Bru-XXX-Elles !

19.09.2011 | Aymane Boubouh |  eplume.wordpress.com

La gare du nord est la station de train la plus proche de là où j’habite. J’ai parfois l’habitude de fuir chez ma famille paternelle à Anvers quand un week-end se libère. Je voyage à la ville des diamants pour me concilier avec mes racines nord-est-marocaine et faire le plein d’affection, d’amour, de chaleur, de sincérité, de spontanéité et de discussions à but non lucratives pour pouvoir tenir le coup jusqu’à la fin sans que le cercle vicieux occidental « Métro, Boulot, Dodo » me fasse perdre beaucoup de mes coutumes afro-marocaines … pour ne pas perdre la tête surtout !

Devant la voie ferrée, Il n’est que 15h … Il me reste encore 40 minutes avant le prochain train. La génération frustrée, ne sachant pas comment passer ce temps sans rien faire, commence déjà à retirer les Smartphones de leurs housses pour s’hypnotiser devant les petits écrans tout en écoutant du « bruit organisé » avec de très gros casques. Les plus frustrés se dirigent vers les distributeurs automatiques pour acheter des boissons gazeuses très sucrés et/ou des barres chocolatées hypercaloriques pour apaiser l’ennui qui a jailli soudainement à la surface. Les moins frustrés se sont cachés derrière des journaux sur lesquelles il y a beaucoup de photos très mal choisies de femmes afghanes ; ce n’est qu’en s’approchant que j’ai pu comprendre pourquoi : « la loi interdisant le port du Niqab/Burqa entre en vigueur aujourd’hui 23 juillet en Belgique » écrit en Times New Roman, en gros et en gras.

Quand à ma frustration, je l’ai enterré en quittant la gare pour faire un petit tour dans les parages. Question d’approfondir ma relation avec Bruxelles et ne pas trop fixer la génération frustrée.

En s’évacuant par l’une des sorties arrières de la gare, je tombe sur deux ou trois sex-shops, un grand cinéma XXX et deux grands gabarits qui ont l’air de négocier avec des « vendeuses de plaisir » … J’en déduis que je suis dans le quartier rouge de la ville … à gauche, une longue rue très mouvementée, occupés par des hommes (tous âges, nationalités et toutes classes sociales confondues) qui sont entrain de regarder dans la même direction. Il y en a qui s’arrête pour bien prendre le temps de contempler. D’autres font des signes de mains. Les voitures circulent à très basse vitesse sans que personne ne klaxonne … je fais des petits pas en direction de cette rue pour savoir ce qui s’y passe. J’avais presque la certitude qu’il s’agit des « femmes en vitrines » qui font la particularité de la prostitution belge et néerlandaise.

Effectivement, en levant la tête, je tombe sur la première jeune femme : habillée d’une manière très vulgaire, qui regarde en ma direction en me souriant et en m’invitant de rentrer à sa cage … un regard vide … un sourire froid et une invitation honteuse … elle fait cela avec tout le monde … elle s’est rabaissée – ou on l’a fait rabaissé – à un objet sexuel, exposé dans une vitrine, que l’on use à la longueur de la journée par n’importe quel sale obsédé … J’ignore ce qu’elle ressent en offrant son corps à la longueur de la journée aux angoissés qui travaillent comme des fous dans le quartier des affaires qui entoure la gare … J’ignore à quoi elle réfléchit quand elle pose sa tête sur l’oreiller après que l’on s’est servi d’elle comme vidoir par les victimes du porno, les otages du sexe et les esclaves du plaisir ; des gens qui voyagent à Bruxelles parce que l’on a la possibilité de choisir le « produit » qui nous convient le plus parmi les 60 vitrines – 2 à 3 prostitués par vitrine – le long de cette rue scandaleuse que l’état surveille de loin … mais je sais que sa souffrance est tellement permanente et pénible qu’elle s’est créée une autre personnalité mariant fermeté et docilité pour pouvoir supporter son vécu de prostituée de vitrine.

