  aussi bien aux enthousiastes qu’aux sceptiques.

Dans la vie de tous les jours, comme en politique, la sagesse devrait nous inviter à nous demander  les motivations des personnes et des pays qui nous veulent du bien. Quand un philosophe –pop et impérialiste notoire  vole (dans son jet privé) au secours du pays arabe et musulman, j’ai nommé la Libye, il y a de quoi se poser des questions.  Bernard- Henri Lévy qui a été faire un tour il y a deux ans dans Gaza à feu à bord d’un blindé de l’armée  sioniste, ne peut emmener en Libye que le feu, le sang et la faillite. Il a trouvé malheureusement des alliés libyens, assoiffés de pouvoir, qui offrent un quitus à ce désastre au sud de la Méditerranée. La pièce est rondement menée et personne ne trouvera rien à redire !!

Mais  qui pourrait défendre Kadhafi par les temps qui courent. D’autant plus que les médias comme Al Jazeera s’y mêlent. Elle lui sort ses cadavres du placard et le peint comme un schizophrène sanguinaire, donc à abattre.  On assiste au remake à la Saddam  en Iraq.

Pour sauver des libyens (des mercenaires du tyran), il faut bombarder le pays. Cette logique est invraisemblable mais devient acceptable pour les peuples du monde qui regardent des scènes  de guerre et  comptent les chiffres de morts tout en mangeant le soir, exactement comme si c’était un film hollywoodien.  Une intervention de l’OTAN payée tôt ou tard par les monarchies du golfe et les libyens eux-mêmes.  Devant la désinformation et le fait accompli, les pauvres arabes et musulmans sont, encore une fois, les acteurs de la pièce qui jouent dans leur théâtre. Pièce dont ils n’ont écrit ni le scénario  ni la mise en scène. In fine, après tant de malheurs présents, et à venir, le destructeur sera présenté comme le chevalier blanc sauveur des peuples et instaurateur de la démocratie.  La belle trouvaille grecque, servie comme vérité absolue au Monde !!

En Syrie, comme en Libye, qui pourrait croire le régime et ses moyens de communication ? Décrédités depuis longtemps, ils sont tombés dans leurs propres panneaux d’autocratie et de fermeture. Le régime syrien a beau crié qu’il y a des hommes armés qui tirent sur la foule et sur les forces de l’ordre, personne ne le croit. Ils sont restés en  dehors du temps et se sont fait dépassés par les nouveaux moyens de communication et par la force de l’image de l’information et/ou de la désinformation. Cependant leurs pertes de légitimité avant qu’elle ne soit décrétée par les administrations occidentales, elles l’ont eu de leurs propres peuples qu’ils n’ont pas su respecter et protéger, comme cela devrait l’être en terre d’Islam !!

                                                      

La place de l’islam dans les ‘‘révolutions’’ arabes ?

Les régimes sclérosés qui ont écrasés leurs peuples se sont vus défiés sur leurs propres sols par leurs propres jeunesses. Les instigateurs des révoltes arabes ont su scruter les besoins, les ressentiments cumulés et faire activer cette énergie refoulée. C’est du travail de maitre. Comme réponse inappropriée, les régimes ont répondu soit par  la répression sécuritaire avec une volonté du  maintien du statut quo  ou des pseudo-changements qui n’ont plus droit de cité et restent en deçà des revendications sociales cumulés.

Pour  la première fois, depuis l’avènement de l’Islam, dans le monde arabo- musulman, les foules se mettent en branle par deux leviers : celui de la demande de valeurs dites  universelles et dans une moindre mesure, un certain nationalisme trivial ou tribal. L’islam et le jihad qui ont toujours mobilisé n’ont pas droit de cité cette fois-ci. Les formations politiques et associations islamiques ont rejoint le mouvement parce qu’ils se recoupent avec eux dans certaines revendications qui de fait sont également  d’essence  musulmanes, surtout la liberté la justice. Cependant, les divergences sont criantes quand il s’agit de philosophie de vie ou de modèle social.

Les formations dites islamiques qui ont payé une lourde tribu suite aux politiques sécuritaires et arbitraires des états arabes (sous la houlette de l’oncle Sam) depuis le 11 septembre, se sont adaptées en mettant les  valeurs avant le Tawhid (l’unicité de Dieu). Ce qui n’est pas pour déplaire aux détracteurs de l’Islam et sa pensée.

