Charlie Hebdo au bûcher : la caricature d’un « attentat » islamiste

03.11.2011 | Hicham Hamza |  Oumma 

Fumigène. Dans la nuit de mercredi, le siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a été ravagé par un incendie d’origine criminelle. Selon la quasi-totalité des commentateurs politiques, associatifs et médiatiques, un numéro spécial consacré à l’islamisme aurait motivé les auteurs de « l’attentat ». Problème : aucun élément matériel ne vient à ce jour étayer une telle assertion.

Le doute n’est pas permis. Depuis l’annonce de l’information relative à l’incendie qui a brûlé les locaux de Charlie Hebdo, tous condamnent l’acte criminel et beaucoup s’empressent d’ajouter un commentaire pour fustiger les « fondamentalistes » qui seraient nécessairement derrière cette opération. Le raisonnement est d’une simplicité biblique : puisque le méfait s’est produit le jour de la parution d’un numéro brocardant- à la faveur des résultats des élections tunisiennes- les « intégristes » musulmans, il ne peut donc s’agir que d’individus partageant la même sensibilité politique. CQFD. Et peu importe l’absence de revendication ou d’élément matériel susceptible de guider irrésistiblement les enquêteurs vers la piste islamiste. L’usage de cocktails molotov dont l’un -curieusement- au moyen d’une bouteille de vin : c’est la seule certitude évoquée à ce jour par la police.

La perte des archives et du matériel informatique ne sera probablement pas compensée par le foudroyant succès des ventes : dès le premier jour, l’hebdomadaire n’était plus disponible en kiosque. En dépit du buzz à double tranchant, l’équipe rédactionnelle peut d’ores et déjà se targuer d’avoir bénéficié d’un soutien particulièrement éclectique : du journal Le Monde aux lecteurs du site ultra-nationaliste Fdesouche en passant par le ministre de l’Intérieur, Sos Racisme, la blogosphère d’extrême droite, l’association Ni Putes Ni Soumises, l’imam de Drancy, l‘essayiste Mohamed Sifaoui et le Front national, tous se sont déclarés solidaires de l’épreuve vécue par le journal satirique.

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Certaines personnalités vont même bien au-delà du simple témoignage de soutien : c’est le cas notamment de l’éditorialiste du Figaro, Ivan Rioufol, qui se prend à rêver d’une grande manifestation nationale pour condamner cette « agression contre la France ». Dans un style plus feutré, Pierre Haski de Rue89 et Elisabeth Lévy de Causeur insistent également sur la question de l’islam tout en se rangeant derrière Charlie. Une unanimité singulière pour un journal qui se vante d’être un « libre-penseur » dans le champ médiatique.

« Ils se laissent tous faire »

« Liberté » de penser, sans doute. Liberté d’expression, beaucoup en doutent. Parmi les sceptiques, le plus illustre est probablement le dessinateur Siné, éjecté de l’équipe de Charlie Hebdo en 2008 pour avoir brocardé Jean Sarkozy. S’il a balayé l’accusation d’antisémitisme suscitée par son allusion à la confession de la compagne du fils Sarkozy, Siné témoignait encore, fin 2009, d’une certaine amertume en se remémorant la « trahison » des journalistes de la rédaction, coupables-selon lui- de ne pas s’être opposés à la volonté de Philippe Val, alors directeur de la publication.

Devenu entretemps directeur de France Inter, Philippe Val a qualifié hier l’incendie criminel -pourtant non revendiqué- d’ « acte de guerre contre la démocratie ».L’homme qui avait réussi à transformer un média underground et libertaire en business rentable s’était déjà illustré en relayant des caricatures danoises ouvertement islamophobes.

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Pour Philippe Val, co-responsable, avec le journaliste Claude Askolovitch, de la tentative de diaboliser Siné, l’art de la caricature est à géométrie variable. C’est du moins ce qu’il laissait entendre en dénonçant sur l’antenne de Canal + un dessin de Plantu dépeignant Jean-Pierre Elkabbach en Oussama Ben Laden.