C’est un autre exemple de la génération frustrée : Des ados/jeunes bourrés de film X et plongés dans la culture cul et/ou des quarantenaires/cinquantenaires/vieillards insatisfaits par leurs épouses, terrifiés par leurs patrons ou abîmés par la solitude qui viennent cristalliser leurs angoisses sur une relation charnelle de 20 minutes à 40 euros avec les belles pauvres filles publiques importées de l’Europe de l’Est

Mais comment peut-on en arriver là ? Et comment un pays qui respecte « les droits de l’homme » et lutte « contre la traite des êtres humains » peut-il accepter une telle offense à la dignité humaine ; publiquement et devant l’une des trois grandes gares de sa capitale.

Pour ne pas trop philosopher sur ce sujet parce qu’il est clair aujourd’hui plus que jamais – les événements nous le confirment quotidiennement – que les pays occidentaux promeuvent le respect des droits de l’homme tant que ce respect ne nuit pas à leurs intérêts économiques et géostratégiques.

Quand il s’agit d’une pauvre Bulgare/Roumaine/Albanaise qui débarque à Bruxelles ou à Amsterdam par un réseau de proxénètes pour servir sous menace les touristes et la génération frustrée des deux royaumes : ce n’est pas de l’esclavagisme ou de la traite des humains mais des « métiers » qui offrent des « services » contre une « rémunération » . Mais quand la fille de Mohamed se marie avec son cousin Ibrahim, ou que ce dernier veut se marier une deuxième fois : on en fait toute une histoire autour des mariages forces et de la polygamie qu’on inscrit dans le cadre de la violence sexuelle et du néo-esclavagisme arabo-islamo-taliban-Afghanistan-Pakistan … Ya Salam !!

Les prostituées de Bruxelles – plus de 5000 selon Une grande étude sur « l’offre prostitutionnelle bruxelloise » faite à l’université de Louvain : http://www.alias-bru.be/wp-content/uploads/2010/04/Prostitution-Bruxelles-en-image_2008-fr.pdf dont 70 % sont des bulgares, 15 % des roumaines et 10 % des albanaises avec des proxénètes bulgares/roumains et albanais – entretiennent cette activité essentiellement pour avoir des moyens de subsistance lorsque les canaux habituels ne le permettent pas se trouvent juridiquement à cheval entre la légalisation non réglementée française et la reconnaissance hollandaise réglementée et encadrée par des lois … Hypocrisie juridique oblige : les « fameuses vitrines » prennent le nom de « bars » où les prostituées sont légalement considérées comme des « serveuses » ; une façon de contourner la loi qui interdit le proxénétisme, le trafic d’humains et l’exploitation sexuelle parce qu’il est évident – quand les services de police et de control social veulent faire leur boulot – que la majorité des prostitués appartiennent à des réseaux de proxénétisme et qu’elles « travaillent » dans des conditions pénibles : ( horaires de « travail » exagéré, violence, drogue, MST, suicide, problèmes physiques et mentaux … etc.) … on ferme les yeux sur ça … et on trahit habilement la loi pour le bien-être des clients internationaux qui travaillent dans les grandes institutions bruxelloises puisque la ville est la capitale administrative de l’Europe … pour divertir la génération frustrée aussi … parce que ça rapporte de l’argent surtout !

Mais la loi se transforme en « parole d’évangile » quand on aperçoit une musulmane en « Niqab » qui circule dans les rues de Bruxelles – peut être même à quelques mètres de là où une misérable bulgare se fait souiller par un petit puceau belge – … Dans ce cas on l’arrête sur le champ pour infraction de la loi, elle paye une amende et on la traite d’esclave, de soumise et de maltraitée par Allah, par l’islam et par son Mari.

Faut t’il donc se prostituer pour mieux s’intégrer ?

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3 commentaires pour Bru-XXX-Elles !

  1. ... dit :

    La double peine des femmes en niqab

    22.09.2011 | Angelique Chrisafis | The Guardian


    Ce 22 septembre, deux femmes ont été condamnées à une amende par le tribunal de police de Meaux pour avoir porté un voile intégral sur la voie publique. Quelques jours plus tôt, une journaliste britannique avait rencontré l’une des deux contrevenantes.