Il est à rappeler que tous les mouvements de libération coloniales étaient de pensée laïque mais se devaient d’utiliser l’islam et les principes du jihad afin d’avoir l’adhésion populaire et l’enrôlement de combattants. Cette fois-ci, les mouvements contestataires élaborés au Facebook plutôt laïque et les jeunes  islamistes dansent un tango. Les premiers mènent le combat idéologique mais restent  en nombre limités avec moins de relais dans une population qui reste quoi qu’en dise encore déconnectée (numériquement),  les associations islamistes comme les frères musulmans en Egypte ou Al Jamaa (justice et Bienfaisance) au Maroc sont plus nombreux dans les cortèges et plus disciplinées.  Chacun pense utiliser l’autre. Mais les premiers sont soutenus par l’extérieur et une fois le régime chamboulé et non islamisé, ils obtiendront les avant-postes comme le fameux ‘’Slim404’’ en Tunisie qui a été promu Secrétaire d’état et le jeune Wael  Ghonim, devenu par le fait de la presse une star égyptienne, des leaders bien choisi s après une ‘’bonne  révolution’’ comme on les aime en occident.  La première sortie médiatique du jeune Wael Ghonim, responsable de Google au Moyen Orient et qui a pour épouse une américaine, a été de demander à des experts de la Banque Mondiale à venir au chevet de son pays. Prometteur comme vision !! Comme si ce ne sont pas les crédits de cette même banque et  plans d’ajustement  structurel du FMI qui ont mis tous les pays du sud aux abois et leurs habitants dans la misère !!

D’ailleurs le but de la guerre en Libye, préparée depuis longtemps, a été de casser Kadhafi et son défi au système bancaire mondial, exactement comme Saddam avant lui. On ne va pas chercher à instaurer les démocraties dans les pays soumis au système impérialiste.

Les leviers de l’e-révolution

L’heure de la démocratie dans le monde arabe a été décidée ailleurs que sous leurs cieux. Les nouveaux moyens de communications et les aides qui ont été faites pour former les jeunes à ces méthodes ne sont pas étrangers à ces soulèvements.

Il y a quelques temps, j’ai rencontré un jeune journaliste marocain qui s’est illustré par la mise en ligne d’une grosse facture d’un ministre. Congédié par sa rédaction, il a été repéré et encourager à monter sa petite entreprise de conseil. Il a reçu les aides avait commencé à organiser des séminaires de cyber activisme !!  Avec la bénédiction des autorités (naïves) et les fonds généreux d’USAID, la fameuse agence d’aide au développement américaine et des donateurs européens. En encourageant ce genre d’entreprise,  les agences de développement occidentales ont contribué à la formation  gratuite de milliers de jeunes arabes. Il est toujours surprenant de voir dans les pays du sud, des personnes même soit disant instruites et diplômés accepter des ‘’dons’’ et des ‘’offres’’ sans se demander quelle est  la contrepartie ? Sans compter ceux qui ont fait des efforts personnels pour être à la page (de Facebook). Et le moment  venu, l’état sclérosé et affairiste ne pouvait rien maitriser.

Les années d’activité dans ce qu’on appelle l’aide humanitaire m’ont appris qu’il n’y a aucune action ‘’gratuite’’ dans le monde. Si on forme, on soigne, ou on éduque des personnes c’est que ça devrait apporter quelque chose au donateur et ça va de la satisfaction personnel à l’entrisme d’état en passant par le prosélytisme religieux. Les états arabes  se sont vu perdre la main petit à petit sur leurs populations. Le manque de vision et la corruption ont laissés  grandes ouvertes les voies de pénétrance dans les sociétés.

A voir ce qui se passe en Libye (la guerre) au Yémen (l’impasse) et en Syrie (le chaos) le printemps arabe a plutôt un gout du vinaigre. Bien évidemment, les peuples doivent payer le prix de leurs libérations. Mais sans leaders et avec une classe politique et une élite en panne, il est difficile de parier sur l’avenir. Au-delà de ces bouleversements, c’est la poussée de l’Islam comme valeur de remplacement idéologique qui se trouve freinée par ces ‘’révolutions’’. Les mouvements islamiques épuisés, dix ans après le début de la guerre qui leur a été lancé par Gorges Bush, sont en train d’accepter la sécularisation. Et cette ‘’mort’’ symbolique de l’Islam politique est célébrée par l’annonce de la ‘’mort’’ de Ben Laden, qui salue, dans une cassette post mortem, difficile à identifier,  les jeunes et leurs mouvements de libération. Comme ça la boucle est bouclée !!

 

Dr Zouhair Lahna
Médecin, Acteur associatif. 

Ancien Chef de Clinique des Universités, Paris VII & Ancien Vice-Président d’Aide Médicale Internationale. A réalisé des missions humanitaires avec Médecins du Monde A réalisé des missions humanitaires avec Médecins du Monde et Médecins Sans Frontières. Ces derniers mois, il a été effectué des ‘’missions’’ en Tunisie, Egypte, Libye, Yémen et au Maroc.
 

Cet article, publié dans Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s