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Quand Val défendait Elkabbach, son futur successeur à la tête de Charlie -le dessinateur Charb- venait à la rescousse d’un certain Dominique Strauss-Kahn. C’était en mars 2009, à la suite du scandale provoqué par l’abus d’autorité du directeur du FMI envers une employée de l’institution. Face à l’humoriste Stéphane Guillon et au chroniqueur Eric Naulleau, Charb déplorait confusément (à 9’35) que l’on brocarde la libido frénétique de DSK car cela s’apparentait -selon lui- à du « puritanisme américain ». Plus loin dans l’entretien, il faisait (à 12’35) un parallèle inattendu avec les  «  intégristes islamistes » pour lesquels il entretient, davantage semble-t-il, des « raisons de chier sur leur gueule ».

Stéphane Charbonnier, alias Charb, n’est pas nécessairement le clone ou l’intime de Philippe Val. « Je ne couche pas avec », précisa-t-il dans une interview menée par Guy Birenbaum. Le nouveau directeur de publication de Charlie Hebdo, âgé de 44 ans, s’est souvent opposé à son ancien patron, notamment en défendant la question palestinienne face à un Val plus enclin au sionisme. L’illustrateur de presse, propulsé en mai 2009 au poste suprême, est davantage proche d’une ex-camarade de rédaction, l’essayiste Caroline Fourest. Fin 2008, ils témoignaient ensemble de leur combat pour défendre la liberté d’expression aux Etats généraux de la presse.

Olivier Cyran, ex-collaborateur de Charlie Hebdo, avait fustigé, dès 2006, la stigmatisation croissante des musulmans au sein du journal : « Le droit à la caricature est une liberté fondamentale et Charlie a bien raison de la défendre bec et ongles. Plus discutable est la posture qui consiste à se faire mousser en rempart contre le péril sarrasin. Depuis le 11-Septembre, l’hebdomadaire ne cesse de rhabiller le vieux tropisme anti-arabe aux couleurs plus tendance de l’islamophobie. Ses deux spécialistes en capillo-détection, Fiammetta Vener et Caroline Fourest, martèlent semaine après semaine que les barbus sont partout, chez les banlieusards, les altermondialistes, les pacifistes… Un jour, elles ont même cru dénicher un poil à barbe islamique dans la tonsure de la Ligue des droits de l’Homme ».

Quand Charb réservait ses piques au christianisme

Ces compromissions n’ont pas empêché Charb de demeurer dans l’équipe, malgré les départs en série et le scandale de l’éviction de Siné. Paradoxe : l’homme aujourd’hui responsable d’un numéro intitulé « Charia-Hebdo » déclarait, le 12 novembre 2005 sur Paris Première, qu’il n’envisageait pas que l’on puisse brocarder autant l’islam que le christianisme. Selon lui, l’acharnement de Charlie contre les catholiques était simplement proportionnel à la représentativité de ces derniers dans la société française. Désormais, il estime légitime de s’attaquer également aux « intégristes » chrétiens et musulmans tout en réservant un traitement de faveur aux intégristes juifs, présentés, hier (à 7’25) sur France 5, comme faisant moins de « conneries à la hauteur » que leurs homologues monothéistes.

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Ironie du sort : quelques mois plus tard, Charlie allait rapidement surfer sur la vague des caricatures danoises pour réaliser une vente-record : plus de 500 000 exemplaires du numéro relayant les dessins controversés. Aujourd’hui, l’hebdomadaire réitère le buzz planétaire en s’appuyant sur le résultat des élections tunisiennes, favorables aux islamistes conservateurs du parti Ennhada. La semaine dernière, Charlie avait déjà tenté d’attirer l’attention en assimilant la pratique de la charia aux mœurs libertines de Dominique Strauss-Kahn, personnage plus aisément critiquable désormais par rapport à 2009-date à laquelle Charb fustigeait les critiques « moralistes » de ses débordements sexuels.