    Hind Ahmas, 32 ans, pénètre dans une brasserie d’Aulnay-sous-Bois, une banlieue du nord de Paris. Les yeux s’écarquillent, les nuques se raidissent et un mouvement général de haut-le-cœur semble s’emparer des hommes fatigués qui sirotent leur café au comptoir. « Attendez, c’est quoi ça ? C’est pas interdit ? » s’exclame un serveur indigné en agitant sa bouteille de vin en direction d’Ahmas et de son voile intégral. Ahmas encaisse la remarque, serre son sac dans ses mains gantées de noir et répond: « Vous n’avez qu’à appeler la police, alors. » Mais elle n’est pas d’humeur à batailler. Nous traversons la rue pour nous installer dans un café où elle a ses habitudes. Ici, on la reçoit sans sourciller. Le patron n’a certainement pas envie de perdre une cliente.

    Depuis que la loi française interdit le port du voile intégral en public [le texte est entré en vigueur le 11 avril 2011], Ahmas commet une infraction chaque fois qu’elle sort de chez elle. Les femmes musulmanes portant le voile intégral – ou niqab – sont à présent exclues de toute activité publique, qu’il s’agisse de marcher dans la rue, de prendre le bus, de faire ses courses ou d’aller chercher les enfants à l’école. D’après les responsables politiques, cette interdiction visait à protéger l’ »égalité des sexes » et la « dignité » des femmes. Pourtant, cinq mois après cette décision, le résultat est un mélange d’apathie et de confusion. La communauté musulmane fait état d’une augmentation de la discrimination et des violences verbales ou physiques à l’encontre des femmes portant le voile. Dans la rue, on a vu des gens brandir le texte de loi devant des femmes voilées en essayant de leur arracher leur niqab, des chauffeurs de bus ont refusé de les laisser monter, des commerçants ont tenté de leur interdire l’accès à leur magasin.

    Ahmas est française, divorcée et mère d’une petite fille de trois ans. Elle pose son sac sur la table et en sort une bombe lacrymogène d’autodéfense et une alarme antiagression. Elle n’habite pourtant pas dans une barre, mais dans une rue tranquille de maisons particulières. La dernière fois qu’elle a été agressée dans la rue, un homme et une femme l’ont attaquée sous les yeux de sa fille, la traitant de « salope » et lui disant de retourner en Afghanistan. « Ma qualité de vie a sérieusement diminué depuis la loi », explique-t-elle. « Chaque fois que je sors, je dois me préparer psychologiquement à affronter des gens qui veulent me coller une balle dans la tête. Les politiques ont dit qu’ils voulaient nous libérer mais ils n’ont fait que nous exclure de la sphère sociale. L’un d’eux a dit que le niqab était une ‘prison ambulante’. Eh bien, c’est exactement la situation dans laquelle cette loi nous a placées. »

    Malgré l’agitation suscitée par l’interdiction, aucune femme n’[avait] encore été punie pour s’être montrée en niqab. Ce jeudi 22 septembre [avait] toutefois valeur de test, un juge de Meaux devant décider d’infliger ou non la première amende pour violation de la loi. [Ahmas avait été verbalisée le 5 mai à Meaux avec une amie. La justice les a finalement condamnées à verser respectivement 120 et 80 euros d’amende. Le ministère public avait requis une amende de 150 euros et l’obligation de suivre un stage de citoyenneté.] Gilles Devers, l’avocat qui représente Ahmas ainsi que d’autres femmes voilées, soutient que l’interdiction du niqab est contraire à la Convention européenne des droits de l’homme. La Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg pourrait maintenant être saisie et exposer la France au ridicule. Cela pourrait avoir des répercussions très importantes pour les musulmans de tout le continent. En Belgique, le port du niqab est interdit depuis cet été et peut être puni non seulement d’une amende mais de sept jours de prison. En Italie, la Ligue du Nord (extrême droite) a ressuscité une loi de 1975 pour sanctionner les femmes se couvrant le visage dans certaines régions du nord du pays. Le Danemark étudie également un projet limitant le port du voile, tandis que l’Autriche, les Pays-Bas et la Suisse se dirigent vers une interdiction totale.

    Fille d’un père d’origine marocaine, employé municipal, Ahmas grandit en région parisienne. Ses parents ne sont pas de fervents musulmans. Jeune femme diplômée et célibataire qui aime porter des minijupes et faire la fête, elle ne commence à porter le voile intégral qu’après avoir redécouvert la foi, il y a six ans. Elle affirme que son ancien mari n’a eu aucune influence sur son choix. Comme bon nombre de femmes voilées qui refusent de rester cloîtrées, Ahmas cherche désespérément du travail.