Faire un coup médiatique, sur le mode du racolage, était judicieux : comme de nombreux confrères de la presse écrite, le journal ne bénéficie pas d’une stabilité financière. Au début de l’année, Charb n’avait pas hésité à faire appel aux lecteurs via Internet pour augmenter le nombre de ventes -rappelant, au passage et pour mieux les encourager, que Val n’était plus là.

Sur la question du sens qu’il faut accorder à la charia, l’équipe de Charlie aurait pu prendre conseil auprès d’un célèbre compagnon de route  : l’écrivain Bernard-Henri Lévy. Visiblement gêné par l’évocation de cette tradition par les nouveaux maîtres de la Libye, le VRP du CNT a -pour la première fois- tenu à relativiser, ce jeudi dans Le Point, la définition catastrophiste régulièrement appliquée au mot- y compris par lui-même dans le passé :

« Il y a charia et charia. Et il faut, avant d’entonner le grand air de la régression et de la glaciation, savoir de quoi on parle. Charia, d’abord, n’est pas un gros mot. Comme « djihad » (qui signifie « effort spirituel » et que les islamistes ont fini par traduire en « guerre sainte »), comme « fatwa » (qui veut dire « avis religieux » et où le monde, à cause de l’affaire Rushdie, a pris l’habitude d’entendre « condamnation à mort »), le mot même de charia est l’enjeu d’une guerre sémantique sans merci mais continue de signifier, heureusement, pour la majorité des musulmans, quelque chose d’éminemment respectable. »

Outside job

De même que le terme de « charia » avait affolé l’ensemble de la presse et de la classe politique, une agitation similaire s’est emparée des esprits pour énoncer publiquement des conclusions hâtives à propos de l’incendie de Charlie. Or, une question -la seule qui vaille- est rarement posée par les éditorialistes et décideurs politiques : à qui profite le crime ? Si l’on exclut l’hypothèse d’un acte isolé provenant d’individus déséquilibrés, quatre pistes théoriques sont à considérer :

  • Un groupe radical de fanatiques musulmans et violemment hostiles à ce qu’ils considèrent comme un « acte blasphématoire » (bien que la représentation du prophète de l’islam ne soit pas interdite, stricto sensu)
  •   L’extrême droite militante et ultra-identitaire, désireuse d’attiser le sentiment antimusulman-déjà croissant– dans l’opinion publique
  •  La mouvance ultra-sioniste, également hostile aux « gauchistes pro-palestiniens »-ou vus comme tel- de Charlie et partageant avec l’extrême droite la volonté d’accentuer l’islamophobie ainsi que l’arabophobie
  • Des officines d’Etat, hexagonales ou étrangères, plus ou moins autonomes, dont la stratégie vise à réorienter la campagne électorale des présidentielles dans une direction favorisant les candidats les plus alarmistes à propos de l’islam

En principe, aucune piste n’est à écarter ou à privilégier. L’enquête permettra -a priori- d’élucider le mystère que constitue l’embrasement des locaux de Charlie Hebdo. Restera la question corollaire du lien unissant-ou non– les commanditaires de l’opération avec les hackers du site web. Des cyber-activistes basés en Turquie et en Tunisie seraient à l’origine des piratages. Curieusement, la même image représentant La Mecque et donnant des liens vers des sites saoudiens anglophones (islam-guide.com) était également présente -hier- sur la page d’accueil d’un site espagnol d’informatique.

Au-delà de l’incertitude relative à l’identification des auteurs de l’incendie, une chose est d’ores et déjà avérée : l’extraordinaire deux poids deux mesures en matière de mobilisation politico-médiatique quand il s’agit de défendre la « liberté sacrée » d’expression -pour reprendre les termes de Claude Guéant. A part les militants associatifs pro-palestiniens, qui se souvient du saccage en 2009 de la libraire parisienne dénommée Résistances ? Il fallait suivre Al Jazeera pour savoir ce qui s’était passé au cœur de la capitale française : un lieu de culture dévasté par des membres de la Ligue de défense juive.

Le ministre de l’Intérieur d’alors, Brice Hortefeux, ne s’était pas déplacé. Son successeur, Claude Guéant, a quant à lui marqué sa présence devant le siège incendié de Charlie mais n’a pas jugé pertinent de se rendre récemment devant le Théâtre de la Ville où des intégristes chrétiens procèdent avec agressivité -et depuis plusieurs jours d’affilée- au sabotage d’une pièce jugée blasphématoire.

Charlie et moi

Comme de nombreux trentenaires férus de presse satirique, j’ai longtemps savouré la plume et le mordant de Charlie Hebdo. Dès sa renaissance en 1992, nous étions plusieurs, collégiens-lycéens et dans cette traversée de l’adolescence, à garder en mémoire la coloration magique, héritée de l’enfance, du mercredi : c’était le jour de parution de l’hebdomadaire. Et comme de plus en plus de lecteurs, gagnés par le désamour, j’ai cessé de lire Charlie Hebdo, lassé de le voir dériver dans le dédain du ricanement. Deux écueils m’étaient alors apparus. D’une part, un anticléricalisme progressivement corrompu en « anti-spiritualisme » : pour la fine équipe des caricaturistes, toute démarche spirituelle, toute curiosité bienveillante envers l’histoire des religions ou toute exploration de l’ésotérisme était nécessairement puérile, stupide ou connivente avec « l’intégrisme ». D’autre part, l’alignement de Val et consorts, suite au 11-Septembre, sur la propagande néoconservatrice du « choc des civilisations » -doublée d’un relativisme indulgent envers les crimes d’Ariel Sharon- avait fini par me convaincre. Il était temps de tourner la page.

Quand Charb inaugure les nouveaux locaux par « Allah Akbar »

Cette connaissance intime de la « pensée Charlie » me laisse penser que les rédacteurs et dessinateurs actuels ne sont pas nécessairement des « islamophobes » viscéraux comme on peut le lire sur les réseaux sociaux. Plus exactement, ils seraient davantage devenus des provocateurs à la petite semaine, fiers de leur inculture religieuse et en mal de publicité. La volonté de faire un buzz-et un coup commercial- en exploitant la sempiternelle peur des musulmans -notamment celle des plus identitaires- s’apparente davantage à du racolage électoralement profitable au pouvoir actuel qu’à une quelconque subversion en terrain miné. Pour autant, l’obsession de la question islamique est toujours patente.

Le lundi 10 octobre, l’équipe terminait le bouclage du numéro 1008 dans des locaux flambant neufs. Avant de flamber littéralement, le siège était aménagé d’un large espace réservé aux archives dans lequel le dessinateur Luz -auteur de la couverture assimilant le prophète Mohammed à un amateur de coups de fouet- s’aventurait avec gourmandise. C’est ce que révèlent des images filmées par une vidéaste de la rédaction. Un élément devrait intéresser les amateurs d’insolite : on aperçoit dans le film le directeur, Charb, monter vers une balustrade avant de s’écrier, visiblement sans raison : « Allah Akbar ». Trois semaines plus tard, beaucoup -superstitieux ou férus de signes- ne manqueront pas de voir dans cette grotesque imitation de l’appel à la prière une attitude offensante mais finalement « punie » par l’incendie. D’autres, au contraire, se contenteront d’y déceler le geste potache du clown en chef tristement devenu, à l’image d’un bouffon du roi, l’idiot utile de l’islamophobie.

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6 commentaires pour Charlie Hebdo au bûcher : la caricature d’un « attentat » islamiste

  1. bannedwatch dit :

    jeudi 3 novembre 2011

    J’ai vu pourrir Charlie Hebdo.