    « La vie est dure et je dois travailler », explique-t-elle. « Si ma fille veut quelque chose – ne serait-ce qu’une poupée Barbie – et que je ne peux pas lui offrir, cela me brise le cœur. » En janvier 2011, alors que le débat autour du niqab bat son plein, Ahmas se retrouve au chômage, son contrat n’étant renouvelé. « J’ai appelé des dizaines d’employeurs en leur demandant s’ils acceptaient le voile. ‘Ça dépend’, répondaient-ils. ‘Si c’est une tunique avec un pantalon et un voile, ça va, si c’est le voile intégral, non.’ C’est clairement de la discrimination. Complètement illégal », lâche-t-elle dans un soupir.

    Nation séculaire, la France entretient des rapports compliqués avec le voile. En 2004, tous les symboles religieux, y compris le voile, sont interdits à l’école. Même parmi les opposants à Sarkozy, rares sont les féministes ou les gens de gauche qui osent défendre le niqab, dans un pays où la laïcité reste l’un des rares dénominateurs communs au sein d’une gauche divisée. A Nice, sur la Côte d’Azur, Stéphanie, 31 ans, aime toujours aller se baigner en niqab. Cette ancienne étudiante en droit, convertie à l’islam, veille toutefois à venir lorsque la plage est déserte. La dernière fois qu’elle s’est baignée, un dimanche après-midi avec sa mère et sa fille de 10 ans, quelqu’un a appelé la police. Un groupe d’agents est arrivé et lui a demandé : « Mais qu’est-ce que vous faites, Madame ? » « Je me sèche », leur a-t-elle répondu. Dans le procès-verbal, les policiers ont décrit la nature du délit : « Baignade en niqab ». Stéphanie – qui préfère ne pas donner son nom de famille – a été convoquée par le procureur de Nice. Elle lui a expliqué que c’était son choix et qu’elle refusait d’enlever le niqab. Il lui a rappelé la loi et l’a laissée partir, sans sanction ni amende. Peu de temps après, il déclarait au quotidien Nice Matin qu’une femme voilée était moins dangereuse que quelqu’un qui « se garait en double ou triple file ».

    Avant la loi, Stéphanie se faisait souvent appeler « Batman », « Zorro » ou « Ninja » dans la rue, surtout par des retraités. A présent, elle entend de véritables insultes, y compris sexuelles. Il n’existe aucun chiffre fiable sur le nombre de femmes voilées en France et leur évolution depuis l’adoption de la loi. Elles ne seraient qu’une centaine à porter le voile intégral, la plupart françaises. En avril, une étude de l’Open Society Foundation sur les femmes voilées en France a révélé que, sur un échantillon de 32 femmes, aucune n’avait été contrainte de porter le voile intégral. Plusieurs ont indiqué qu’elles refuseraient de l’ôter même après la promulgation de la loi et qu’elles choisiraient de rester chez elle ou de quitter le pays.

    Kenza Drider, 32 ans, mère de trois enfants, est célèbre pour avoir osé se montrer à la télévision et affirmer son opposition à la loi. Elle refuse toujours d’enlever son voile – « Mon mari ne me dicte pas ma conduite, ce n’est pas le gouvernement qui va le faire » – mais elle vit désormais dans la crainte d’une agression. « J’ai l’impression de comprendre maintenant ce que les femmes juives ressentaient avec les rafles nazies. Chaque fois qu’elles sortaient dans la rue, elles étaient identifiées, démarquées et stigmatisées. Aujourd’hui, c’est notre tour. »

  2. frikss dit :

    Les prostituees sont protegees en Belgique. Si elle se font agressees ou maltraitees, elles portent plainte a la police et la justice s’en occupe.

    Au Maroc, ou dans tout autre pays « islamique », les prostituees se font agressees par la police et la justice elle meme. En plus des clients psychopates. La fille qui choisi cette carriere est donc doublement victimisees. Ce qui est infiniment pire que ce qui se passe dans ces pays religieux qui pretendent qu’interdire une pratique va l’eradiquer.

  3. Mohamed Alji dit :

    Vous comparez l’incomparable, une prostituée bruxelloise et une femme en niqab ou polygamie … on est toujours la théorie du complot encore et encore .

    par contre une petite remarque le premier commentaire devrait être publié à part comme étant un article . Merci

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