    J’ai connu Charlie Hebdo du temps où c’était un journal irrévérencieux, provocateur, anti raciste, drôle et surtout défenseur des faibles. C’était il y a bien longtemps, bien avant Philipe Val et Charb désormais c’est un journal convenu, vulgaire, même plus drôle, mais surtout raciste, sioniste et ami des puissants.

    Il est vrai que les travailleurs immigrés que le journal défendait alors avaient le tact de se faire discret, de taire leurs convictions religieuses, de toute façon, il n’y avait ni boucherie hallal, ni mosquée, ni librairie musulmane. Ils étaient invisibles. Et puis ils vivaient dans des bidonvilles ou des taudis, au loin. Leurs enfants n’avaient pas encore la prétention de présider aux destinées de ce pays et il faut le dire, ainsi, ne risquaient pas d’entrer en concurrence avec les progénitures des journalistes de Charlie Hebdo. Dés lors que les enfants des travailleurs immigrés prétendent être considérés comme des êtres humains à part entière, expriment haut et fort leurs opinions, même religieuses, qu’ils revendiquent leurs droits sans complexe, et surtout refusent le paternalisme bon teint, alors ils deviennent les pires ennemis. Charlie Hebdo parle pour tous ces beaufs qui ont le sentiment que décidément « on est plus chez soi, chez soi ». Il défend les privilèges de ceux qui estiment être ici de plein droit face aux envahisseurs « mahométans ». Même un François Cavanna auteur du fameux et désormais classique « Les ritals » où il raconte sa vie d’immigré italien a succombé à la dérive de ce journal. Comme quoi… C’est le complexe de celui qui voit mourir le monde ancien avec tous les privilèges afférents et qui ne s’y résigne pas. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Charlie Hebdo n’agit pas uniquement pour faire de l’argent facile, c’est aussi par dépit, par rancœur d’une époque où l’on pouvait jouer aux héros à peu de frais. Tandis que maintenant le public est blasé. Les repères et codes de la France des années 70 sont caducs. Et puis ce bon vieux sentiment paternaliste. Où sont donc passés nos travailleurs immigrés d’antan pleurent les Cabu, Cavanna et autres dinosaures ?

    Quant à Charb, l’actuel donneur d’ordres, il pose un problème particulier. Je l’ai croisé il y a longtemps. En Palestine, en décembre 2001 dans le cadre d’une des missions civiles de la CCIPPP ( Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien.) que je conduisais. A l’époque il était à peu près normal et se plaignait même du fait que Val en sioniste et dictateur qu’il est, le bridait. Il pensait même que ce dernier lui refuserait certainement le reportage qu’il venait de faire à l’occasion de notre séjour très militant dans les territoires occupés alors en pleine seconde intifada. Ce fut d’ailleurs le cas. A ceux de ses anciens amis qui lui reprochaient de rester dans un journal aussi pourri, Charb répondait qu’il savait mais tenait à son train de vie et au confort que celui-ci lui assuré. Dès lors Charb va tout entériner des saloperies Valiennes, notamment le numéro sur les caricatures du prophète. Avec le départ de Val de la direction de Charlie, les plus optimistes parmi les observateurs pariaient sur une rupture de la ligne éditoriale islamophobe et pro-israélienne. Ils en furent pour leurs frais. Charb a bien appris de son maître Val, passant de son statut de victime à celui d’identification au bourreau, on le constate aujourd’hui avec cette provocation tout, sauf gratuite. On devient ce que l’on mange ou si l’on veut ce qui vous fait manger. Cette règle d’or encore une fois se vérifie. Et puis il y a aussi le fric toute affaire. C’est terrible, comme on peut vendre son âme pour du fric.

    Le cas Charlie Hebdo d’une manière générale est emblématique et illustre bien la dérive d’une génération de pseudo anti conformistes post soixante-huitards français qui n’en finit pas de crever, pour qui tout a été dit, pour qui plus rien ne choque au plan moral, pour qui quand on a fait du pipi-caca son viatique pendant des années, quand on a fait de la pornographie son credo à tel point qu’ on ne parvient même plus à se distinguer du beauf franchouillard classique, il ne reste plus rien. Alors comme il faut bien se donner l’illusion que l’on existe, que l’on pense avoir encore quelque chose à dire bien que l’on soit mort depuis longtemps, en fait, il reste l’offense à l’Islam. C’est facile, pas trop risqué, ça rapporte gros et ça présente l’immense avantage d’aller dans le sens du vent mauvais qui souffle en Occident, celui de la guerre au monde musulman. Alors Charb si t’es aussi impertinent que tu le prétends ose annoncer publiquement combien les centaines d’exemplaires du numéro consacré aux caricatures du prophète ont rapporté au journal, révèle nous combien tu escomptais obtenir pour le numéro en cours. Et combien tu espérais te payer là-dessus. Le soutien de Claude Guéant, de toute la famille raciste et de tout ce que ce pays compte comme fous furieux laïquards invétérés, apparemment cela ne dérange personne à Charlie Hebdo. Plus que tout, cela est éloquent sur l’infâme visage de ce journal aujourd’hui. Pour des prétendus anars, passer des barricades à l’Etat-major de la police, c’est tout de même une belle promotion, non ? Évidemment Charlie Hebdo aurait pu s’intéresser aux travailleurs africains, aux roms et autres musulmanes porteuses de hijab, persécutés, insultés et même parfois victimes mortelles de la misère comme le rappelle fort justement dans un post aujourd’hui, notre ami Pierre Tévanian, mais ça rapporte si peu et c’est si peu tendance. J’apprends aux informations de 14h sur les ondes de radio J, radio sioniste extrémiste, par la voix même de son président, Serge Hadjenberg, qu’il enverra aujourd’hui même un chèque de soutien à Charlie Hebdo en signe de solidarité. Tiens Charb toi qui en 2001 t‘indignait avec nous des chars israéliens postés devant l’université palestinienne de Bir Zeit, que dis tu de cela ?! Au train où ça va, Charlie Hebdo pourra bientôt se partager les chèques de soutien de radio J avec Tsahal tout en criant « Vite Marine ! »

    Youssef Boussoumah, membre du PIR

    http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1493

  2. Asçotta WellCaball dit :

    « »Liberté » de penser, sans doute. Liberté d’expression, beaucoup en doutent»

    J’ai lu avec curiosité et intérêt le texte de Si Hicham Hamza, texte bien illustré avec des vidéo riches de sens . Je n’ai pas été plus loin que «La caricature d’après Philippe Val», vidéo où l’on voit ce dernier dire : « …Plantu a voulu mélanger deux idées ; quand on en a pas, on essaie de mélanger deux idées […] Dessiner un juif en nazi, c’est TOUJOURS dégueulasse !…» .
    Connaissant un peu quelques (très peu pour être bien franc .) caricatures Plantu et ayant ouïe dire je ne sais plus où ni quand que de jeunes juifs israéliens ont été condamnés pour « comportement nazi » en Israël, j’ai estimé avoir compris ce qu’est ce Val comme journaliste, d’autant qu’avant la vidéo, j’avais pu apprendre que le dit Val est passé de la direction de la publication de Charlie-H à celle de France Inter !…Un changement de foi miraculeux .
    Sur le mur d’une copine face book ayant affiché la nouvelle de « L’ATTENTAT contre C-H », j’avais écrit ceci : Si l’islam et son Prophète sont si « fragiles » et si sensibles à l’humour qu’il faille les protéger de « Charlie-Hebdo », interrogeons-nous : Allah serait-il moins puissant qu’un Amyr Almouminine du Maroc ? Je ne crois pas et …NE PEUT CROIRE à une CONNERIE DE CETTE TAILLE !…
    À BAS M-ZEN ! À BAS Mohamed6, L’ASSASSIN ! À BAS Mohamed6, LE TORTIONNAIRE !Gloire aux martyrs !
    BOYCOTTONS LES ÉLECTIONS du 25 novembre 2011 : elles ne sont que  » MASRAHIYA HAZLIYA ‘3ELEEK OUA’3LIYA »

  3. ... dit :

    06.11.2011 | Oumma

    Le 5 novembre 2011, Tariq Ramadan a débattu avec Charb, directeur de publication de Charlie Hebdo et l’avocat sioniste William Goldnadel dans l’émission Revu et corrigé sur France5.

  4. fawzi dit :

    La religion fait perdre la raison. Quand c’est pas la tête…🙂

    • Asçotta WellCaball dit :

      J’ai pu voir hier (21-11-2011) une vidéo qui m’a franchement touché au point où j’avais décidé sur le champ de la « partager » avec mes « ami(e)s face book » .
      Elle est d’une durée de 2:26 et porte le titre («لائحة الموتى الذين قُتلوا في المعتقلات المغربية ») ; titre qu’on peut traduire grosso-modo par «liste des morts qui ont été ASSASSINÉS dans les prisons marocaines» ! Je lui ai accolé ce commentaire «À VOIR ABSOLUMENT ET À DIFFUSER GÉNÉREUSEMENT !GLOIRE AUX MARTYRS !» avant de la partager avec mes 7 ami(e)s . Pour les curieu(ses)x, voici le lien :

      Un peu plus tard, une amie afficha sur mon mur un lien de « ‎24.mamfakinch.com » portant ce titre accrocheur « Hallucinant : pour la MAP, il n’y a pas d’arrestations de personnes faisant campagne pour le boycott » !
      Ce fait m’a poussé à élargir le partage de la vidéo (donnant une liste non exhaustive des mort(e)s, disparu(e)s et autres TORTURÉ(E)S depuis donc octobre 1965 !…) à mes abonné(e)s ; et sur les 12-16, une personne a réagi en me faisant savoir que….Pour ne pas influencer votre jugement, je préfère vous soumettre l’échange :
      Dame-Asçotta : À VOIR ABSOLUMENT ET À DIFFUSER GÉNÉREUSEMENT ! GLOIRE AUX MARTYRS !
      Dame-Culture : je reconnais que c’est bien fait, mais j’ai du mal à diffuser vu que c’est fait par des femmes couvertes de la tête aux pieds, et que je crains de devoir l’être moi-même un jour😦
      Dame-Asçotta : S’Il faut juger les pauvres marocain(e)s sur ce qu’il(le)s peuvent porter !…Où iront-nous ?…Ce genre d’argument ne peut que donner une mauvaise opinion de l’ouverture d’esprit des marocain(e)s « instruit(e)s » et je ne parle pas de ceux/celles qui se croient CULTIVÉ(E)S !…Je connais des « POLITOLOGUES » qui ne peuvent prétendre à la conscience politique que montre cette très brave marocaine qui parle de chose qu’elle a subies dans sa chair et ses os !…
      Pour ne parler que des femmes (mais vous pouvez imaginer que c’est vrai pour les hommes aussi !…), j’en connais plus d’une qui se met à (comme vous dites) se couvrir «de la tête aux pieds» tout simplement parce que c’est moins cher de s’habiller de cette façon qu’à la mode occidentale .
      « Les femmes couvertes » peuvent s’avérer à l’usage plus modernes & démocrates que celles qui le sont moins, à mon humble avis .
      Mais ce n’est là que l’opinion d’une Asçotta, n’est-ce pas ?
      Et puis, très sérieusement, craignez-vous FRANCHEMENT de «devoir l’être [vous-même] un jour » (couverte de la tête au pieds ) dans un PAYS COMME LE MAROC ?
      Dame-Culture : en ce moment, je ne sais plus que croire, ni que craindre ! mais je sais qu’une seule chose au monde pourrait me faire quitter ce pays, et ce serait justement de me faire couvrir contre mon gré ! et le peu de culture que j’ai peut-être n’y est strictement pour rien.
      Dame-Asçotta : Choisir entre être couvert(e) contre son grès ou être « sodomisé à la bouteille » contre son grès ou voir sa progéniture privée de nourriture contre son grès…..
      Ne dit-on pas au Maroc que ce n’est que lorsque le ventre est bien plein qu’il demande à la tête de chanter ?…Mais, ça, c’est une toute autre histoire !…
      Les marocain(e)s qui peuvent s’offrir le luxe de quitter le pays parce qu’ON les obligerait à « se couvrir de la tête aux pieds » ne seront pas très nombreux(ses) ; et puis, ce risque est si mince et si irréel !…
      Le fait est que (et soit dit entre nous deux ) « cette peur d’être obligé de se couvrir de la tête aux pieds », n’est qu’un épouvantail que le Trône a plaisir à montrer ET ÇA MARCHE !…
      Dame-Culture : …(je n’ai plus rien reçu sauf « est en train d’écrire… »)
      Elle doit être encore en train d’écrire, notre écri-Vaine !…
      Je viens de voir un commentaire facebook : الآهم أنصر جميع المسلمين وفرج كربهم !
      ‎(«اللهم انصر جميع المسمين وفرج كربهم») : on a dit ça depuis JANVIER 1258, la chute de Baghdad aux mains des Turks qui se sont trouvés OBLIGÉS d’embrasser l’islam pour régner & gouverner l’Empire !…Ce jour NOIR de janvier 1258, les arabes ont perdu DÉFINITIVEMENT LE POUVOIR ET L’INITIATIVE EN POLITIQUE…
      On a aussi beaucoup dit («اللهم انصر جميع المسمين وفرج كربهم»), du temps béni d’ibn Khaldoun (mort en 1406), ce qui n’a pas empêché LA PERTE DÉFINITIVE D’AL’ANDALOUSS, dans une honte et des massacres indescriptibles !…Je présume qu’on a du dire aussi
      («اللهم انصر جميع المسمين وفرج كربهم») en 1798 (Napoléan en Égypte, puis plus tard en Algérie (1830), en Tunisie puis au Maroc (30 mars 1912)…On l’a ressorti en 1948, l’année de la NEKBA !…On ne les compte plus tellement nombreuses les dates ou on a beaucoup dit («اللهم انصر جميع المسمين وفرج كربهم») !…
      Il est plus que temps de laisser Allah tranquille et d’essayer autre chose : un État avec des « CHECK & BALANCE » bien humains !…
      À BAS Le Trône ! À BAS LES PARTIS DU TRÔNE : DE USFP en passant par le P.P.S, le PAM, le RNI, LISTIQLAL et tous ceux qui participent aux COMÉDIES organisées par Le Trône et qui sont de VRAIES TRAGÉDIES pour les marocain(e)s d’aujourd’hui et les marocain(e)s des générations futures .
      À BAS M-ZEN …!
      À BAS LE TRÔNE DES ASSASSINS !
      À BAS LE TRÔNE DES TORTIONNAIRES !
      À BAS LE Trône ALAOUI !
      GLOIRE AUX MARTYRS !
      BOYCOTTONS LES ÉLECTIONS du 25 novembre 2011 : elles ne sont que  » MASRAHIYA HAZLIYA ‘3ELEEK OUA’3LIYA »

  5. samadhi dit :

    Une situation financière désastreuse et un cocktail molotov dans une bouteille de vin vide….
    On prend les gens pour des cons en ressortant le spectre des méchants barbus islamistes qui font tout péter.

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